L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 1.1868

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L'ECLIPBB

PRIME Ofc' L'ÉCLIPSÉ

Toute personne qui enverra dlreetemeiftï «a
mandat on timbres-poste au directeur du journal, S>,
cité Bergère, à Paris, — le montant d'un abonne-
ment d'il» BM à l'Eclipsé, jouira des primes
ci-dessous énoncées, aux conditions suivantes :
1» PRIME
Quarante-cinq charges d'And. Silîî
L'Abonnement pour Paris avec cette prime. 7 fr.. »
Pour les Départements.......8 50

2- PRIME

Un charmant portefeuille or et couleur, fabriqué spécia-
lement pour l'Eclipsé par la maisoa Susse, placé de la
Bourse, et contenant dix ravissantes aquarelles par E. do
Beaumont,

L'Abonnement pour Paris, avec cette prime 6ff. »
Pour les Départements 7 »

AVIS

1'- Avoir soin do bien indiquer Mlle ces deux prime» qu'on
choisis ; , .

â° L'abonnement, avec les deux primt s, coûte, ponr Pans,
f fr., GO c, et pour les départements, & fr.

CHARLES DICKENS

Dickens ! voilà un nom que j'éoris4 comme j'écrirais le nom
adoré d'une exquise maltresse, avec un tremblement de joie dans
la main, le cœur battant délicieusement, l'âme enivrée, légère,
un horizon muni de rêves charmants devant les yeux.

Oh ! mon Dickens bien-aimé ! comme me semble douce, facile,
pleine de récompenses délicates la tâche qui m'incombe aujour-
d'hui de dire à l'intelligent public de YEclipse quelques mots
trop courts à propos du portrait qui honore la première page de
ce journal!

Parmi mes aînés, mes maîtres, ces pères,de mon âme, beau-
coup ont mes grondes, mes solides admirations, mes1 amitiés vio-
lentes, tenaces; mais, jamais écrivain ne fut vénéré par moi aussi
tilialement que vous, cher étranger!

Vous avez toutes mes tendresses.

îl n'y a pas deux manières d'aimer Dickens.

Ou l'aime passionnément, ou il inspire un ennui profond.

Dieu soit loué ! Le nombre des gens qui, après avoir parcouru
trente p^ges écrites par l'auteur de David Copperfield et des Contes
de Noël, ne peuvent aller plus loin'j et rejettent le livre au diable,
est restreint, très restreint.

11 faut se borner à les plaindre. S'ils savaient ce que les œuvres
de Dickens réveillent dans le cœur de bons sentiments endor-
mis, s'ils savaient combien on sort de cette lecture meilleur^
allégé, disposé à trouver, à chercher, le côté aimable et bon des
êtres et de la vie,.qu'ils se repentiraient, qu'ils regretteraient les
douces émotions méprisées !

Heureusement le groupe de ceux qui lisent, que dls-je, qui
vivent les romans de Dickens, se faisant le compagnon de ses
héros, souffrant, riant, aimant, espérant avec eux, est devenu
considérable en France, et s'acceroît tous les jours.

Il est si bon de voler une heure à l'existence aride, à la lutte*
aux soucis, et, au lieu de se plonger dans les peiotures navrantes
que font de la vie, avec un immense taleot, les autéurà français*
de*la consacrer, cette heure bôoie, aux admirables livres de Dic-
kens qui font croire, qui remontera, comme on dit, qui remettent
de la jeunesse à l'âme, du cœur au ventre, qui rappellent & la
fraternité !

Le poète a charge d'âmes. Dickens, poëte ingénieux, n'a paâ
failli a sa mission. Son immense, son sincère amour de l'huma-
nité souffrante, des misérables, éclate généreusement dans éùù
œuvre', d'un bout à l'autre.

Lisez BleaK-Hovse, lisez Nicolas Nickleby, lisez le Magasin d'anti-
quités, lisez la Petite Bornt, les Temps difficiles, et vous sentirez
une irrésistible pitié vous envahir, et vous comprendrez quelles
consolwtioDs divines ces livres, avidement attendus en Angleter-
re, apportent dans les cœurs désespérés, ulcérés, et combien il
doit être populaire et saintement aimé, l'auteur qui consacre son
talent à signaler aux classes riches, dédaigneuses, indifférentes,
les misères épouvantables qui, à dix pas des hôtels somptueux,
passent en haillons, et versent leurs larmes amères.

