PREFACE DU S\ OLEARIUS.
je vous présente donc ici une nouvelle Edition, mais une Edition corrigée
en plusieurs endroits & beaucoup augmentée, des Voyages des Àmbassadeurs de
Holfemen Mofcovie & en Terfe^ auxquels j'ai assilié en qualité de Secré-
taire d'Ambassade, avec ordre de, Son Altejfe Serenissime FRIDERIC DUC
DE HOLSTEIN mon Souverain & Maitre, de marquer soigneusement tout
ce que je trouverois de considérable pendant le Voyage > asin que je lui en
fïsTe un rapport exact:. Vous trouverez ici, non seulement tout ce qui nous
esl arrivé de remarquable dans nos deux Voyages, mais encore ce qu'il
va de plus digne d'être rapporté touchant les Nations où nous avons été, leurs
Moeurs, leurs Manières de vivre, leur Religion, leur Gouvernement, les
Pays & Lieux qu'elles habitent. Et comme il esl utile de connoitre ce qui
nous reste de l'antiquité, & les choses par rapport auxquelles il eft arrivé du
changement, asin de dissinguer jusqu'où l'on doit ajouter ou ne pas ajou-
ter foi à l'histoire, j'ai eu loin de marquer aussi dans cette Edition, non
seulement l'état présent des Nations par rapport à la plupart des choses dont
je viens déparier, mais encore leur état ancien, qui eft sort disférent de
celui d'aujourd'hui, sur-tout à l'égard de la Religion & du culte> qui an-
ciennement chès les Mofcovites étoit parfaitement conforme à celui de YE~
glise Greque, & qui en diffère beaucoup à présent , comme on peut le
voir, si l'on se donne la peine de confronter ce que je dis là-defïus, avec le
Rituel des Grecs de Jaques Goar. Il esl vrai que toutes les choses dont je viens
de parler, ne sont pas toujours de l'esTence d'un Voyage,& qu'elles n'y sont
pas nécessairement requises ; mais voyant que plusieurs Auteurs avant
moi n'ont pas fait difficulté de faire entrer ces sortes de choses dans
les Voyages qu'ils ont publiez, j'ai crû que je pouvois les imiter sans scru^
pule> & qu'au4ieu de saire un Livre à part de ces matières, je ferois bien dé
les insérer dans mes Voyages, pour la satisfadion des Curieux, qui sont bien
aises qu'on les entretienne d'autre chose que de la manière dont on a pafTé
d'un village ou d'une ville à l'autre.
Mais si j'ai eu soin de vous donner une Relation ample & circonftanciée
de l'état des Peuples dont je parle, les Mofcovites & les Ter sans \ je me suis
aussi fait une loi de vous préîenter une Relation exacte, ridelle , & à laquel-
le vous pouvez ajouter une pleine & entière foi. C'eftlà une proteftationque
j'ai pris la liberté défaire à SON ALTESSE SEREN1SSIME le Duc mon Maî-
tre, auquel j'ai dédié cet Ouvrages & c'est une proteslationque je crois pouvoir
réitérer ici. Je n'ai point perdu de vue le grand but que doit se proposer
un digne Hislorien, lequel esl: de dire la vérité & de la saire connoitre. Je
ti'ai point jugé à propos de m'en rapporter en aucune manière aux Auteurs
modernes, qui peuvent avoir parlé du sujet que je traite, & qui presque tous
se copient les uns les autres, sans confiderer si ceux qui les ont précédé sont
bien sondez dans ce qu'ils avancent ; de sorte que par ce moyen ils don-
nent cours à quantité d'erreurs & de sausses opinions. Je ne rapporte que
des choses, ou dont j'ai été, avec plusieurs personnes qui sont encore en
vie & qui peuvent attester ce que j'avance, le fpeélateur & le témoin ocu-
laire , ou de la vérité desquelles j'ai eu de bons & de ridelles garents ; ce
que j'ai de la peine à croire que tous ceux qui se sont mêlez d'écrire de ces
sortes d'Ouvrages ayent toûjours fait. Si j'ai pris la liberté de m'éloigner de
plufieurs Auteurs modernes, & de les réfuter, ce n'en1 point du tout par un
esprit de contradiction,ou par l'envie de me diftinguer de la soule, que j'en
ai ufé de la forte, mais uniquement dans la vûe de rendre fervice aux Amateurs
des Sciences, & de les empêcher d'adopter les erreurs de ces Ecrivains. Et com*
mecen'eftquedans cette même vûe que je me suis écarté de quelques anciens
Auteurs, j'espere qu'on ne prendra pas en mauvaise part, que je n'aye pas
eu d'égard aux reproches que Ton m'avoit fait lors de la prémiere Edition,
