M* DE W I C Q_U E F O R T.
Marchand? & ainsi fort propre pour une assaire, qui ne regardait pure-
ment que le commerce. Ce dernier avait long temps trafiqué dans plusieurs
Villes. à'E/pagne, où véritablement il avoit aquis la connoiilànce de la Lan-
gue Efpagnole, mais en échange il y avoit pris une humeur siere & arro-
gante 5 de sorte qu'il se rendit incapable de négocier, devint insupportable à
l'on Collègue, & se porta à de grandes violences contre la plupart des Do-
mesliques des Ambaslàdeurs ; il s'attacha particulièrement à l'Auteur de
nôtre Relation, & poufîa ses persecutions contre lui jusqu'à un tel point,
qu'il le força de se déclarer son accusateur, & de mettre en évidence tout
ce qu'il avoit fait contre le service de leur Prince. Son procès lui étant
donc fait sur les déclarations formelles de nôtre Auteur,vérisia clairement,
qu'il n'a voit pas seulement excédé les ordres portez par son inltruction,
mais ausïï qu'il avoit négocié avec les Ministres du Grand-Duc de Mofco-
vie & du Roi de Terfe, à l'insçû & sans aucune participation de son Collè-
gue; qu'il avoit décacheté, falsisié, & supprimé plusieurs Lettres d'impor-
tance; qu'il avoit diverti des sommes de deniers sort considérables ; qu'il
avoit fait de faux emplois dans ses comptes ; & qu'il avoit sait de saux rap-
ports à Son Altesle. Il fut aussi convaincu de plusieurs adultères, qui
avoient donné de grands scandales aux Chrétiens de Y Orienta mais parti-
culièrement du meurtre commis en la personne d'un Soldat Ter fan, qu'il
fit assbmmer à grands coups de bâton. Crimes pour lefqueîs il sut con-
damné à mort, & exécuté le 5. Mai 1640.
Le mauvais procédé de cet AmbasTadeur joint aux dangers, qu'on avoit
à esîuyer eri parlant par les pays des Tartares. de ^Daguefthan^ sut cause
'que le traité * que le Duc son Maitre vouloit saire avec le Grand-Duc de
mofcovie &,le Roi de Ter/e, ne reùssit pas, & que son desTein si louable
pour FétablisTement du commerce des soyes dans son pays ne pût point
s'exécuter ni se perfectionner comme on le souhaitoit.
Je veuxesperer que mon travail ne vous sera point desagréable, & je ne doute
nullement que vous ne liliez cet Ouvrage avec plaisir^ & que la leéturë, que
Vous en serez, ne vous sôit utile & avantageusel
DEDICÂCE D'ADAM OLEÀRIUS
à Son Altefîë Serenissime
FRIDËRIC 1 DUC DE HOLSTEIN \
&c. &c. &c.
1 je preus la liberté de présenter ces Voyages à Vôtre Alteffe,^VZ^i
préfente un Ouvrage, où sofe ajfûrer quElle ne trouvera rien que
de conforme à la vérité', & à quoi Elle nepuijfe ajouter une plei-
ne & entière foi. Je n'ai point puifé les chofes qu'il renferme,
dans aucun des Auteurs qui peuvent avoir parlé du sujet que
je traite, lefqueîs fe trouvent très fouvent partagez & même oppojez dans
leurs Relations^ fur lefqueîs par confequent il n'y a pas grand sond a fai-
re. Je n'en parle pas non plus fur de fimples oui-dire, fur de fîmples rapports^
qui la plupart du temps n ont pas le moindre fondement; mais j'en parle eu
comme en ayant été avec plufieurs perfonnes, dont la plupart font encore en
vie, le fpehateur-îê le témoin oculaire, ou comme les ayant puifé es dans^ des
Marchand? & ainsi fort propre pour une assaire, qui ne regardait pure-
ment que le commerce. Ce dernier avait long temps trafiqué dans plusieurs
Villes. à'E/pagne, où véritablement il avoit aquis la connoiilànce de la Lan-
gue Efpagnole, mais en échange il y avoit pris une humeur siere & arro-
gante 5 de sorte qu'il se rendit incapable de négocier, devint insupportable à
l'on Collègue, & se porta à de grandes violences contre la plupart des Do-
mesliques des Ambaslàdeurs ; il s'attacha particulièrement à l'Auteur de
nôtre Relation, & poufîa ses persecutions contre lui jusqu'à un tel point,
qu'il le força de se déclarer son accusateur, & de mettre en évidence tout
ce qu'il avoit fait contre le service de leur Prince. Son procès lui étant
donc fait sur les déclarations formelles de nôtre Auteur,vérisia clairement,
qu'il n'a voit pas seulement excédé les ordres portez par son inltruction,
mais ausïï qu'il avoit négocié avec les Ministres du Grand-Duc de Mofco-
vie & du Roi de Terfe, à l'insçû & sans aucune participation de son Collè-
gue; qu'il avoit décacheté, falsisié, & supprimé plusieurs Lettres d'impor-
tance; qu'il avoit diverti des sommes de deniers sort considérables ; qu'il
avoit fait de faux emplois dans ses comptes ; & qu'il avoit sait de saux rap-
ports à Son Altesle. Il fut aussi convaincu de plusieurs adultères, qui
avoient donné de grands scandales aux Chrétiens de Y Orienta mais parti-
culièrement du meurtre commis en la personne d'un Soldat Ter fan, qu'il
fit assbmmer à grands coups de bâton. Crimes pour lefqueîs il sut con-
damné à mort, & exécuté le 5. Mai 1640.
Le mauvais procédé de cet AmbasTadeur joint aux dangers, qu'on avoit
à esîuyer eri parlant par les pays des Tartares. de ^Daguefthan^ sut cause
'que le traité * que le Duc son Maitre vouloit saire avec le Grand-Duc de
mofcovie &,le Roi de Ter/e, ne reùssit pas, & que son desTein si louable
pour FétablisTement du commerce des soyes dans son pays ne pût point
s'exécuter ni se perfectionner comme on le souhaitoit.
Je veuxesperer que mon travail ne vous sera point desagréable, & je ne doute
nullement que vous ne liliez cet Ouvrage avec plaisir^ & que la leéturë, que
Vous en serez, ne vous sôit utile & avantageusel
DEDICÂCE D'ADAM OLEÀRIUS
à Son Altefîë Serenissime
FRIDËRIC 1 DUC DE HOLSTEIN \
&c. &c. &c.
1 je preus la liberté de présenter ces Voyages à Vôtre Alteffe,^VZ^i
préfente un Ouvrage, où sofe ajfûrer quElle ne trouvera rien que
de conforme à la vérité', & à quoi Elle nepuijfe ajouter une plei-
ne & entière foi. Je n'ai point puifé les chofes qu'il renferme,
dans aucun des Auteurs qui peuvent avoir parlé du sujet que
je traite, lefqueîs fe trouvent très fouvent partagez & même oppojez dans
leurs Relations^ fur lefqueîs par confequent il n'y a pas grand sond a fai-
re. Je n'en parle pas non plus fur de fimples oui-dire, fur de fîmples rapports^
qui la plupart du temps n ont pas le moindre fondement; mais j'en parle eu
comme en ayant été avec plufieurs perfonnes, dont la plupart font encore en
vie, le fpehateur-îê le témoin oculaire, ou comme les ayant puifé es dans^ des



