Compte rendu de la Commission Impériale Archéologique: pour l'année ..: Pour l'année 1872 — 1875

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ture1, avec prière de les expédier à la Commission Archéologique, à St.-Pétersbourg.
Ils y arrivèrent en parfait état de conservation, chargés dans des caisses et enve-
loppés dans des feutres. Mais les couleurs avaient considérablement pâli et étaient
presque méconnaissables — c'était une répétition de ce qui était arrivé, au contact
de l'air extérieur, à la majeure partie des fresques étrusques à Tarquinie et à Chiusi.
A St.-Pétersbourg, dans l'automne de 1873, des expériences furent exécutées sur
ces fragments de calcaire, et M. Medvédeff, dessinateur et lithographe de la Com-
mission Archéologique (qui avait accompagné le Comte A. S. Ouvaroff dans ses
fouilles au midi de la Russie et acquis à cette occasion une pratique technique des
diverses manipulations) réussit même à obtenir une consolidation et une liaison assez
satisfaisante de la masse de calcaire, en y employant une composition de gélatine,
d'oeufs, de chaux et de kali mordant; je m'adressai aussi, avec prière de tenter
des expériences du même genre, à quelques uns de nos chimistes et de nos tech-
nologues. En général, j'espérais réussir sans secours étranger. Mais les efforts ten-
tés par moi n'ont pas eu de suite, et l'idée de transporter les fresques de Kertch à
St.-Pétersbourg n'a point été réalisée. Plus tard, lors des pluies extraordinairement
fortes en printemps de 1874, qui produisirent de grands dégâts sur le Mont Mithri-
date, les eaux firent irruption dans notre chambre sépulcrale par le puits de son
entrée (quoiqu'il eût été exactement comblé) et détruisirent presque complètement
toutes les fresques. Il me reste à espérer qu'on découvrira dans la suite, dans
d'autres chambres sépulcrales, des fresques encore plus importantes, et qu'elles se-
ront enlevées de place et transportées dans le Musée de l'Ermitage Impérial.

i Je tâchai de ne point endommager l'aspect
général des fresques, et choisis à cet effet un
angle latéral, qui ne contenait rien de particulier:
c'est ici que furent détachées deux roses peintes
sur stuc, de celles qui forment tout le fond de
ces fresques; dans une autre chambre sépulcrale
(découverte en 1873) je détâchai du mur une par-
celle de l'une des guirlandes, en forme de vers

annelés, dont il sera parlé plus loin dans notre
texte. — Pour nos manipulations nous n'avions
aucun instrument spécial, et fûmes obligés de
nous contenter des couteaux dits archéologiques",
servant au nettoyage des fouilles, et de pioches
ordinaires. Les premiers furent employés par nous
pour scier le mur, et les autres pour détacher les
fragments par derrière.
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