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L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 6.1873

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https://doi.org/10.11588/diglit.6773#0079
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A,

L'ECLIPSE

PRIME GRATUITE DE L'ÉCLIPSÉ

Avoir tout Paris dans sa poche et sous les yeux dans la per
sonne de ses Physionomies les plus curieuses et les plus origi-
nales et sous forme de charmants petits volumes-bijoux, illustres
par le crayon humouristique de Morin, de Benassis, de Vernier.
de Goock,' d'Humbert, etc , etc., etc., et dus à la plume de no!
plus spirituels et de nos plus fins observateurs :

Les Joueuses,

Les Artistes et Rapins,

Les Industriels du Macadam,

La Parisienne,

Les. Usuriers,

par Paul Perret, Louis Leroy, Adrien Paul, Élie Frébault, etc
etc., été:, — tel est le privilège qu'offre l'Éclipsé :

A quiconque prendra un abonnement d'un an,

Ou à quiconque, à dater de ce jour, renouvellera son abonne-
ment.

Sans autre déboursé que le prix d'envoi : un i ranc.

Nous recommandons tout particulièrement au public ces
esquisses fidèles et pittoresques des types les plus singuliers
qui émaillent la capitale. Ils se rapprochent , par le faire et le
genre des anciennes Physiologie: ei courues autrefois et si
recherchées aujourd'hui. C'est le Paris moderne, animé et
vivant.

-

AVIS îMiPOÎVrAïsrT. — Los souscrip-
teurs à l'Éclipsé dont l'abonnement ex-
pire le 3 1 mal, sont priés de le renou
vêler sans retard, s" 11 s ne veulent point
subir d'interruption dans la réception
du j otiraal.

Ll PROVINCE EST TERRIFIÉE

(Voir ks journaux constrvatat,>s du 28 avril)

Les conservateurs français feraient bien, dès à présent, de
choisir un nouveau pays, car, soit dit sans les offenser, ils sont
diablement Mit prophètes dans le leur.

Le 28'>Yïiï, à; l'aube naissante, ils prédisaient que l'élection
de M. Bfttoiat.f allait terrifier les départements. »

Ils agsurftieat encore que nommer ce monstre à face humaine
c'était Itîiir moyen de ramener à la monarchie les esprits hé-
sitants.

Kniin, ils nous anno-nçaient, pour le 12 mai, toute une four
néô de légitimistes envoyés à la Chambre par la province -
terrifié». \%.

Le 12 mai est venu, et c'est à quatre radicaux accentués que
les départements terrifiés donnent le mandat de demander la
dissolution rapide de la Chambre.

Dans la Charente-Inférieure, à l'heure où rous écrivons
joyeuseaïènt ce3 lignes, le candidat républicain a, à peu de
chose près, autant de voix que le nommé Bofflnton qui a joué
du gartN champêtre avec une habileté remarquable.

On sent qu'aux élections générales, un radical sera élu aussi
dans cette partie de la France.

0 conservateurs ! bien que vous ayez pas mal des qualités
du brigadier de Pandore, reconnaissez que vous n'avez pas
toujours raison.

Les départements ont une manière d'affirmer leur terrifie'
ment qui ce laisse pas d'être amusante — pour nous — mais
qui doit singulièrement contrister «les esprits bien pensant?.»

Onleurdit queBarodet, c'est le pillage; ils répondent, enrian t:
à pillage pillage et demi, et, au lieu de nommer un simple ca
tholique, amateur d'autodafés, ou un partisan du baise-main
royal, ou même un des derniers jardiniers du 3aule de Sainte-
Hélène, ils font monter en wagon — ligne de Versailles —
MM. Ranc, Guyot, Georges Perrin et Lesguillon.

On ne saurait être plus terrifié, en vérité.

Je me demande — ô conservateurs !— ce que la province, pour
vous obéir, enverra dans la salle du théâtre de Vers ùiïes,quand
elle sera rassurée.

La terrorisation de la province me fait l'effet du sentiment
qui remplirait l'âme d'un peuple de myopes auquel on aurait
défendu de faire une clientèle aux marchands de lunettes.

Les gens qui ont à cœur de conserver la myopie générale
s'écrient :

— N'achetez pas de lunettes I C'est à tort que les Parisiens en
achètent. Si vous achetez des lunettes, vous êtes perdus ! Une
lunette de plus, et ce sera la fin du monde !

Or, le peuple, ayant entendu ce beau discours, se dit avec
enthousiasme :

—^Achetons des lunettes ! Ce sera, peut-être, la fin du monde
des... conservateurs qui regrettent qu'au lieu d'être simplement
myope?, nous ne soyons pas aveugles. Tant mieux.

Jamais les conseilleurs — qui sont rarement les payeurs —
n'auront été si peu écoutés. Ils prêchent dans le Sahara.

