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3". Année. — N- 308.

Timge : 135,000 Exemplaires.

Charleville, le 5 Décembre 1916.

Gazette

JOURNAL DES PAYS OCCUPÉS PARAISSANT QUATRB FOIS PAR SEMAINE
Ou s'abonne dans tous les bureaux d« poste

IAE hTERÏIEU DL' CHA.VCELIER

L*> Chancelier de l'Empire sllemand Tient d'accor-
der à un journaliste américain, M. William Bayard
Halét, représentant du « A'eu. York Amcrikan - et de
l « International Afcitti Service » un entretien, au
•ours duquel M. von Belhmann-Hollweg a éU amené
* pneuer, entra autre, son point de vue vis-a-vu du
(rend nrnblètne de la pan.

L Iforum* d'Etat allemand a commence par rap-

rmr la passage de ton discours du 0 novembre, où
disait : «

■ Lorsque, é la fin de ta guerre et aprèt, tes
Urriblet de vacation*, tes pertes malériellet et
numatnes apparaîtront au monde dans toute leur
horreur, alort l'humanité entière appellera de tous set
meux les arcords pacifiques et let entenlet qui, dans
le mesure des facultés humaines, éviteront le retour
de catastrophes aussi épouvantables.

» Cet appel sera si fort et si justifié qu'il aboutira
toncément à un résultat. L'Allemagne examinera
totalement tout effort pour trouver une solution
pratique et collaborera à ta réalisation possible ; et
etla d'autant plus que la guerre, ainsi que nout
rattendons avec confiance, aura créé une situation

EoUtîque assurant le libre développement de toutes
s nations, grandet et pctilet.

■ L'Allemagne a été prête de tout temps A se
toindre à une ligue des peuples et mime à te placer A
ta léte d'une telle ligue, detlinie à maîtriser les perlu-
bateurt ds la paix, m

\1 von Brlhmunn-HoUweg cita ensuit* une phrase
d'un discours de M. Àsquitb et un passage emprunté
s une allocution du président Wilson, pour établir
eju'en principe le* homme» d'Etat semblent réclamer
luus, dans leurs profe*sione de foi, une pair durable,
assurant le» intérêts communs des nations civilisées et
le droit d existence de tous les peuples, dea faibles
comme des forts.

Alors-pourquoi ne parvient-on pas à s entendre T
Le Chancelier n'a pas "^lus posé cette question qu'il
»'y a repondu. Hais la réponse se dégage de 1 en-
semble de «es déclarations : C'est que les ennemis de
rXnètaagnè s'obstinent à lui refuser sa place en Eu-
rope et prétendent toujours encore lui utxpoter leur
psix a eux une paix désastreuse, humiliante, une paix
qui serait l'anéantissement de l'avenir allemand.

Avant uup toi* encart*, affiprrté-ejue l'Allemagne
est |n+ie à collaborer franchement à l'cruvre de la
frais du monde, M. vqq Btthrnann-rlollweg, parlant
de la mobilisation civile qui se prépara en Allemagne,
termina en cesiermee :

« Le peuple allemand est fermement décidé tt
mener celle guerre jusqu'au bout ; c'est forts de cette
décision rjne rmus appelons a l'oeuvre tuutes les éner-
gies d'un peuple uni. Mais celle- ferme volonté, d'une
*> vaste envergure et d'un résultat assuré, ne dément
an aucune façon mes paroles du fi novembre et ne
reine nullement le point de vue que j'ai exposé depuis
plus d'un an, au nom du peuple allemand. Nous nous
sommes maintes fois déclarés prêt* i entrer en pour-
parlers pour la paix. Mais nous n'avons jamais trouve
d'étho. Certains onl mfme cru pouvoir interpréter
tjoe déclarations comme des aveux de faiblesse et de
crainte 1

«Les événements des douze derniers mois démon-
trent clairement que nos paroles d'il y a un an
n Étaient inspirées ni pur la crainte ni par la faiblesse S
Et let événements de l'année qui vient démontreront
de mime que, si nous déclarons aujourd'hui être
prêts à mettre fin au conflit, nous écoutons non pas
ta voix de notre crainte, muit celle de la conscienc*-
•jurnaine t

« Je n'éprouve aucune appréhension quant 4 l'issue

de la guerre, quelle que puis-e en être encore la durée;
mais je suis pénétré du sentiment de In sainteté de la
vie, qui nous fui donnée par la divine Providence et

Îu'il nous est interdit de sacrifier d'un cœur léger A
es discordes humaines, auxquelles un effort commun
pourrait mettre fin.

