L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 1.1868

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L'ECLIPSE

PRIME DE L'ÉCLIPSÉ

Toute personne qui enverra directement e£
mandat ou timbres-poste au directeur Ju journal, 6.
cité Bergère, a Paris, — le montant d'un abonne-
ment d'un au à l'ïEelipse, en y ajoutant KO
centimes pour Paris et un franc pour les
départements, - recevra franco l'une des deux
primes suivantes :

1" PRIME
Trente charges d'And. Gili.

2- PRIME
Un charmant portefeuille or et couleur, fabriqué spécia-
lement pour l'Eclipsé par la maison Susse, place de la
Bourse, et contenait dix ravissantes aquarelles par É. de
Beaumont.

AVIS

1» Avoir «oln de Msn h Uquag ila (Tes deux primai qu'os
choisit :

2° L'abonnement, avec les deux primfs, coûte, ponp Paria,
T fr., et pour les départements, & fr. BO c.

L''ECLIPSE publiera prochainement une Lettre sur
le camp de Cliûlons, par le cousin de Boquillon.

LES ffiRÉGTJLlERS DU FIGARO

CHARLES MONSELET

Deux irréguliers, deux originaux veux-je dire, employant le
mot dans sa véritable, dans sa meilleure acception, Charles
Monaelet et Jules Vallès, viennent d'opérer avec un légitime
succès leur rentrée inattendue au Figaro.

Par ce temps de chaleur zootrvvkale, où l'on désaltère volon-
tiers le corps de préférence h l'âme, la collaboration de ces deux
talents si particuliers au journal de M, de Villemessant est une
bonne fortune inespérée pour l'honorable M, Dqmont, directeur
des caisses de cette feuille politique... et quelques fois littéraire.
Lecteurs, vous connaissez Jules Vallès, VIrrêgulier noir, à tous
crins? Gill a donné jadis, dans la Lune, cjé^dée, une excellante
charge des traits contractés de l'auteur des Rêfractuires.

Je me borne en ce moment à lui présenter mta modestea com-
pliments :
— « Jules Vallès, ceux qui te lisent, te saluent ! »
C'est de VIrrêgulier blond et ro=e, parfaitement rasé, de Charles
Monselet enfin que je m'occuperai particulièrement aujourd'hui.
Son âge? 39 ans. {Il ne païaît les avoir, mesdames.)
Lieu de naissance: — Nantes,

Généalogie. — Fils d'un libraire de goût et d'esprit.
Prénom supplémentaire. — Pierre.

Oui, Pierre ! mais sur cette pierre, le Christ n'eût pas bâti son
Eglise, les portes de l'enfer auraient fréquemment — oh | très
fréquemment — prévalu contre elle 1

Mais il lui sera heaucbup pardonné, à ce Pierre-Charles Mon^.
selet, car il a beaucoup aimé, car il aime/toujours beaucoup, ce
qui est aimable, désirable, mangeable, potable,

Potable I — ah ! ce n'est pas a lui, enfant du pays des grands*
crus, à lui le poëte du Médoc (imprimé en rouge) qu'Horace eût
fait accepter une invitation de vide-bouteilles, en commeûçant
son épître par le Vile potabis modicis Subi mm.., que l'on connaît.

Foin des petits vins'de Sabint; 1 n'eefc-cy pa,a, Monselet ? four-
chette courtoise I û goeierspirituel!

Oui, il sera beaucoup pardonné au joyeux payeur qUQ nôus
montre le gai recueil de vers, intitulé : le Plaisir et VAmour (aveo
e portrait de l'auteur en lunettes).