La désobéissance aux avertissements des feuilles du monde
mitre, couronné, sceptré, pensionné, titré, est générale, abso-
lue.

Les monarchicotins sont comme les naufragés du radeau de
la Méduse. Ils n'ont plus de peuple à manger. Il faut qu'ils se
dévorent entre eux. Ils ont déjà commencé à le faire. Deo
gratias!

Bons conservateurs, est-ce que l'élan universel de la province
— terrifiée — ne vous dit pas que tout est fini pour vous ? La
République mOnte, comme la marée, irrésistible, et puisque
vous êtes assez... conservateurs pour vouloir lui opposer des
digues en brins de paille, au lieu de creuser de larges ports où
elle puisse s'étendre avec calme et majesté, tant pis pour vous.

Il faut vous résigner à entendre sonner dans l'histoire l'heure
de la libération définitive d'un peuple.

La France, en rupture de roi, ne veut pas être ramenée au
bas ne monarchique.

Jacques Bonhomme ne veut plus de l'habit usé et rapiécé
su' porte depuis douze cents ans, et auouel, ô majorité de

Versailles, tu ajoutes des morceaux de couleurs si diverses
qu'il est devenu comme la défroque d'Arlequin.

Jacques Bonhomme jette loin de lui la grotesque souquenille
multicolore. Ce qu'il lui faut, c'est un costume sans faste, sans
galons, sans pompons, mais propre et surtout neuf.

Ce vêtement, c'est seulement sous la République qu'il l'en-
dossera. Il en fourniaa les éléments, la laine, le lin et le chan-
vre, la couleur, etc. Mais personne ne viendra lui prendre me-
sure. Nul ne lui imposera telle ou telle mode.

Jacques Bonhomme ne tient pas à plaire à la cour. Mais il
tient à être chaudement et commodément vêtu, et vêtu à sa
façon.

C'est pourquoi la province •— terrifiée -— envoie des républi-
cains à la Chambre chaque fois que celle-ci se démeuble de
ses membres monarchiques.

ERNEST D'HERVILLY.

LES TUBIS-POSTE

Les siècles futurs baptiseront probablement notre époque :
l'ère de la iuyaumanie.
Et nous ne l'aurons pas volé.

Nous sommes atteints, depuis longtemps déjà, d'une espèce
de fièvre dont la Faculté de médecine ne s'est point encore
occupée, et que nous appellerons tout bonnement, en atten-
dant le mot latin : fièvre du tube.

■•^IfËSÊËSSi*' v','S'.<-N'
* *

Ce que nous posons de tuyaux, gros et petits, eous nos trot-
toirs et notre macadam, est incalculable.
Les égouts : tuyaux.
Les eaux de la Seine : tuyaux.
Les eaux de la Dhuys : tuyaux.
Les conduites à gaz : tuyaux.

Le système de drainage des arbres du boulevard : tuyaux.

Nous mettons littéralement à jour ce pauvre sol sur lequel
s'accomplissent tant de choses plus ou moins "bêtes, sans
compier les pièces gommeuses d'Albert Millaud.

Encore un peu, et le dessous de nos villes sera plus machiné
que ceux du théâtre du Château-d'Éeau.

Eh bien ! ce n'est pas tout. H i ^j'i

Voici qu'un ingénieur nous menace,;pbur augmenter cet
écheveau de tuyaux, d'un nouveau tube, dit :

tube-P04TB

Figurez-vous de longues sarbacanes souterraines dont une
extrémité est dans l'administration des postes et l'autre àans
chacune des rues de Paris. ^

Des lettres arrivent, je suppose, rue Jean-Jacques~Rouss«aù,
à l'adresse de plusieurs habitants de la rue Château-Landon.

Un employé des postes en fait un paquet et le place à l'em-
bouchure du tube qui conduit à cette rue.

Au même instant, prévenu par un signal, le facteur de ser-
vice rue Château-Landon aspire fortement à l'autre extrémité
de la sarbacane.

Et le paquet de cartes-poste lui arrive rapidement dans la
bouche... en lui cassant trois dents.

Il recrache le tout sur wn plateau, reprend ses trois dents,
les met dans sa poche et fuit le tri des lettres.

Cinq minutes après, les missives sont distribuées.

nota benè. — Nos lecteurs ont compris que cet appareil
fonctionne par le vide.

Et nous sommes bien certains qu'ils n'ont pas perdu une
minute pour se fiire cette réflexion que l'on pourrait la faire
fonctionner avec succès en y adaptant des articles 4e Francis
Magnard.

* * \. • ' iv "•:

Cette nouvelle invention est superbe! Seulement.... si le

malheur veut que le facteur qui reçoit les lettres aspire trop
fort, perde son sang-froid et avale le paquet, la distribution
est exposée à un retard de vingt-quatre ou trente-six heures,
selon le tempérament.

Si ce système est adopté, comme il en est fort question, quel
progrès dans la transmission des cartes-poste !...