Que de bienfaits, nombreux et inconnus, ont fait naître les

exemples exquis qu'il donne, que de conversions ils ont opérées
dans des cœurs endurcis. Voir Dombéif éi fils, Martin Chuzzelvntt,
Barnabe Budge !

Et, mettant de côté ce noble aspect de soti talent* que dé lar-
mes bienfaisantes* soulageantes, il a fait vefëêr 1 QUe de firea
consolants il a arraches aux lèvfea les plus contristées !

L'humour anglais^ dans ce qu'il a de plue 0n* de plHs saisis-
sant, de plus inattendu, se montre conétammeht dans les virigt
et quelques romans dé Dickens, et l'observateur étonnant, pro-
fondément original, le peintre minUtieUxj êxàot* Vient S'y jjuitisFi
au loyal socialisée, à-l'husiourlste.

Je prends le ihot socialiste dans ëOtt fti@i|«88 flatiirëUë et
élevée. - *

L'teuvre de Éllckens est la gloire de l'Angleterre, une gloire
pure, solide, durable.

Certes, — mais l'espace BSI ïriaftqttë* — il nié SBr'ait doux ÛH
dire encore truelle vie puissante animé tolis Ses personnages de-
venus, pOUr la plupart, etëS types Célèbres ; je voudrais montrer"
aussi à quelle Sauteur 31 pose aux yeux des jedîieg Mlles l'a-
mant, l'ëpoUx idéal, et comme il sait, au lieu disposer les &!>
sèrés inhérentes aux Unions françaises, faîf'6 voir lëS délices du
foyer, les honnêtetés de la vie de famille, les charmes de la tâche
humaine, ses joies modestes, tranquilles.

Mais, à mon grand regret, je suis forcé de quitter ce rôle qui
m'est cher, et je vais terminer par quelques renseignements bio-
graphiques, renseigaements très-courts, incomplets.

En Angleterre on fouille fort peu dans la vie privée des
hommes publics. Ce n'est pas la mode.

D'ailleurs Dickens, ayant l'intention d'écrire sa biographie lui-
même', à l'usage de ceux qui ne devinent pas les débuts de cette
grande âme charmante, en lisant ses livres* les journalistes
anglais ne savent rien de plus que ce que nous savons nous-

C'est-à-dire que Charles Dickens est né à Portsmouth le 7 fé-
vrier 1812;

Que, dans diverses pensions, à Chatam et à Rochëster, il fit la
dure expérience de la vie d'enfant, loin de ses parents.

Puis, qu'il mena une existence fort aventureuse, mais fruc-
tueuse pour l'écrivain futur, en sortant de l'étude d'un avoué où
la volonté paternelle l'avait confiné pendant dix ans.

Dickens, comme Shakspeare, composa et j.oUa à cette époque
diverses pièces de théâtre ; il faisait partie par goût, et par suite
de circonstances exceptionnelles, d'une troupe nomade qu'il a dé-
crite avec tant de verve plus tard, dans Nicolas Nkkleby,

Plus tard, revenu à Londres, il se fait sténographe, par un
puissant effort de volonté, simplifie la sténographie existante, et
devient l'un des plus excellents reporter de la presse anglaise.

Ce fut au Thetrue Sun, puis au Miroir du parlement qu'il débita,
d'abord comme sténographe, puis, comme écrivain

Ses Scènes de la vie anglaise, merveilleusement exactes, au Mor-
ning Chronicle, et qu'il signait modestement Boz, furent remar-
quées vivement. Cruikshank les illustra. Elles ne sont pas tra-
duites en français.

Enfin parurent les Papiers posthumes du club des Tickioicfdens
(Monsieur Pickwick.)

Un rire général éclata. Le livre sut un succès colossal, Les
éditions se succédèrent avec rapidité.

A dater de ce moment, Charles Dickens, abandonnant la sténo-
graphie complètement, se mit tout entier au travail, La réputé
tion étant venue, la fortune ne fit plus la grimace, et le grand
romancier, marié depuis peu, fut à même de fournir sans entra-
ves au public les œuvres nouvelles impatiemment attendues de
lui.

Trente ans se sont écoulés. Dickens écrit toujours, intarissable,
et toujours le même, et l'enthousiasme ne s'est pas refroidi, On
l'aime plus que jamais.

Avec son gendre, Wilkie Collins, l'auteur de l'étonnant roman,
la Femme en blanc, il publie maintenant, dans un journal à lui,
— le Tour de Vannée, — tout ce qui sort de sa plUrdèi*.