« Mais si nos ennemis s'nb«linent i poursuivra
leur guerre sans espoir, nous ne pouvons que conti-
nuer a leur faire paver cher leur aveuglement L'Ame
allemande esl décidée k ne pas *e laisser écraser.
Contre ta puissance de nos lignes étendues, tes vagues
d'assaut viennent te briser'en vain. Aucun point de
notre front ne nous inspire la moindre inquiétude.
Demain nous mettrons en œuvre une mesure défen-
sive d'une grandeur imposante. Le peuple allemand
continuera ainsi la tulle autant qu'il faudra pour as-
surer son destin national ; mai* nous avons toujours
eu et nous avons encore le désir de reprendre le plus
tôt possible notre travail de naix. »

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

Grand Quartier général, 3 décembre 1018.
Théâtre de la guerre à l'Ouest.
Dsns let régions de U Somme et do ta Meuse l'activité de
l'artillerie s'est accru* i certaines heurts de la journée et
l'est maintenue, par endroit», jusque dans la nuit plus forts
que d'ordinaire.

Théâtre de la guerre à l'Est.
Front du feldmarèchal t rince LéopSld de Bavière.

A part un feu plua vif a la fvarajovkn et au Sud du
Dajeslr, pa« d'événements essentiels.

Front du colonel-généruL archtduo Joseph.

Hier, cinquième jour de l'offensive rus^o-roumaine dans
les Carpathet, las assauts furent dirigés particulièrement-
contre le* ligne* allemande* dans les Cai pallies Loués. Les
Russe* répétèrent leurs vains assauts. Au Gulin Tournai?*;,
au Stnolrec, avec uno violence particulière i l'Ouest de la
Baba Ludova ol a mainte* reprise* * la hauteur Croies la.
Noir* fou tit de larges bouées dans les niasse* assaillunti'i.
[le* détschsmcnts d* chais* allemands, lancés k la pour-
•uite dt l'ennemi refluant ramenèrent à la Rabi Ludova
i officiers et ioo hommes prisonniers. A IT.sl de Kirlibabs,
ds part et d'autre des vallées du Irototul et de l'Ojtei d«
fortes attaque* échouèrent. Ici, plusieurs centaines d*
pmcnmers ont été faits.

Group* d'années du jeldmaréchal von Mackenscn.

Sur l'Argesnl la tialsill* continue ; elle t'est développée
jusqu'Ici selon les intentions de noir* aornmiiidemaul.
Du troupe* allemandes et tuilro-liongrotia* venant ds
Campoluiif *t dt Pi Us H ont gagné du terrain en conibit-
tant. Dans la vallée d* l'Argetnf » bataillon* d'à-i iM régi-
ment d'iofenteri* d* réssrve d* Prnas* occidentale pous-
sèrent, an commun avec de l'artillerie commandé* par la
commandant blotti von Richler, du 54"* régiment d'ar-
tillerie de campagne d* la Neumark, jusqu'à Gaosti et
anlevèrent Ici 0 obusiera k l'ennemi. L'Argr*ut e»l franchi
plus en aval. Un group* d'attaque roumain, qui aval!
poussé, an Sud-Ouest de Bucarsti, au delà d* l'Argeaul et
du rteajlovu, a été débordé et rejeté avec perte* sanglantes
vers I* Nord-Est, au delà du secteur du Nesjlovu. Sur
l'extrême alla droits, su Danube, dt* attaque* ruts** furent
repoiméee, 1* i" décembre, *v*c fort** perte* L* a dé-
cembre le fituaLioo n'a pas changé Ici. Le butin fait dans
Le* eoenbat* da la Journée d'hier per t* )" ermée et l'armée
du Danube s'élève à 1860 prisonniers, ifi canons, plusieurs
automobiles et un grand nombre d'autres véhicula*. A
l'ail* occidentale du front da I* Dobroudja des régimante
bulgare* repoussèrent, par leur feu et en partie par poussée,
de fortes attaques Jusqu'au delk de leur» propre* lignes.
Plus k l'Est dea détachements turcs «t bulgare* avancèrent
sootrs le* positions russe*, établirent, en faisant des
prisonniers appartenant k 3 divisions russes, le répartition
d** fore** ennemie*, et s'emparèrent de deux automobiles
blindée* montée* par de* Auglais.