D'abord, il est certain que l'on étendra l'application du pro-
cédé a chaque maison, puis à chaque étage, puis à chaque
appartement.

Et chacun pourra avoir chez soi, comme pour le gaz, par un
embranchement du tube-poste, une communication directe
avec l'administration centrale de la rue Jean-Jacques Rousseau.

**»

Si bien que l'hiver, au moyen d'un immense calorifère établi
dans le dit hôtel, on pourra chauffer tous les logements de
Paris en utilisant les tuyaux particuliers du tube-poste comme
bouches de chaleur.



Rien ne s'opposera ensuite à ce que l'on étende le tube-
poste au factage des paquets.
Ainsi, par exemple :

Étant donné M. Trouspinel, bourgeois à son aise, dont l'appar-
tement est muni d'un embranchement du tube-poste,

A cinq heures vingt minutes, il entend ]a sonnette du tube
qui lui annonce une missive.

Il court... aspire...

C'est une lettre de son ami Bomb°net-

« Cher Trouspinel,

« A six heures, je serai chez toi pour dîner; je t'envoie en
« même temps que la présenté un superbe melon que tu rece-
« vras par le tube-poste.

« Mets-le à la cave.

« A toit
« Bombonet. »

A six heures vingt-deux, Drelin... Drelinl...
C'est le melon.

Trouspinel se précipite à l'orifice et, dans sa joie, aspire
d'une façon à en faire arriver l'arc de triomphe, s'il était dans
dans le tuyau.

Le cantaloup de Bombonet, qui n'est pas du poids de ce mo-
nument, arrive avec une telle violence qn'il emporte, en pas-
sant, la tête de Trouspinel et s'en va rouler avec elle sous le
lit.

Madame Trouspinel arrive.
Tableau !...

Effarée, elle veut recoller la tête de son époux, se trompe,
met le melon sur les épaules de M. Trouspinel et la tête à
rafraîchir dans un seau d'eau.

* *

L'opération a été si vivement faite que le melon reprend
très-bien.
Personne ne s'en aperçoit.

Il n'y a qu'au moment de couper la tête de M. Trouspinel
en tranches, après le potage, que le drame se révèle dans toute
son horreur.

Mais il est trop tard !

On compterait par milliers les applications que l'on pourra
faire du tube-poste.

D'abord pour humer les huitres sans les faire venir en bour-
riches, dtt'port âe mer, ce sera très-commode. Ce n'est qu'une
question de longueur de tuyaux.

(7,1 k..- » »

Ensuite, cela pourra servir à moucher de loin les invalides
qui n'ont pas de bras. (Détails laissés à l'imagination des êcono -
misies.)

Et l'on ne s'en tiendra pas là, croyez-le bien.
Plus ta*d, nous aurons les tubes à bouillon gras qui iront
tremper la soupe à domicile.

f^gi dans un autre ordre d'idées :

Le tube-irrigateur-national-et-démocratique.

D'innombrables réseaux aboutissant à un immense réservoir
placé sur le haut du Mont-Valérien, et contenant quinze-cent
mille litres d'eau de son, fonctionnera nuit et jour,

Et seront toujours prêts à porUr dans les ménages moraux
et paisibles ces bienfaisants coups de piston qui rendent à
l'homme le teint frais,., et le caractère égal.

Tout par le tube!... Voilà le eri de l'époque.
Dans dix ans, le d«eous de 1» France sera criblé de tubes.
Et l'on composera des claviers de tuyaux dont l'emploi néces-
sitera une étude spéciale comme pour celui du piano.

Car il sera urgent que les citoyens apprennent, en même
temps que leurs droits et leurs devoirs civiques, à ne pas con-
fondre le tube à bouillon avec le tube... rafraîchissant.

1 '■ I ' ! ; if?: •' ■ *

1 *

Quand on aura épuisé là série, on posera de gros tuyaux qui
iront de Paris à Marseille, et l'on voyagera en tube.
Amen!...

LÉON BIENVENU.

PENSÉES D'Ufl LUNATIQUE

Un miracle, ce n'est pas celui des Batigaolles, e'est<»lui de

Labre :

Labre ne se lavait jamais, et il est mort eu odeur d$ sain-
teté! 1

Les vrais martyrs de la Li%«rie ««ni le§ «jaiiieureu-x qui

lisent le journal de Gte»rdia,

Le mal du Pays, — «'■est d'avoir eu CassagnaC.

De tous les gens salariés par l'Etat ce sont les savants de
l'observatoire qui ont le moins de loisirs. Leur mission étant
d'examiner les astres, ils ont naturellement du travail par dessus
la tête.

Olèagintux signifie : qui donne de l'huile.

L'épicier n'est pas oléagineux ; car depuis les nouveaux im-
pôts, loin de donner son huile, il la vend au contraire extrê-
mement cher.
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