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Musées Royaux des Arts Décoratifs et Industriels <Brüssel> [Editor]
Bulletin des Musées Royaux des Arts Décoratifs et Industriels — 1908

DOI issue:
No 10 (1908)
DOI Page / Citation link:
https://doi.org/10.11588/diglit.27141#0108
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BULLETIN DES MUSÉES ROYAUX

de 1492, est aussi un pélican. Il convient encore de
citer le lutrin-pélican de Chièvres, daté de 1484.

Il est loin du type que nous décrivons, le péli-
can de Hougaerde, qui tient plutôt de l’oiseau tel
qu’on le conçoit généralement. Ajoutez qu’il
émerge d’un nid reposant sur une colonnette d’un
diamètre un peu étroit *. Ce manque de présenta-
tion compromet, en quelque sorte, l’effet d’ensem-
ble. Le pélican de Visé qui a paru à l’Art ancien,
à Liège, en 1905, rentre dans les données des aigles
solidement bâtis, au ventre rebondi comme celui
de Saint-Martin, à Hal.

Le pélican de Bouvignes est le plus remarquable
de l’époque moderne qui soit conservé en Belgique.
Il est d’une silhouette sévèreet les moindres détails
en sont ciselés avec un soin extrême. Bien qu’il
appartienne au début du xvii' siècle, il se réclame
d’une tradition excellente sous le rapport du style
et de la facture. En dehors des deux types clas-
siques de l’aigle et du pélican, vient se placer, à
la fin du xve siècle, le griffon d’Andenne. Sa forme
exceptionnelle lui a acquis une célébrité qui s’ac-
croît encore du mérite d'une exécution hors ligne.

Après ces considérations, qu’il nous soit permis
d’aborder l’étude du lutrin de Bornival.

Le pélican proviendrait peut-être, ainsi que me
l’a appris un de mes collègues du prieuré d’Orival,
lequel appartenait aux Trinitaires pour la rédemp-
tion des captifs.

M. Hanon de Lou-vet, dans un rapport adressé
en septembre 1890 à M. le Gouverneur de la pro-
vince de Brabant, émet l’opinion que cette œuvre
d’art aurait appartenu à l’abbaye cistercienne de
Nivelles, sous Ophain, dont la fondation remonte
au XVe siècle ; il se base pour cela sur cette cir-
constance que l’église de Bornival, érigée en pa-
roisse vers 1600, a reçu du monastère précité des
orgues et une clôture de jubé 1 2.

Ce pélican, après la suppression du monastère,
arriva à l’église de Bornival, on ne sait à la suite de
quelles circonstances ; il était en tout cas privé,
depuis longtemps déjà, de son support original, car
il était pourvu d’un pied de l’époque Louis XV.

1. Voir une reproduction dans VInventaire illustré des
objets d’art existant dans les édifices publics des communes de
!arrondissement. Ce lutrin porte le nom du fondeur lou-
vaniste : Jan Valdeneer. Me fecit anno 1573.

2. Annales de la Société archéologique de Nivelles.

Comme il était relégué depuis plusieurs années
dans le presbytère, des membres de la Société
archéologique de Nivelles résolurent de s’en empa-
rer au profit de leur petit Musée, et, dans ce but,
ils amenèrent à Bornival une charrette attelée d’un
cheval vigoureux, en l’absence du curé qu’ils suppo-
saient loin du village. Us eurent tôt fait d’enlever
et de charger le majestueux oiseau sur le véhicule.
Us se croyaient déjà maîtres de leur proie, mais
l’éveil avait été donné et, à mi-chemin de Nivelles,
ils furent rejoints par le curé, et force leur fut de
reconduire au presbytère le pélican tant convoité.
Sans usage dans l’église de Bornival, le pélican est
devenu depuis, par suite d’un achat en bonne et
due forme, la propriété de nos Musées royaux.

U a environ om57 d’envergure et om68 de haut.

L’œuvre est d’excellente facture. A vrai dire, la
s lhouette n’a pas autant de cachet que celle du
lutrin de Tirlemont, mais il est d’une construction
peut-être plus harmonieuse, grâce à la disposition
des ailes qui se rattachent très naturellement au
corps, On remarquera la pièce d’arrêt ou tablette
destinée à porter les antiphonaires : elle est
encore bien dans le caractère gothique ; il ne fau-
drait pas toutefois en exagérer l’ancienneté. Le
corps de l’oiseau est pourvu, à la partie antérieure,
de deux tenons auxquels venait se suspendre un
autre pupitre. Le lutrin-griffon d’Andenne pré-
sente une disposition semblable. Si on tient compte
des rapprochements faits précédemment, l’œuvre
doit dater de la fin du XVe siècle ou du début du
xvie siècle. Au surplus, sa parenté de style avec le
pélican de Tirlemont et celui des fonts de Zutphen
nous autorise à y voir une production de prove-
nance brabançonne. Jos. Destrf.e.

AVIS.

Un grand nombre de nos abonnés se sont plaints
de l’état fâcheux dans lequel leur parviennent les
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nation qu’endommagés, ce qui n’en permet pas la
conservation. Pour remédier à cet inconvénient,
nous offrons à nos lecteurs, moyennant un supplé-
ment de 50 centimes sur le prix d’abonnement, de
leur faire parvenir mensuellement le Bulletin dans
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Les Musées sont ouverts au public gratuitements, tous les jours à l’exception du
Ier janvier, à partir de I 0 heures du matin jusqu’à 3 heures du soir, pendant les mois de
novembre, décembre et janvier ; jusqu’à 4 heures du soir, pendant les mois de septembre,
octobre, février et mars ; jusqu’à 5 heures du soir, le reste de l’année.

IMP. VROMANT ET C°, 3, RUE DE LA CHAPELLE, BRUXELLES.
 
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