Frunt do Mactdotne.
Apr&t un feu roulant l'adversaire attaqua la hauteur
1*48, ooeuprte par le* Bulgares, au Nord-Uuest de Monastir,
M subit un tan gin ni échec, t a hautSlU* reata solidement
entra l*s moins des défenseurs, d* inlmt) qu« la monlagna
aux ruinée près de Cimnnie, qui fut également attaquée.

Grand Quartier général, t décembre 1BI0.
Théâtre de la |SSm à l'Est.
Armée du feldmuréchal duo Aiirecht dV ll'urtemoer/.

Dans l'arc d \ près el de Wjtsciinele de* paUouillee an-
glais m avancèrent, à la suite de coups de minas, contre nos
positions. Quelqurs-uncs réoMireut k pénétrer dans notre
tiuncliee la plus maricee. !.. - furenl mattriséet «n corps k
coii's ou repousséee.

Des filtres années pas d evérn rncnls essentiels k signaler.

'théâtre de la guerre à Vh»t.
Front du fctduiurechal l'nnte Lèupold dé Bavière.

Au Nord du lac du Drjswjatj due loues nrssua avancè-
rent contie uos lignes après un* furie préparation d artll-
lerje. Llles furent k-poussces avec forter pelle*. Ds méina
uno poussée de déla^ iieuienls d'écltireurs' cnucuus échouè-
rent k la liysli7.\ea Solotvinska. D*t opeiatiuiit «utrapris**
par nout i IThJSM de Tarnopol el au bud d« Slanialau su-
rent du succès.

front du culo Hti-général archiduc Joseph,

Dans les liiupuUics boives i ■ .1 ■ \ o russu a laibli hn-r.
A quelques points tetllemertl ils latseuiblèrcut entor* leurs
forces pour des puutsees sans force el ftcilenicxit rejatea*.
Lu feu d artillerie reulorce tenible devoir couvrir cet affai-
blissement d* 1* force offensive.

Au front Esl de Transylvanie la pression russe resta en-
core plut forte Dans la vallée du liolusul l'ennemi reuaiit
k faire de pelitt piogrés. Dee trbupea allemand** *t austro-
liongruitea lui enleveient, plus au 5nd, une potition d*
huuleur perdus dernièrement.

Groupe d armées du felamaréchal von Mackenien.

Le 8 dfceniore smeus la déeis>fuii do li bataille de l'Ar-
gesui. bile est gsgute.

ijes operetiuu» ae l'arme* du général von Falken-
u.._.l qui filIIIIBlftiWItrsnt mi-novcuiotis pur la victoirti de
'lurgu-Jiu, t3l aea lacOM Hlieuia^ioes, Lulgaio* tur-
qui uiu pris piud tur la rive isorU uu Diuiutie out

ttw courouiittet U* tuco«-e. .;, *.....b ùu iJtuiub* cumniauk-

dee pur 1* (feutrai U infanterie iiusui, veuant de
bMstov, 1* groupa d uruieo Uu lieu tenant-gène rai
KuLiiafc avançant par ta * uiaclue oeciu.«uLs>l* «u pas-
B»ui par Lraiova, le groupe du l^utouant-geiierij
:U von ,.•.].,■..,, sorti de» iuout«guet «pies us

rudes cuuibats en loug^ant - -rgt'ml, et les troupes al-
lcmandca et austro<Lungroi*e^ uu gi-uer&l ron Murgen
sur^iGnent du cote de Luiupumug ont acheva leur jouo-
- tiou citU* le n i.. .'.<■ et la ui'inLugue. L'aile gauche
enieva kviei larguvisie.

Let Iruupr* du lieiileoaot-geueral brafft v*n DeJmsn<
t alngen venant ds Plt**tl coiitiuutreul leur marche sicto-
i rieaae, battirent coniplateinenl i* prunier* armée roumain*
* et *u repoussèrent le* reste* su de.a d« lit u (fettlnt de bifur*
c*Uufl dt* ligues de Bucarest et ( aiiipuiiiiig a r*it*«tl) dans
ls« bras d* U vaillante il"* dhislun dTufaiiterl* i ouuuandé*
par It Useltueirt finirai Sscluniilt vou hnubelsdurf.

