Cagnat, René ; Goyau, Georges
Lexique des antiquités romaines — Paris, 1895

Page: 189
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MU RM

mot a dû désigner le droit de cité in-
complet, sans/zzs suffragii ni jus liono-
rum, ce que les écrivains appellent
civitas sine suffragio (Voir Civitas).
II. Ville investie de ce droit de cité
incomplet, soit qu'elle garde sa consti-
tution communale propre, soit qu’elle
fasse partie de la commune romaine
et soit gouvernée par Rome dont le
préteur y délègue un praefectus jure
dicundo (Voir Praefectus, Praefectura
III. Plus tard après la lex Julia (90),
les municipes italiens ont tous le plé-
num jus civitalis, leurs citoyens sont
inscrits dans les tribus, mais ils n’en
ont pas moins l’autonomie communale
et leur constitution propre.
IV. Plus tard enfin, quand on eut
accordé le jus Latii à certaines com-
munes provinciales, à partir de 89 avant
J.-G., on appela ces villes municipia
latina par opposition aux municipia
civium Romanorum. A cette époque
donc le mot municipium pouvait dési-
gner trois sortes de villes :
1° L’ancien municipe italique compre-
nant des citoyens sine suffragio (§ Il de
l’article) ;
2° Le municipe romain (tous ceux
d'Italie à cette époque) comprenant des
citoyens romains optimo jure, c’est-à-
dire avec le droit de cité complet (§ III
de l’article) ;
3° Les villes d’organisation romaine
ayant le jus Latii (la plupart des muni-
cipes de province — § IV).
V. Sous Caracalla, tous les habitants
de l’Empire ayant reçu le droit de cité,
le mot municipium désigne alors toute
ville de province. P. J.
Mutins. Obligation imposée à quel-
qu’un, en échange de droits ou de pri-
vilèges.
Munera civilia. Charges imposées aux
habitants d’une commune. Elles sont
réparties entre les citoyens {cives) et
les étrangers domiciliés {incolae) par le

sénat de la ville et sous le contrôle du
gouverneur de province. 11 faut distin-
guer : les munera personalia, qui sont
relatives à la personne et qui n'exigent
aucun frais de la part de celui qui les
supporte ; les munera palrimonii, qui
sont relatives aux patrimoines, et les
munera mixta, relatives à l’un et à
l'autre.
Munera personalia Elles sont impo-
sées soit par l’État (levée d'hommes et
de chevaux, transport du matériel de
guerre ou de l’argent, service des postes
{cursus publions), entretien des mansio-
nes, soit par le municipe (missions en-
voyées à l'empereur, au gouverneur,
achat de blé, surveillance des temples,
etc.). En ce cas, c’est la ville qui fait
tous les frais.
Munera patrimonii. Elles exigent des
dépenses de la part de celui qui les
supporte (logement des soldats, fourni-
ture des vivres, des chevaux de poste,
entretien des chemins, réception des
fonctionnaires, perception des impôts).
P. J.
Murex. 1° Coquillage en hélice, dont
on tirait une écume rouge écarlate qui,
mêlée à la pourpre proprement dite,
servait à colorer les étoffes ; par suite,
étoffe de pourpre.
On s’en servait aussi comme ornement
dans les grottes artificielles, comme
vase à parfums ; on les donnait comme
conques aux tritons ;
2° Objet à surface hérissée d'appen-
dices pointus ; pointe, pointe de rocher,
récif; mors armé de pointes, chausse-
trappes, boule hérissée de pointes de
fer pour rendre dangereuse l’approche
d’un endroit que l’on veut défendre.
G. M.
Muruiillo. Gladiateur opposé d’or-
dinaire au retiarius et qui tirait son
nom d’un poisson ( [xôp;j-’_i'Xoç ) dont
la représentation ornait la crête de
son casque. Il s’appelait encore gallus
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