La chronique des arts et de la curiosité — 1911

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ET DE LA CURIOSITÉ

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chiens policiers accompagneront désormais les
rondes de nuit des gardiens, pour éventer les
malfaiteurs qui pourraient être cachés.

Enfin, on vient de rendre de nouveau obligatoire
le dépôt, à l'entrée du Louvre, des cannes et des
parapluies et de tout objet porté à la main.

Académie des Beaux-Arts

Séance du 9 septembre

Concours. — Lecture est donnée du rapport
de la section d'architecture relatif à la désignation
des douze logistes appelés à prendre part au con-
cours pour le prix Chaudesaigues, dont le sujet
('■tait : Un rendez-vous de chasse.

Ont été choisis, par ordre alphabétique: MM.
Camuzat (élève de M. Pascal), Dclagrange (élève
de M. Paulin), Dumail (élève de M. Bcrnier), Dra-
peri (élève de M. Héraud), Expert (élève de M.
Paulin), Gasc (élève de MM. Daumet et Jausseley),
Girardin (élève de M. Paulin), Haffner (élève de
M. Laloux), Halley (élève de M. Héraud), Japy
élève de M. Pascal), de Jankowski (élève de M.
Dépasse) et Ladmiral (élève de M. Paulin).

Le jugement définif de ce concours aura lieu le
samedi 30 septembre et le lauréat, qui devra sé-
journer deux ans en Italie, aura droit à deux an-
nuités de 2.000 francs l'une.

Séance du 16 septembre

M. Daumet a donné lecture de la notice nécrolo-
gique qu'il a consacrée au regretté graveur Léopold
Flameng.

Académie des Inscriptions

Séance du 1er septembre

Découverte d'une nécropole libyque en Tunisie.
— Le docteur Carton a découvert dans les grandes
forêts qui couvrent les pentes du Djebel Rorra,
en Tunisie, une importante nécropole libyque
offrant ce caractère bien particulier que les stèles
y sont presque toutes debout dans la position
qu'elles occupent depuis plusieurs siècles. En les
dégageant de la broussaille qui les cachait on a
pu prendre une photographie remarquable de cet
antique cimetière. Les stèles sont des blocs de
grès grossiers ou bien taillés en pierres plates,
pointues ou très régulièrement pyramidales. Quel-
ques-unes d'entre elles portent le croissant." Sur
une autre a été représenté un buste à tête radiée,
confirmant ce que l'on sait sur l'existence du culte
solaire chez les anciens Libyens.

Séance du 8 septembre
Candidatures. — Lecture a été donnée des let-
tres par lesquelles ont posé leur candidature :
M. Loth, professeur au Collège de France, au fau-
teuil vacant par suite du décès de M. Longnon
membre titulaire, et l'abbé Ulysse Chevalier)
correspondant de l'Académie, au fauteuil de mem-
bre libre vacant par suite du décès du duc de
Iremoïlle.

Fouilles de Carthage. — M. Héron de Ville-
fosse entretient l'Académie des fouilles que pour-
suit le P. Delattre à Carthage, autour de la grande
basilique de Damour-el-Karita. Il vient de décou-
vrir les dépendances de ce vaste monument chré-
tien. Une nouvelle chapelle terminée par une
abside et ornée de niches pour recevoir des statues
a été entièrement déblayée, Le nombre des mor-
ceaux de sarcophages, de bas-reliefs, de mosaïques
recueillis augmente tous les jours. Les fragments
d'inscriptions s'élevaient exactement, le 10 août
dernier, au chiffre de 3.493.

Il a, entre autres, retrouvé un fragment d'inscrip-
tions qui, s'ajoutant heureusement à six autres
fragments recueillis par lui il y a plus de vingt-
cinq ans, permettent d'améliorer un texte très
intéressant, montrant qu'à l'époque impériale les
habitants de Carthage honoraient par des statues
ou par des inscriptions la mémoire des hommes
célèbres qui avaient illustré la puissance romaine.

Les statues funéraires grecques. — M. Ho-
molle commente le livre récent de M. Collignon
au sujet des statues funéraires dans l'art grec.
Passant en revue les monuments qui nous restent,
il observe que la banalité générale des motifs
traités ne peut être attribuée à la pauvreté d'ima-
gination des statuaires. Si la sculpture funéraire
se réduit à des symboles, si la représentation des
morts ne comporte jamais de portraits individuels
et se réduit à l'expression d'un type général, ce
fait provient de deux causes différentes. Au point
de vue matériel, l'usage traditionnel était de
graver simplement, sur la pierre tombale, le nom
du défunt, mais non d'y représenter les traits de
sa physionomie. Tout au plus, la forme de la
pierre indiquait-elle le sexe du mort : l'introduc-
tion du portrait fut très tardive. Au point de vue
moral, l'euphémisme grec voilait le caractère
tragique de la mort qui paraît avec tant de force
en Occident au Moyen âge. L s Grecs voyaient
dans la mort la soeur du sommeil et n'y faisaient
que des allusions discrètes ; les harpies féroces se
transformaient en sirènes pleines de douceur.

Séance du 15 septembre

Les fouilles iïAlésia.— M. Héron de Villefosse
donne des renseignements sur les fouilles entre-
prises au mont Auxois par le commandant Espé-
randieu et le docteur Epery, sur les terrains de la
Croix-Saint- Charles.

Près du grand temple du dieu Moritasgus ils
ont découvert des ex-voto en bronze et en pierre.
Les premiers se composent de paires d'yeux qui
se présentent au repoussé sur de petites plaques
de bronze très minces, et d'un masque humain au
repoussé également sur feuille de bronze. Les se-
conds sont des têtes ou des bustes votifs. Le plus
ancien consiste en une jambe dont le pied repose
sur une corne renversée et se détache devant une
draperie pendante ; la facture en est excellente.

Il faut également signaler des moules à rouelles;
un solide couteau avec manche en corne et lame
en fer, trouvé au fond d'un puits, à 12 m. 50 de
profondeur ; enfin, un très curieux bas-relief
représentant un dieu et une déesse assis et pa-
raissant converser. C'est le quatrième exemplaire
de même type recueilli sur le mont Auxois.

On ne saurait oublier une jolie tète de Mercure
en pierre calcaire, d'une exécution simple et facile
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