* * * % que
je vous présente donc ici une nouvelle Edition, mais une Edition corrigée
en plusieurs endroits & beaucoup augmentée, des Voyages des Àmbassadeurs de
Holfemen Mofcovie & en Terfe^ auxquels j'ai assilié en qualité de Secré-
taire d'Ambassade, avec ordre de, Son Altejfe Serenissime FRIDERIC DUC
DE HOLSTEIN mon Souverain & Maitre, de marquer soigneusement tout
ce que je trouverois de considérable pendant le Voyage > asin que je lui en
fïsTe un rapport exact:. Vous trouverez ici, non seulement tout ce qui nous
esl arrivé de remarquable dans nos deux Voyages, mais encore ce qu'il
va de plus digne d'être rapporté touchant les Nations où nous avons été, leurs
Moeurs, leurs Manières de vivre, leur Religion, leur Gouvernement, les
Pays & Lieux qu'elles habitent. Et comme il esl utile de connoitre ce qui
nous reste de l'antiquité, & les choses par rapport auxquelles il eft arrivé du
changement, asin de dissinguer jusqu'où l'on doit ajouter ou ne pas ajou-
ter foi à l'histoire, j'ai eu loin de marquer aussi dans cette Edition, non
seulement l'état présent des Nations par rapport à la plupart des choses dont
je viens déparier, mais encore leur état ancien, qui eft sort disférent de
celui d'aujourd'hui, sur-tout à l'égard de la Religion & du culte> qui an-
ciennement chès les Mofcovites étoit parfaitement conforme à celui de YE~
glise Greque, & qui en diffère beaucoup à présent , comme on peut le
voir, si l'on se donne la peine de confronter ce que je dis là-defïus, avec le
Rituel des Grecs de Jaques Goar. Il esl vrai que toutes les choses dont je viens
de parler, ne sont pas toujours de l'esTence d'un Voyage,& qu'elles n'y sont
pas nécessairement requises ; mais voyant que plusieurs Auteurs avant
moi n'ont pas fait difficulté de faire entrer ces sortes de choses dans
les Voyages qu'ils ont publiez, j'ai crû que je pouvois les imiter sans scru^
pule> & qu'au4ieu de saire un Livre à part de ces matières, je ferois bien dé
les insérer dans mes Voyages, pour la satisfadion des Curieux, qui sont bien
aises qu'on les entretienne d'autre chose que de la manière dont on a pafTé
d'un village ou d'une ville à l'autre.
Mais si j'ai eu soin de vous donner une Relation ample & circonftanciée
de l'état des Peuples dont je parle, les Mofcovites & les Ter sans \ je me suis
aussi fait une loi de vous préîenter une Relation exacte, ridelle , & à laquel-
le vous pouvez ajouter une pleine & entière foi. C'eftlà une proteftationque
j'ai pris la liberté défaire à SON ALTESSE SEREN1SSIME le Duc mon Maî-
tre, auquel j'ai dédié cet Ouvrages & c'est une proteslationque je crois pouvoir
réitérer ici. Je n'ai point perdu de vue le grand but que doit se proposer
un digne Hislorien, lequel esl: de dire la vérité & de la saire connoitre. Je
ti'ai point jugé à propos de m'en rapporter en aucune manière aux Auteurs
modernes, qui peuvent avoir parlé du sujet que je traite, & qui presque tous
se copient les uns les autres, sans confiderer si ceux qui les ont précédé sont
bien sondez dans ce qu'ils avancent ; de sorte que par ce moyen ils don-
nent cours à quantité d'erreurs & de sausses opinions. Je ne rapporte que
des choses, ou dont j'ai été, avec plusieurs personnes qui sont encore en
vie & qui peuvent attester ce que j'avance, le fpeélateur & le témoin ocu-
laire , ou de la vérité desquelles j'ai eu de bons & de ridelles garents ; ce
que j'ai de la peine à croire que tous ceux qui se sont mêlez d'écrire de ces
sortes d'Ouvrages ayent toûjours fait. Si j'ai pris la liberté de m'éloigner de
plufieurs Auteurs modernes, & de les réfuter, ce n'en1 point du tout par un
esprit de contradiction,ou par l'envie de me diftinguer de la soule, que j'en
ai ufé de la forte, mais uniquement dans la vûe de rendre fervice aux Amateurs
des Sciences, & de les empêcher d'adopter les erreurs de ces Ecrivains. Et com*
mecen'eftquedans cette même vûe que je me suis écarté de quelques anciens
Auteurs, j'espere qu'on ne prendra pas en mauvaise part, que je n'aye pas
eu d'égard aux reproches que Ton m'avoit fait lors de la prémiere Edition,
* * * % que