Et lorsque le souvenir de cette façon, de petit abbé du siècle
passé, replet, au menton pansu, aux petite yeux vifs comme une
couple de nouvelles à la main, aéra perdu ; lorsque ses exploits
de table, ingénieusement aeoonmîis et contés, seront oubliés ;
quand enfin ce qui met autoup de sa tête l'auréole éphémère du
baron Brisse aura été effacé pa,r le temps, lea lettrés se souvien-
dront encore pendant bien, longtemps de ce véritable homme de
lettres, si souple, si varié, de cet humouriste vraiment français,

On ne parlera plus, sous le phaum,e, de son estomac i ajoura
victorieux, sans doute; le double Almanachdes Gourmands et la
Cuisinière poétique n'entoureront plus son nout d'un cadre rabe-
laisien de pieds de cochons truffés et de Blets de sples au Lacry-

maCbristi ; sa supériorité çul-»«ii"-J Sg? Vachette (ou Cbavettt)
ne sera plus conteste' peut èJrej maïs la véritable gloire de
Charles Monselet rayonnera dans toutes ?es bibliptbè-iues,

Monselet a dit : «Les casseroles ont aussi leur airain! » Je
cro;s, siuif epreur, que la maroquin des livras s^ graye profondé-
ment aussi, et les, Mires de son nom y resttuunt imprimées, au
fer froïd.

Et son « bagage littéraire » qui yas/accroissant de jour en jour,
est là, apud Michel Lèvy, pour donner un démenti sonore à ceux
qui préieuUr^ient lu contraire.

Que de choses charmantes, délicates, ailes, de papillon ou pé-
tai&S de fleurs, que de choses fortte, sérieuses, études du paesé ou
observations profondes de la- via présente, que de qualités, enfin,
G îles d'un cerveau organisé d'une façon exceptionnel}*3, ses trou-
vent h chacune des pages écrites par Monselet,

Or, je ne parle point de l'esprit, et du meilleur et du plus pur,
Berné à profusion, maia intelligemment, dans tous ses ré.GÏts !

Hélas ! je ne puis, fjute d'espace, que citer bien sèchement les
titres de ces livres exquis que nous relisons sans oes=e, coupant
notre lecture de rires éclatants, QU) parfois, de rêverie soudaine.
Car sous la gaîfcé intarissable du romancier, parfois quelque
pensée railleusemsnt mélancolique montre son visage bouffon
encore sillonné par la trace brillante de larmes à peine séchées.

Quelle joie de lire : les Trétaux, la Lorgnette littéraire, la Franc-
maçonnerie des femmes, M. de Cupidon, de Montmartre à Séville, les
Originaux du çiéole dernier., las .femmes gui fijflt. des scéits, 1. a Ga-
çnteries du diiG-Quitté me siècle, Jffgnçois Soleil, M, le duc s'anwse,
VArgent maudit, la Fin de l'Orgie les Années de gaietés, et tant
d'autres ouvrages ou recueils d'articles, lus, savourés, par frag-
ments, ça et là, dans les mille et un journaux où cet homme
qui s'intitule un paresseux écrit depuis douze ans.

Qui ne se rappelle sa collaboration triomphale au Figaro? Qui
ne voit son nom toutes les semaines, ici et ailleurs, mais surtout
au dessous d'une critique aux griffes à demi-recouvertes de ve-
lours, dans le Monde Illustré.

Maintenant, voulez-vous savoir, sous quel aspect se manifeste
le Monselet que je préfère ? Eh bien, ce n'est pas sous l'habit ga-
lant du petit abbé ; ce n'est point, la serviette au cou, la four-
chette au poing ; ce n'est point le Monselet-duelliste non plus.

C'est tout bonnement le Monselet, souriant, décoré, que deux
enfanta accompagnent, et qui s'en, va le dimanche, par lçs belles
après-midi, aux Champs-Elysées, assister aux premières de Gui-
gnol, ou procurer à ses Ghers petits bien-aimés les enivrements
d'une course à fond de train sur les chevaux de bois que Troie
eût vue sans crainte entrer dans ses murs redoutables.

E.RNKST d'HbRVILLY.

meurtre de quelques-uns de nos matelots, quarante J
été saisis au hasard par les autorités, qui ont déclaré ^'^ °ai
quatorze jours, les criminels n'avaient pas comparu l^ ^' ^%
prisonniers seraient pendus.

