La chronique des arts et de la curiosité — 1910

Page: 225
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1910/0235
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
N° 29. — 1910.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

27 Août

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE SAMEDI MATIN

Lu abonnés à la Gazette des Beaux-Arts reçoivent gratuitement la Chronique des Arts et de la Curiositl

Prix de l’abonnement pour un an

Paris, Seine et Seine-et-Oise. ... 10 fr. Étranger (Etats faisant partie de

Départements. 12 fr. l’Union postale). 15 fr,

i.e Numéro '• O fr. 2 S

PROPOS DU JOUR

'incendie, dont nous parlons plus
loin, qui a si malheureusement
détruit une partie de l’Exposition
de Bruxelles a jeté une vive émo-
tion dans le monde des arts. On a eu à dé-
plorer des pertes sensibles; on en a redouté
déplus considérables encore. Pendant quel-
ques heures, les administrations, les musées,
les manufactures nationales, les artistes et
les collectionneurs se sont demandé anxieuse-
ment ce qu’il était advenu de-s ouvrages qu’ils
.avaient envoyés en Belgique, et si telle œuvre
qui était la gloire de leur galerie ou le ré-
sultat d’un long labeur n’avait point péri. Le
téléphone et le télégraphe ont vite fait con-
naître ce qui était perdu et ce qui était sauvé;
l’alerte a été rude pour ceux mêmes qui ont
eu la fortune de se voir épargnés.

De pareilles conjonctures ne rendront pas
faciles désormais ces prêts auxquels les pos-
sesseurs d’œuvres d’art ne consentaient pas
sans appréhension. L’envoi d’un ouvrage
aimé dans une exposition a toujours paru
une aventure, et les chances d’accident, si
réduites soient-elles par une organisation vi-
gilante, restent toujours trop grandes. Les
-assurances considérables, pour lesquelles on
s’adresse à des Compagnies associées, ne sont
pas elles-mêmes un recours suffisant. Elles
•promettent un dédommagement matériel;
mais qui peut remplacer une œuvre ancienne
détruite? qui peut rendre la tapisserie, le
tableau incendié? On se trouve en présence
de l’irréparable.

Si jamais les collectionneurs et les musées
consentent à se dessaisir d’œuvres d’art avec
sécurité, ce ne sera que pour des expositions
particulières, organisées en vue d’un objet pré-

cis et où toutes les mesures et les précautions
tendent vers une même fin. Les Expositions
universelles, par leurétendue, par leur diver-
sité, sont vouées à menacer l’existence des œu-
vres d’art d’autrefois et d’aujourd’hui. Elles
sont devenues des occasions de fête et de plai-
sir; l’enseignement y est sacrifié au divertisse-
ment. Les sections consacrées aux arts devien-
nent elles-mêmes, dans cette conception, un
ornement qui complète et décore la série des
attractions, qui partage leur succès et leur
péril. S’il était besoin d’arguments nouveaux
pour combattre le projet d’Expositions uni-
verselles, les événements de Bruxelles les four-
niraient tristement. Ces vastes entreprises
témoignent qu’elles ont pour les arts le dou-
ble défaut d’être dangereuses et de n’être pas
très utiles : il est naturel qu’elles soient rem-
placées par ces expositions partielles, dont
quelques années d’expérience ont montré le
mérite.

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés pendant la dernière
quinzaine :

Le samedi 13 août, à Besançon, un monu-
ment à la mémoire du peintre Théobald
Chartran, œuvre du statuaire Ségoflin et de
l’architecte Lauzanne;

Le dimanche 14 août, également à Besan-
çon, un monument de Proudlion, œuvre du
sculpteur Georges Laethier;

Le jeudi 18 août, au château de Versailles,
une réplique de la statue de Washington par
Iloudon conservée au Capitole de Richmond
(Etats-Unis), offerte parles autorités del’Etat
de Virginie;

Le lundi 15 août, à Calais, un monument
de l’inventeur Jacquard, œuvre du sculpteur
Roussel ;

Le dimanche 21 août, à Chalon-sur-Saône,
un monument à la mémoire du IRMauchamp,
loading ...