Sur la riTs gauch* da > ' : i. ni, nu jNord-Uueet et
à l'Ohtest de liucarest 1* combat continue, à progresser
avec succès. Au Sud-Ouest d* la forteresse- 1s Huuinsua
qui, d'eprèe des ormes du jour tombes entre nos nituns,
avait 1 intention d* battr* seperement ['sûmes du <>u.-
aub* tandis qu* son ails Nord — la première armé* —
raaictajL, a ét« r*;ei« au dsla du Nsajlnvu su 1 ArgesuJ.

Au Sud de BuLareat de forte* attaqu** rusao-rouinaina*
durent étr* repouiséea. Ici egateincut i ennemi subit une
(rav*. défait*.

Notr* cavalerie *t uo* aviateurs réussirant k interrompre
à plusieurs endroits les voies firréee k I arrière de l'arméa
roumain t.

La conduit* de nos troupes fut ati-ilemim de t«nte louse-

£s. Lee mari lit* qu'elles; durent faire ont èU formidables,
i riches** ds pava et les rharlota remplis d* vivre* qui
furent enlevé* facilitèrent le ravitaillement d*e tmupea.
L'arme* roumain* a subi Iss plut grHta* pertee sanirlantes.
Aux milllera.de prisonniers de* Journées prciédentt.-* sont
veuus s'ajouter Lier tncore plus de H.1)00 houirut*. Le huUn
en lait d* uiateritt de compugiie tt de guerre ue peat encore
être évalaé. L'armée da Danube a pris rauoni, près ds

TUu 11 UcamoUvss et beauooup d* matériel roulant tombè-
rent entre uoa mains.

If> opérstions continuant méthodiquement, de nouveaux
eombat* sont k prévoir.

Dans i* Dobroudja pat d'action militaire important*.
Front dt Macédotnt.

La pert* d'un* hauteur sur I* riv* Esl de La Cerna enle-
vée hi*r par le* Serb** k ls suit* d* laquelle noua avons
modifié sur ce point une partie de noirs potilion retts taua
influence sur le* coups qui cherchent la décision ou Rou-
Bnetrie-

BULLETINS OFFICIELS FRANÇAIS

Paris, 28 oovembrt IBIS, *oir.
Activité moy.r.nc da rtrullcne dans la région de la Sorume «t
Aao* la aaaieur dt Douaumont. Calice sur t* rrstr du tronl.

Pans, 2D novembre tttlft. 2 heures.
Attu grande activité des deux artilleries tu Sud de la Suuun*
et dans lea Secteurs d* Biaches et da Prsstoir*. Sur U reafé dii
kroal. r'«n t signalar.

Pana, 3V7 novemhro 1616, soir.
Une euaque allomandt sur uo de uns pi-lits postes Un la Fille
UorU S Si* repousses S La grenade eanonnada lith rnuttatiM tur
U reste du (runl plus active dans le secteur de l...... m . >

BULLETINS OFFICIELS ANSLAI8

[front occidental.)

Londres, 28 uovembre 1D1B. 10 h. aou*.

L'artillerie allemande a violenimnrtl bonilixidf » ■ . <• h :i
aotra troui de part el d autra de l'Ancre. Noua tvooa ', • "
•utsiUI tvec tftictcilS. L i s cgulemnii bODibaré* nus

bfiitt tu Sud de &uuchei et sea montera de Irauchaés ont
aiuntrt da Isctivilé au Sud dArmenlierea S"ir* Sltifterie S
bombarda le tcctuur de It bastee. Hier, tsvtatfUB u BSJSbuU avec
buci.*b beaucoup de r"cuiiiitistanc«t tt dt trnvuii bu luUtoo avta
l'artillerie, tilt a jelS dea bouibet tur un cerittn uombio da "
poinit d unportanct n>ililaire «t provo<|iié dant un cas uns EottS
exploton. Au court dt combsta atnena, ou appui'il s lient toi
S Sttruit, uu autre contraint d tllerrir avec dut SVSftea Deux
de* uûlr*t aa toul pat renlret.

Londres, 28 novembre 1916. 10 h. matin el H h tour.