Et Je plus gracieux cadeau qu'on puisse faire à Noël est encore
USte de ses nouvelles élégamment reliée,

LoUgue vie à Charles Dickens, tel est le Souhait le plus ardent
que je forme, en ce moment, et que je lui envoie du piua profond
de mon cœur.

ËRNËSÏ1 D'HERViLLT.

ECHOS DE LA VIE PRIVÉE

^àr le temps caniculaire qui court, les1 gens d'esprit s'ern-
presseot de quitter Paris ; les autres restéfli.

Si je fais ce préambule complêteruent inutile, c'est pouf vous
prévenir qu'il ne faut pas attendre gfand'shoSe de ceux qui de-

meurent présentement dans la capitale et font rt

la main. aes BouwjL

La grande affaire du moment, d'ailleurs, ce è
après l'esprit, mais de suivre les courses i
giiêr... tout en sablant le Champagne.

'y^ef>

« *

La petite Z... y était ; elle est méchante la petit* 7

Une de ses amies qui est engagée au même !■«
dans un théâtre de genre, avait un amant maBnififI «1.
Mêreii* et peu gênant ; une peïie. 'U8' riAl, gj!

Ëéias I rien ne dure : la brouille arriva. L'artist
qu'elle remplacerait l'infidèle; !*j»a

Il effet elle arrivait diihBBche aux courses d n
aVIS Un nouvel adorateur, plus riche, plus génère d*«

ifllefi mais d'une taille au=dessous de la moven/"' qM le P*-
deuf au-dessus. ' M et l'uni ||

- Cette pauvre Amande I s'écria la venimeuse Z
Blême des amants, rnaihtenaiit elle a le Petit Ut '"

le avaitla

Un avocat encore plus laid qu'éloquent plaidait i

s en séparation, pour la femme. ' 3 unP

mari n'était pas un Apollon non pi

Le mari n esa.11 pas un Apollon non pins. L'avo 11

d'une façon cruelle et dépasse la mesure dan, 1= l*

sonnelle. la ^"e*n,

réPugnanca

Est-ce étonnant, dit-il, que nous éprouvions de la
pour monsieur? Monsieur se néglige et monsieur n'est „
il est même laid ; il ne peut pas y avoir plus lai(i .„. tu bea».
jmnit le président vMs ''

— Maître un tel, interrompit
bliez !

1 wiêi une

Je croyais que c'en était fini avec les conférences-
nouvelle : '

Un ouvrier tailleur, progressiste, va faire une' lKlnr,
démontrer par A + B qu'il est inutile d'essayer les vêtsj f*

— Mais, lui objecta-t-on, est-ce que vous croyez ,ue i„ !',
très vont aussitôt partager votre manière de voir?

— Oh ! pas immédiatement; ce n'est qu'un ballon d'emi,

*'*

Un dramaturge avait apporté à un directeur une pièce '
actes, imitée de tous les drames où il y a des brigands "'

Le genre est si ancien, que notre homme ne S'était'pas si*
pour copier tout ce qui lui convenait, il prenait le bien d'aL
où il le trouvait.

Par malheur et par exception, ce directeur est une MHiothj.
que théâtrale vivante : il â tout vu, tout lu.

— Votre pièce est excellente, dit-il a l'auteur ; les caractères
les plus vrais sont ceux des brigands ; ces gens ont font „|j
même ce qu'ils disent.

***
C'était au dernier bal dès Tuilër'ies ; vers qualre heures dn
rrjàtin, il ne restait plus que les' dansëUfs intrépides, c'est-à-dire
les jeunes gens et les femmes.

— C'est singulier, dit Une dame très-haut placée, on ne se
croirait guère aux Tuileries en ce moment.

— Pourquoi, Madame?

— Regardez donc : voilà tous les vieux partis !

Georgks Sthknk.

LA BÊTISE HUMAINE

.,\ EQ y réfléchissant un tant soit peu, oa arrive presque à
douter' — naalgré l'affirmation des saintes Écritures — que If
Monde n'ait mis qUe Six mille ans à imaginer l'irrigateur, quaoJ
on voit les abUé lès plus stupides subsister pendant des siècles,
alot's mê'me ÎJii'ils SaUtébt aux yeux de tout le monde.

A Oëci pour arriver à dife — ce qui d'ailleurs a été dît cent
fois en vain —- que tous les ans on expose dès tableaux peadaoî
six semaines safis Vouloir1 se décider à plaéer sur chacun d'eas
Une étiquette qui éii îritlique le sujet.