3 quar^

t\ Veinards tout de même !... les quarante Japonais oui « •
peui.être, pendant !e crime, bien tranquillement ch
train d'écoscer des petits pois. 2 euxen

•t\ Vous figurez-vous un peu faisant avec votre fe
vo^ia beau-père uu petit bézjgue en deux mille liés, "^ et

Tout à coup, un agent de police se précipite'm»,
votre famille, r m* et

— Js vous emmène toua à Mazaa, vous erie-t-il ■ on vî
sassiner un porteur d'eau dans votre rue, et si'dire "î "
chujn le criminel ne s'est pas constitué prisonnier „ pro"
guillotinés!',. ' VOussi>reî

„% Qu'est-ce que vous diriez de cette manière dp va
porteur d'eau?.., yeam ^

t*t ■=** Ouï... mais,,
— Ah!,., c'est jusfi

au Japon...

On lit dans lo Journal de Rome :

« Le cqrdinal d'Andréa est mort d'une asphyxie pulmmirt
« moment où il allait partir pour goirmie et se rendre aux p'^
« Bonnes, avec l'autorisation du Sainï^P^re. »

w\ Si c'est maintenant le Saint-Père qui permet ou défend 1
Eaux-Bonnes, il faudra donc s'adresser'à Nélatcn quand on aura

Léon Bienvenu.

besoin de se faire excommunier?

FANTAISIE

/, M. Didier, l'ex-députô, a laissé par testament :
A M. Alexandre Dumas fils : 400,000 francs.
A Mlle Denain • 3 millions.
A M. Edmond About: 60,000 frapea, etc., etc....

,*„ M. Didier était parfaitement dans son droit.

Seulement, ne craignez-vous pas comme moi que pas mal de
bonnes gens se disent en apprenant la nouvelle da ces. libéra-
litéa ;

rçn Ah],,1 le grand h.pm,ma !... comme il protégea les lettres !...

^ S'il it&H admis qu'on pût se faire une réputation de
Mécène en couchant deux hommes de lettres sur sou testament
pour une très grosse somme et en ne donnant rien aux au t rua,
il n'y aurait aucune raison pour ne pas, dh'& d'une vieille bigote
qui laisserait toute sa fortune à l'aveugle de l'église des Petits-.
Pères ;

ci La brave femme L-. elle fut la mère des pauvres !

/„ Ainsi, il est bien entendu, n'est-ce pas, que les lettres et
les arts n'ont pas perdu un bienfaiteur, en la personne de M.JDi-
dior, et que nous protestons d'avance contra toute biographie auj
pourra être publiée en 1945 et ne E<;ra point rédigée en ees
termes ;

DiniER, célèbre député du dix-neuvième siècle, aima les lettres et les
arts, et, voulant à sa mort, donner aux nombreux écrivains besogneux
de son époque un témoignage de sa tendresse, tl' laissa gO,GÛ0 fumes
de renie à un homme eh lettres riche, qui n'en avait aweun besoin, ut
trois millions à une actrice de ta Comédie-Française. -= Par son testa-
ment il exigea, dit on, qu'eu reconnaissance de ces deux bienfaits, son
deuil fût porté pendant cinq ans par tous les membres de lu Société
des gens de lettres et de celle des auteurs dramatiques,

Je lis dana les feuilles publiques qu'au Japon, pour punir le

LES VAUDEVILLISTES CHEZ EUX

aÉVËLATIOKS Ù-m tfROTTBlBK (1)

DEUXIÈME PARTIE

Sardou (Victorien)
44, rue Lafûtte, — S.irdou Le Victorieux, qui, dit-on a ra-
cheté le fonds de Molière et re>ais la comédie da mœurs à m
raeg, tient cependant à la grande famille des vaudevUliculteurs
par If. Garât, où certain rondeau fit merveille, et par quelques
autres pièces à couplets; mais il paraît avoir entièrement re-
on^ê au flonflon :

Poète ne puis,
VaudevilHsie ne daigne,
Sardou suis 1

L'heureux auteur de la Famille Benoiton vient d'enrichir son
château de iVlarly des fameux lions de l'Exposition universelle,
et d'embellir son merveilleux séjour; aussi M. Z..., son voisin ds
campagne, q'appolle-tril plus notre auteur comique que Sarèa-,
napale.

