Dacier, Émile; Vuaflart, Albert
Jean de Jullienne et les graveurs de Watteau au XVIII. siècle (Band 1): Notice et documents biographiques — Paris, 1929

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L’ŒUVRE GRAVÉ DE WATTEAU.

qui y abritait sa terre et ses pots de fleurs. La cour, autrefois ornée de ses trente caisses
d’orangers, de myrtes et de lauriers, prit un aspect lamentable.
Parvenus au terme de notre travail, résumons, en quelques lignes, l’histoire de cette
teinturerie des Gobeîins dont la prospérité avait permis à Jullienne d’assumer le rôle
de protecteur de Watteau et de léguer à la postérité VŒuvre gravé du génial artiste.


Fig. 117. — Gravure de Tardieu (Fragment).

Jean Glucq avait fondé son premier établissement en 1667, et avait su le diriger de
telle façon qu’il le transmit en pleine prospérité à ses successeurs. Les deux Jullienne,
l’oncle et le neveu, continuèrent l’exploitation en y apportant des soins et une surveil-
lance quotidienne; défendant leurs privilèges, ils surent satisfaire les demandes de leur
clientèle en livrant des marchandises de choix. Avec une telle méthode, poursuivie
pendant quarante ans, Jean de Jullienne parvint à la fortune. Cette manufacture eut
ainsi une durée florissante d’un siècle. Jullienne, par scrupule, laissa par testament les
deux fabriques aux descendants du fondateur, en donnantla direction à J.-B. François de
Montullé qui n’avait aucune aptitude pour les affaires, et qui, en vingt ans, finit par
anéantir ces industries prospères en précipitant sa propre ruine.
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