./.. Où donhë* il est Vfaî, moyennant trente sous, aux visiteurs
— a qui i'Sfi éU demande déjà vingt en éntr'ant — une petite
brochure dâfis laquelle les œuvres d'art sont olassées par nu-
méros.

A la figuauts W oatâlogUB pourrait rêhdrô q!iélque3 service).
biéri que i*UBige êù soit des plus incommôdesj vu qu'il sera tou-
jours tfès embêtant de chercher pendant cinq minutes ce que
l'en pourrait savait tout de Suite, et d'être oblige d'acheter, de
ti-imbalei1 et de feuilleter pendant trdié hêiireâ un bouquin qu'un
sim;plé écriteau Indicatif supprimerait net.

-. , .,-.■■■■-->, .....,,■----.......,.....r- ■ -■■-.......-■ ■ __ !■■■

LES AMOUR8 I>U rUHIOKR »smOU (suite) par l&jtoÉÔSf

J'étais au rendez-vous à quatre
heures, je fus forcé de me
Î5 amponner i la grille du bon'
cher qoîind je ]a vis

S'avancer, belle et imposante,
comme le brenf gras.

J'connus Zénobic. L'été, le dimanche, nou*
allions danô les cbamp3,ôÙ9qûe j'expliquai*
à Zénobic le=i beauté* de la nature.

L'hiver, que nous allions i lu bastnngi
vu que Zénonic otaitfoliê de la danse.

Mais qu'elle avait de lajalousetél
Je lui jurai sana cesse que je
n'aimerais jamais qu'elle.

Et je lui e"ao
nsi la pi*"*

disiW""

■a.»*1, >«3tîS'
,>< >°<:

£&""-

pte,,J«*«-e,Bdla"'

1er igunanca onsta.

■ Je sais bien que l'on ne ti
d'isseî bonne Toi pour en convc

fc,sil>P'M"eP™"al"°

rier oiie sur mille visiteurs ays

«h riais MesiMratouo»
jl l, play, «5 au noies n'j'
seerWoui, la galerie «es rts
(tui francs l'heurt,
' Eh bien, là... franehime
,\ous avons en France la loi
itmal à ci; seulement, on p
qnecela servit à quelque choi

t\ Ces imperfections tienne
superficie] du public, pour qu
d'ai'eir ru que de pouvoir dire

', Un Parisien se croirait c
qu'il n'a point été au Salon ; n
science d'y entrer, de déjeune!

Il a été au Salon, c'est tout.

,', Si l'on vendait pour trois
cela se fait (en Abyssinie) po
qu'on m'a dit, il y a bien des
sauver le décorum,-

,', Mais, en somme, comme
au Salon que pour avoir l'octa
lemii qii désirent en tirer pi
supernudi.lsmiccorderl'aid,

.', le vote donc comme un'
'■aine les pointes étiqueta
'«"» ta pas le public à. d

S

veut dire :

■ WÈVBIB
/. En éœeitant !e vœu de c

«*™j'.lr«bie, '

» belle
Objekt
Titel: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré
Detail/Element: Les amours du fusilier Midou (suite) - par Gédéon
Künstler/Urheber: Gédéon  i
Inv.Nr./Signatur: Truebner 2
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Liebe <Motiv>  i
Tätowierung <Motiv>  i
Infanterist <Motiv>  i
Satirische Zeitschrift  i
Frankreich  i
Frau <Motiv>  i
Karikatur  i
Fleischer  i
Rendezvous <Motiv>  i
Tanz <Motiv>  i
Soldat <Motiv>  i
Mann <Motiv>  i
Uniform <Motiv>  i
Zenobia <Palmyra, Königin>  i
Fleischerei  i
Schlagwort Liste: Second Empire
Beschreibung: Bildbeschriftung: Zenobi pour la vie"
Bildunterschrift:
"J'étais au rendez-vous à quatre heures, je fus forcé de me (?)amponner à la grille du boucher quand je la vis"
"S'avancer, belle et imposante, comme le boeuf gras"
"J'connus Zénobie. L'été, le dimanche, nous allions dans les champs, ousque j'expliquais à Zénobie les beautés de la nature"
"L'hiver, que nous allions à la bastringue, vu que Zénobie était follé de la danse"
"Mais qu'elle avait de la jalouseté! Je lui jurai sans cesse que je n'aimerais jamais qu'elle,"
"Et je lui en donnai la pre(?)ve"

Signatur: "G"
Herstellungsort: Paris  i
Bildnachweis: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré, 1.1868, Nr. 21, S. 90_2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
Bild-ID HeidIcon: 149175
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