Ritn i ainalsc en dehort du boausardernsoj saosarf mter-
mlltciit diiu la région dt Gurudecourl et au binJ d^rrst, el d nue
grande actiwlS d* raoriicrs du trancliees dsns les secteurs d*^-
Fsuijuiattrt «t de Neuve-Chapelle.

Un coup de msin Uni* ce mttio par let Alli-oiands au Sud de
Keu.'chétel et tuas attaqua t la grenade prnnoncSt pai eux a I i.sl
de tarancy oui t:e egtleniem rtpoustet H-m r*MÏs sxèe —
arec tucces t l'ttl d'Ypret uous oui valu vingt et uo pris
L'artillerie ennenut a monir* aujourdtiui do l'acuvilt vert ij-ude-
coitI et dt ptrl et d autre sur I Ancra Noua avoue bomh r«fl
Lm lignes tllerutndes du boit Bies et au S ■ i i . d'Armenli*

VICTOIRE j.H JOOMÀlilB

la grande bataille ertgsgée sur t'ArgsaSt, su Nori-Oal^
•It Kiicareat, s'est terminée par la victoire de l'année i
féni'rsl veo Falkenhajn,

T*U* est la grande nouvelle qn aunonce uu i.uiu-
munique spécial du 'à décembre. î'our eommeotei ! l
tiemeut, stleudons plua amples det&ild.

Daas la presse français* du 28 «t 29 novembre, UOBl
voyons erultrs linquietude. Citons le Lteutenati
nel Housse t, 1* mémo qui, ls 26 novembre eueure, e;n-
vtvit que MackanseB ue franchirait pas le, Danube.
Dans 1« « ttUt tarwtn t du novembre, es antique
m i lit air* écrit :

a M faut avoir 1* courage de l'avouer : la situation de la
Roumanie entre dam une phase critique, et le moment ap- -
proche où une intervention extérieure deviemlrs iiidispetti
sable, k moins qu'on ne se tirnne pour satistail d'être einvé
trop tard. J* n'ai pat l'Iiabilude de grosair lis évéhei eilte,
ni de jeter tur eux de* regards assombris. Mms j'estime que
toutes le* illusions sont dangereuses et que mieux ta .1 ta <â
face au danger, quand il existe, que d'iniaginoi dei c'.i-
snéres pour ss donner le droit ds l'ignorer.

a L'avance de* Austro-Allemands so poursuit en Valaclite
avec une rapidité inquiétants.... u

Dans le e Bonnet Rouge t\ le général N... s'ex-
prima ainsi :

Fa>UILL£IUN DS La .GAinTÏ* DtS AI1DKNNB9» M

LE uE-Ml « LE YEHGEDR »

Par Pierre afaVet

s Je ne me rendt pas encore, — reprit-il, — et >e vwu»
iooaei-ai tout k l'heure le* rtuon» de mon doute. Voyons,
Wiont, calculons ensemble, s'il «>ui platt. QuslU heure
•sait-d «xaclemeiit aa moment où vous ares torpillé le
tsvana|*frl t

Jeumoot hé*iU. Il ne se rappelait point exactement as
SMueut Mait ta mémoire de Durée était plut précl**.

■ U était midi moins deux minute*, amiral, s — répotv
iH il avec arec une enlièrc certitude de ne point s* tromper.

L* vltag* du vieux marin t'éclaircit ; une flamme é* Joi«
aajonne qui réthaufTe tous lea cœuia.

a Voua dite* a midi moins deux mi nul** a 9 — s'écrta-
W*. — En et ses, J'ai raison d* douUr 4e k pré*eno* Aa
saad«moi»ellle de Jeumont sur U « Sfrdor ïltchencr s et
4 *tpérer ancor*. malgré la* apparence*. Vous elles sa
Wtgar vous-mérns*. »

S* tournant vsr* l'un des officiers qui l'entourent, 1
■toute : - *

— Delmel, vetitlle* demonder qu'on m apport* eur-l*
attamp 1* message téléphonique reçu de.Guidai k ont*
■taure* el quart. *

Et, quand on lui a romi* ta fauOlo bleus sur laquelle
ftHala, en caruUfre* chiffrés, le dépî&he transmit*, 11 SB1
4aone tactur* à hiutt voix :

a Ballon angla;t a prit terre onse heures troit minuta»
avar plag* Grand Sable*. Pourtuivi, a reprit I* large. Vaut
te tad-Ett l'a «basas' direction d* Concameau. Monté pae

atz hommes el une femme qui nous s paru être une jeune
lUe. Général Lanc. »

Ub silence t'«st réUblI. Puis m frernitternent court d*n*
IVstisUac*. Une Jueur d'espoir se rsllume dans les yeux ds
Philippe.

