L égyptologie: journal mensuel — 4.1877

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L'ÉGYPTOLOGIE.

Les Shasou ou Bédouins nomades , et les hommes du Nord, désignation habituelle des Grecs ;

Et d'une autre part: Les Sati (dont le nom désigne aussi les Asiatiques et quelquefois les
Perses), les Fenkhou (ou peut-être lesFakherou) \ race que les Égyptiens méprisaient et employaient
aux travaux les plus vils. Ils paraissent avoir eu quelques rapports avec les Rotennou, maîtres de
la Syrie au temps de la XVIe dynastie. Puis viennent les Herou-Sha, autre population qu'on
rencontre pour la première fois établie au nord de l'Égypte, dans une région accessible par mer.
Sati, Fenkhou et Herou-Sha représentent, selon toute vraisemblance, des races qui ont précédé les
Sémites sur le territoire de la Palestine et de la Syrie2.

L'inscription d'Una3 nous apprend que Papi mena à fin cinq expéditions contre les Herou-Sha
révoltés. Il s'agissait dès-lors d'une longue guerre , pendant laquelle le sort des armes a pu amener
ce peuple jusque sur le territoire égyptien. Il ne nous est resté aucune autre trace historique de
cette première invasion, ni de celle des Fenkhou. Mais nous connaissons celles des Pasteurs, des
Perses et des Grecs, qui sont certainement rappelées dans l'intention des deux inscriptions que
nous venons de traduire. Ces textes ne semblent faire aucune allusion aux conquêtes des Éthiopiens.
Le groupe qui désigne ordinairement les Grecs est un peu abrégé dans ce document important, et l'on
peut croire que le rédacteur égyptien avait ses motifs pour cette modification orthographique, qui
force à lire les hommes du Nord, les Septentrionaux. Peut-être a-t-il voulu comprendre sous cette
dénomination générale les Grecs et les Romains, et même les peuples des îles et des côtes euro-
péennes de la Méditerranée. Peut-être aussi a-t-il jugé prudent de rester dans le vague par rapport
aux maîtres de l'Egypte. Les prêtres égyptiens se montrèrent assez communicatifs pour Hérodote ;
mais cet historien avait mérité leur confiance par la prudence et la discrétion dont il nous a
laissé des preuves dans la narration de ses voyages. Les prêtres ne lui avaient pas montré les
souterrains mystérieux que les envahisseurs de l'Égypte n'ont pas su découvrir.

Nous arrêtons ici ce court compte-rendu des notions intéressantes qui abondent dans les planches
de M. Dùmichen et qui en recommandent l'étude. Mais nous ferons observer que les renseigne-
ments que nous y puisons ne doivent absolument rien aux sources classiques, bien qu'il s'agisse
d'un monument de l'âge des Augustes. Ils nous donnent, et c'est le point que nous tenions à
mettre en évidence, la mesure de la transformation que, grâce à la lecture des hiéroglyphes , nous
avons à faire subir à l'histoire ancienne de l'Égypte, telle qu'on l'enseigne encore aujourd'hui ;
ils nous permettent par conséquent d'apprécier l'étendue des erreurs qui vicient inévitablement
l'histoire des nations qui ne nous ont pas laissé de souvenirs écrits et de celles dont les écritures
n'ont pas encore trouvé leur Champollion.

1 Le groupe est incomplet.

2 La stèle du Louvre sur laquelle M. Maspero a
publié une intéressante notice dans le volume des
comptes - rendus du Congrès des Orientalistes de
France (session de Paris, 1873), cite les Herou-Sha
avec les Mentou ou Pasteurs et les Petii ou Arcs.

NOTA-BENE.

Cette stèle est de la XIIe dynastie. On y lit une ins-
cription très curieuse, dont quelques passages sont
très difficiles à comprendre.

3 De Rougé : Monuments des six premières dynas-
ties , p. 125. — Chabas : Recherches sur l'Antiquité,
p. 114.

Le Propriétaire-Gérant,
CHABAS

— Les prochains Numéros paraîtront en Août.

Chaloii-s-Saône, im| rimorie j. ! ejussieu.
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