La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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ET DE LA CURIOSITÉ

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tournoi donné par le roi René en 1446, dont le ma-
nuscrit existait au milieu du dix-septième siècle
chez le chancelier Séguier. Tous les historiens ré-
cents du roi René ont considéré ce manuscrit
comme perdu, sinon détruit. Il était passé à la
Bibliothèque impériale de Saint-Péte^bourg, où
M. Durrieu a pu l'examiner en original Or, une
photographie d’une de ses pages, que M. Durrieu
peut communiquer à l’Académie, grâce à la com-
plaisance du comte Alexandre de Laborde, montre
à quel point l'auteur des illustrations du manus-
crit s’est attaché à reproduire par l’image tous les
détails fournis par le texte du récit sur les céré-
monies de la fête.

Découvertes diverses. — M. Pierre Paris com-
munique le résumé de découvertes qui viennent
d’être faites à Merida.il s’agit d’idoles néolithiques
en os.

M. Paul Monceaux, au nom de M. Carcopino,
professeur à l’Université d’Alger, signale aussi de
nouvelles découvertes faites récemment par M. Se-
got, instituteur, dans la basilique de Béni Rached,
près d’Orléansville. On y a trouvé notamment une
seconde inscription en mosaïque qui mentionne
YEcdesia catholica et qui parait dater de la lin
du quatrième siècle.

REVUE DES REVUES

La Gazette illustrée des Amateurs de jar-
dins. (Hiver MCMXIV.) — Jardins d’autrefois,
par J.-C.-N. Forestier. Résumé historique, spé-
cialement consacré aux xvi" et xvu* siècles (1 pi.
hors texte en couleurs : tapisserie du xvi° siècle,
de la collection N. Wildenstein, aux armes des
Maldouado, représentant un jardin du xv« siècle).

— Le parc de Nordkirchen, par A. Duchêne.
Nordkircheu. en Westphalie, au duc d'Arenberg.
Reconstitution, par l’auteur, d’un jardin classique
où les eaux forment le motif principal de la déco-
ration ; curieux théâtre de verdure, en projet
(2 pl. hors texte).

— Jardin d'amour, par A. Yéra. Nécessité
d’adapter le décor floral à la destination du
jardin.

— « L’E/fort », par L. Vaillat. Notice sur la
sculpture de M. P. Roche, au jardin du Luxem-
bourg, conçue pour accompagner une fontaine et
enfouie aujourd’hui sous le lierre (1 pl. hors texte,
d’après une gypsographie de l’artiste).

— L'Exposition rétrospective de l’Art du jar-
din au Pavillon de Marsan, par G. de Passillé.

BIBLIOGRAPHIE

Frédéric Rucker, architecte diplômé. — Les Ori-
gines de la conservation des monuments
historiques en France (1790-1830). — Paris,
Jean Scliemit, 1913. In 8”, 234 p.

Dans la première partie de cet ouvrage, qui fut
une thèse de « doctorat d’Université », l’auteur
s’occupe de la conservation des monuments pen-
dant l’époque révolutionnaire, conservation qui,
hélas ! alla de pair avec bien des destructions irré-
parables, mais qui atteste pourtant un réel effort

d’organisation. A côté des décrets, plus nombreux
qu’efficaces, de cette période, il étudie les « orga-
nismes de conservation » — commission des Monu-
ments (1790), fusionnée avec la commission du
Mobilier (1792), commission temporaire des Arts
(1793) — et les dépôts et musées, en particulier le
fameux dépôt du couvent des Petits-Augustins, qui
devint, en 1795, le « Musée des Monuments fran-
çais ».

Tout cet historique est précis, bien documenté ;
c’est une utile mise au point d'un chapitre du
livre fameux d'Eugène Despois sur le « vanda-
lisme révolutionnaire ».

La 2" partie, consacrée aux 30 premières années
du xixc siècle, s'étend d'abord d’une manière un peu
diffuse sur les influences littéraires (poésie, théâtre,
histoire) qui ont réveillé le goût du passé monu-
mental de la France. M. Rùcker esquisse ensuite
les origines de l’archéologie nationale avec Millin,
Lenoir, Willemin, Séroux d’Agincourt, Al. de La-
borde, Emeric-David, la Société des Antiquaires,'
Le Prévost, de Gerville et, le plus illustre de tous,
Gaumont. Un chapitre terminal très court raconte
quelques tentatives trop clairsemées de conserva-
tion officielle sous les gouvernements, néfastes à cet
égard, de l’Empire et de la Restauration (circulaire
Montalivetdel810,etc.), le coup de clairon de Victor
Hugo (Guerre aux démolisseurs, 1825), enfin les
premières mesures, insuffisantes encore, mais ani-
mées d’excellentes intentions, du gouvernement
de Juillet: le beau rapport de Guizot du 21 octobre
1830 et la nomination de Vitet comme inspecteur
général.

T. R.

Max von Boeiin. — Die Mode-Menschen und
Moden im siebzehnten Jahrhundert. — Mün-
chen, F. Bruckmann. In-16, 190 p. av. fig. et
planches en couleurs.

Après avoir étudié, dans les charmants petits
livres que nous avons signalés ici (1), les costumes
et les mœurs du xix", puis du xvm- siècle, M. Max
von Boelm, continuant de remonter le cours des
âges, nous introduit aujourd’hui dans la vie du
xvii" siècle, et, suivant le même plan, nous décrit,
d’après les estampes, les peintures et autres docu-
ments, les usages et les modes du temps.

C’est l’époque de notre « grand siècle », où la
culture française et les modes de Versailles s’éten-
dent et s’imposent à toute l’Europe, et sont repré-
sentées par des graveurs comme Edelinck, Jeau-
rat, Séb. Leclerc, qu’ont précédé Gallot et Abraham
Bosse, des peintres de portrait ou de mœurs
comme Philippe de Champaigne, Le Nain, Rigaud,
Mignard, etc., cependant que dans les autres pays
Rubens et Van Dyck, Th. de Ileyser, Téniers, Cor-
nelis de Vos, Morcelse, Frans Hais, Rembrandt,
Molenaer, Ferdinand Bol, van derHelst, Terborch,
Avercamp, Peter Gandid, etc. nous offrent, de leur
côté, la vision des élégances aristocratiques ou des
mœurs bourgeoises en des pages dos plus pré-
cieuses.

On juge par là de l’intérêt de ce livre, illustré à
chaque page de tous ces documents, que commente
très agréablement le texte de M. Max von Boehn.

A. M. 1

(1) V. Chronique des Arts, 1908, p. 406, et 1910,
p. 134.
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