Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1912

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la ville de Paris, où il fut pendant quelque temps attaché
aux travaux du catalogue général, il entra comme stagiaire
au Cabinet des Estampes. Il y faisait depuis près d’un an
un stage bénévole lorsqu’il reçut officiellement sa nomi-
nation au grade de stagiaire, le 19 avril 1907.

Au bout de quelques jours, François Bruel « était de la
maison » où les circonstances lui fournirent un début
sensationnel. En 1906, le Cabinet des Estampes avait reçu
en don pur et simple la magnifique collection historique
commencée par le baron Eugène de Vinck de Deux-Orp
et continuée par le baron Cari, son fils, avec un soin
pieux. Cette collection comprend environ 25,000 pièces
relatives à l’histoire de France, de 1770 à 1871 ; elle repré-
sente une fortune et, mieux encore, le travail de deux
générations d’érudits qui ont recherché, classé, coordonné
avec une logique admirable des estampes strictement
contemporaines des événements auxquels elles ont trait.

Flenri Bouchot, qui avait bien apprécié la valeur de
François Bruel, n'hésita pas à lui confier la rédaction du
catalogue de cette précieuse collection et il ne fallut pas
plus de deux ans au nouveau stagiaire pour mettre sur
pied le tome I de Y Inventaire analytique de la collection
de Vinck. Cet ouvrage, qui est maintenant pour tous les
historiens un instrument de travail classé, eut la bonne
fortune, rare pour un catalogue d’estampes, d’être accueilli
dans toute la presse par les articles les plus élogieux et
d’être récompensé par l’Académie française sur le prix
Charles Blanc. Ce beau volume a paru en juillet 1909, et
c’est pour le mois de juillet 1912 qu’était prévue la publi-
cation du tome second, dont le manuscrit est resté si tris-
tement fermé pendant de longues semaines sur la table
du pauvre Bruel.

Entre temps, celui-ci publiait, en 1909, un Album de
l’histoire aéronautique, épuisé dès son apparition, et, en
1910, un Album du millénaire de Cluny qui est un hom-
mage touchant et discret de piété filiale.

A ces publications capables d’absorber l’activité d’un
travailleur bien doué, il faut ajouter tous ces articles
fouillés, précis, nerveux, que François Bruel trouvait le
temps de donner aux revues, aux journaux.
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