Sardou partage avec son confrère Taillade la gloire de ressem-
bler au premier consul ; aon écriture rappelle en outre lea hiéro-
glyphes du général Bonaparte : ce sont de vrai pattes de moifcte,

Savarfl (Félix)

32, rue Godot de Mauroi, «■ Chez Papa et maman. — Critiqua
bienveillant, amusant yaudevilllsie, chansonnier joyeux et photo-
graphe, à la plume (Us Actrices, de Paris), Savard est, de plus, em-
ployé dans uap grande administration.

Abondance de biens ne mit p<«; 9t, tout en travaillant fort,
monsieur s'amuse... à éc^U'e, et a amené la réconciliation entre le
bureau et la littérature,

On joue en ce momeat une charmante opérette de lui : lu
Oreilles d'âne.
■ Signe particulier : Félix B'est pas Savard de calembours.

Scnoll (Aiir^Bien)

5, rue Laffitte. — Vaudevilliste aimablej journaliste aimé.

YermerBoh en a fait un second Rivarol.

Léo Lespès a dit de lui : Sa plume crache quelquefois, elle ne
tousse jamais,

Lors du passage de Sjholl au journal Le Soleil, ca bon & Mil-
laud a'écria dans un latin panaché de charabia ;

Bj»cho*l, lucet omnibus.
Le brillant Aurélien, le favori des dsm.gs, a dû, pour se faire
aimer d'elles, changer d'allures à leur égard; car, à l'aurore de

Voir Ygolipse des l'i et 23 février, Vâ et 32 FB&FS,
1808.

devise Stail : ^0

» "S *<**> "'

*r"' «irai,»'"
Danti'i'*' „. iB3 domino

to*!M»1836,

5 MoDiie«ri
,0„dv«f'aM"'^

lll„de»i»1ï«ets»

monde.

LES FOULA

Depuis quelque temps, m
cent des foulnrds à bon ma:
espêrimenté ces marchandfa

lier avoir commis une erreui
ije pins Ua tapŒjn!« (te I*
42, Ra&surez-vtius, chères lee'
votre iDquiÉtude, que yous
souple, briliante, aux iiuaM
jnis du Indis, aveo ces prél
rayon de soleil pilit et que
toujours, Aussitôt l'achat opl
mesdames, da la première et
les deux étoffes : le vrai fçpl
livre dans notre maison favori
dis que les foulards français, i
La fapagiM du I,
rieuse parcii toutes les d
la vogue de ses charmants |
mandes de province .et de 1'
Échaatilloos, envoyés fm
mire ces pronostics, les lobt
rue de Grenelle-Saint-Germai

^WT" Cet justice, ta
^plBgaiauetp;
de^ dire encore uqafoiS(

«PPortaveclesautresm^

bieJa^eliedauslamdi

^dedîstradionvous^

Que jo eaw^iidou, fusilier âc
deu.\ieme.diL Bccond.

A .«nez bien établi, fntit

du cii '.iini

(jn iast soit pe"
Que du iteme.i-B. ' p.ua les armes-
Objekt
Titel: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré
Detail/Element: Les amours du fusilier Midou
Künstler/Urheber: Gédéon  i
Inv.Nr./Signatur: Truebner 2
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Frankreich  i
Uniform <Motiv>  i
Karikatur  i
Gefäß <Motiv>  i
Infanterist <Motiv>  i
Herz <Motiv>  i
Pfeil  i
Soldat <Motiv>  i
Mann <Motiv>  i
Satirische Zeitschrift  i
Schlagwort Liste: Second Empire
Beschreibung: Bildbeschriftung: "Pleurs"; "Larmes"; "Parfait amour"
Bildunterschrift:
"Que je suis Midou, fusilier de la deuxième du second"
"Assez bien établi, tant du devant"
"Que du derriere"
"Un tant soit peu fiscal (?)ous les armes"

Signatur: "Gédéon"
Herstellungsort: Paris  i
Bildnachweis: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré, 1.1868, Nr. 18, S.78_2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
Bild-ID HeidIcon: 149163
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