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Histoire de 1 art
L’ART GOTHIQUE (suite)
ARCHITECTURE PRIVÉE.

IL ne nous reste guère de maisons du
XIIe siècle ; les vestiges de cette
architecture privée prouvent pour-
tant que l’art de bâtir les habitations
bourgeoises suivait les progrès de l’architec-
ture publique. v
La maison de la fin du XIIe siècle, con-
struite en belle maçonnerie, est bien appro-
priée à sa destination ; elle est la demeure
de la famille. Les portes et les fenêtres s’ou-
vrent sur la rue ; une large arcade en plein
cintre ou en arc brisé éclaire une grande
salle destinée à l’exercice de divers métiers
ou à la vente de produits fabriqués. Cette
salle est élevée de quelques marches au-
dessus du sol de la rue ou bien elle se trouve
de plain-pied avec celle-ci ; une autre pièce
contiguë à la première ouvre ses fenêtres
sur une cour ; elle sert de cuisine et de salie
à manger. Une petite porte ménagée sur la
façade, à gauche de l’arcade, donne accès
à un escalier conduisant au premier étage.
C’était là que se trouvait la grande salle
destinée aux réceptions. Au-dessus étaient
ménagées les chambres du personnel de la
maison.
Les constructeurs du moyen-âge savaient
tirer parti des matériaux dont ils disposaient
et approprier ces matériaux au genre de con-
struction envisagé. S’agit-il d’une humble
habitation avec de simples fenêtres qui l’é-
clairent, la façade demeure uniforme et

modeste. Veut-on quelque richesse dans
l’ornementation, les baies se décorent de
moulures et de sculptures empruntées aux
églises et abbayes construites par les moines-
architectes. Les maisons de Cluny, bâties
en pierre au XIIe siècle, fournissent des
exemples de l’architecture privée de cette
époque, et le décor de leurs ouvertures rap-
pelle celui de l’abbaye que les construc-
teurs ont imité.
C’est au XIVe siècle seulement que les
formes des ouvertures, dans la construction
civile, ne ressemblent plus aux arcatures des
églises et des cloîtres ; les arcs surbaissés,
l’anse de panier, la simple ligne horizontale
dominent, et les ouvertures ne sont plus
divisées par des réseaux de pierre mais sim-
plement par des meneaux et des traverses
horizontales formant ainsi des subdivisions
carrées. Ces baies étaient closes par des châs-
sis vitrés mobiles et d’une manœuvre com-
mode et facile.
La brique et la pierre dominent dans les
façades du XIVe siècle ; le bois a disparu,
il ne sert plus que pour les charpentes et
les planchers.
Dans les provinces du Nord la partie basse
de la maison est bâtie en pierre ; le premier
étage, supporté par de fortes poutres en bois,
s’avance en encorbellement ; des charpentes
forment l’arcature des murs et les vides sont
maçonnés en briques. Des ornements, le

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