Société de l'Histoire de l'Art Français [Editor]
Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français — 1918-1919(1919)

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réconfort, en cette heure de deuil, de penser que, si son
œuvre féconde lui survivra éloquemment, son nom digne-
ment porté demeurera représenté parmi nous par un fils
qui continue la tradition paternelle en étudiant et en
conservant heureusement les merveilles de notre art
national.

Les deux grandes pertes que notre Société a éprouvées
dans le courant de cette année ne doivent pas nous en
faire oublier une autre, non moins regrettable : M. Papil-
lon, le collectionneur émérite, le fin connaisseur, le zélé
et érudit conservateur du Musée de la manufacture natio-
nale de Sèvres, auteur du Catalogue de ce musée auquel
il consacrait le meilleur de son temps, enlevé prématuré-
ment et victime d’un de ces accidents de la rue malheu-
reusement trop fréquents à Paris. Si ces deuils sont irré-
parables, Messieurs, nous souhaitons la bienvenue à ceux
qui acceptent de combler les vides qu’ils produisent et
qui veulent bien s’intéresser à nos travaux. Malgré la
dureté des temps, malgré les préoccupations de tout genre
qui nous assaillent, nous en avons vu venir à nous, cette
année, de Paris et de la province, de Normandie, du
Limousin, de l’Orléanais, et cet heureux mouvement se
continuera, je l’espère. Un recrutement nouveau est indis-
pensable pour la prospérité de notre Société, car, vous le
savez, les conditions nouvelles des imprimeurs, le prix du
papier nous obligeront à réduire proportionnellement le
nombre des volumes que nous avions coutume de distri-
buer chaque année, si le nombre de nos sociétaires, sen-
siblement réduit par la guerre, par la ruine de nos riches
provinces, par l’occupation de la Belgique et de la Rou-
manie, par la révolution russe et d’autres causes encore,
ne devait pas s’augmenter graduellement.

Notre activité a été réduite pendant les cinq années de
l’affreuse tourmente. Nos séances se sont espacées. Nos
bulletins se sont amincis. Les presses de notre imprimeur
mobilisé fonctionnaient mal; l’atelier de notre photogra-
veur, également mobilisé, ne fonctionnait pas du tout.
Aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre et nous avons
repris contact. Nos séances vont redevenir mensuelles et
votre assiduité à les suivre témoigne de la faveur dont
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