L'smlral tient k son idée. 0 la reprend et la défend pied
A p**d contr* le* objections qu'on lui oppose.

a C*(.> femme, cette Jeun* tille reconnue parmi le* aérr>
sseul**, qui poul-elle être, sinon midemoia*!!* 4e J*urnont t

— A moina qu* o* n* toit aua* autre t — répond tris-
tanaent Philippe, dont la hifltiv* «spéraaoa vient da sa

itaalj.er.

— Pourquoi une autre r N'ast-fl pas mltemblabla, au
eootraira, qu'aprè* s'être servis de os moyen pour caplurar
voir* tes or, W* hsndiU l'tient employé derechef pour tan
assurer, pour avoir plus près d'aux un otage «s garantie s*
sa » ia de voir* prksoDoler > » *

D* nouveau, Ut yeux t'éclsirtuit. L "h y pot h è** d* l'arni-
Saa *at vralsemblabl*, aprèt toul.

Calul-cl, d ailleun, continu* de* aupputations, son CaK
•asl de* hypothkte*. U dénombre les faits et leurs moments.

* C'**t k midi moins deux minute* qu* vous avax coulé
la transport. Or, cinquante-cinq minute* plus lot le ballon
atrenaU terre k Gutdel. D'où venait-il f 11 serait utile d* Ls
Savoir. Nous l'avons aperçu ici vars neuf heures, o* matin,
■ta plus fort d* l'aclion. Il a plané longtemps au-dessus da
h points oocidentsls d* Groix, s'wt-k-dlre eu dessus d* ta
ktgnt da* transports anglais. Les préoccupations de ta ba-
sai lie aous t'ont fait perdra da vue Qu'est il devenu d* neuf
atoure* k ooxe heure* t Voici ce qu'd oonvicndralt peut être
aViolairclr.

— Oui, c'est os qu'il faut éclaireir », —- reconnaît !'»*-
Sistanc* galvanise* par U oonGnnc* du chef et se raccro-
fJaant k •* faible espoir.

Aussitôt télégraphes si téléphones d entrer en Jeu.
liaxidé par l'amiral, ka général Uple, l'un dea divistofj-

eaires qui viennent de prendre part k la bat*.Ile de Croix,
accourt, malgré une bleteur* k ls Jsmb*. Il ae peut, mal-
heureusement, rien ajouter k sou premier avia, pultqu'apree
avoir lanoé le mandai téléphonique k oiue heure* et quart,
Il * traversé les Couraux pour potier dans l'tl».

Mais voici que, de Concameau même, un nouvenu mes-
sage arriv*. 11 signale que l'aérostat a été vu, vers midi, B-
aant dans l'Ouest.

Même dépêche de Ponl-l'Ahbé. I* ballon est signalé k
saidi-ci-deini. 11 disparaît su voisinage de* KUux, turvdlLi
par Lruit detUoyert anglais. On le perd toialenunl de vue.

Las renseignementi sont Interrompu* Jusqu'k quatre
■WuroB

A c* moiueiif, l'un des vuisseeux au^lau en obtervaltoa
devant Grou hits* un pavillon blanc. L ennemi demande
tut axmistic* pour relever sea moiit et se* blettes *t pou»
voir tu sauvvlage de* navires :. i atteints.

L'amiral consulte son snlourag* Le* a vil tont partagés.
Mais la paroi* d* l'illutlre chef ramène l'unanimité.

a J« devrait réfuter, — dit-ii. — Ce serait une terrible
part* pour nos adventice*. Uais une chaula s'otlre é aous
é* savoir il mademoiselle d* Jeumont ta trouv* parmi le*
victime*, L** Anglais vont certainement a oc ru per k r*On
louer le « Slrdar Kitcherur m. >cius tauroui aiuai ai 1* corpa
tte la p*uvr* enfant s été retrouve par eux. Noua ne pou von*
lalr* moins pour ton héroïque frAre. t

Tous tpprouvent, *t l'tmirml répond k 1 ennemi qu'il
sentent i l'armistice. Les travaux tout immeditiemeai
Savmmencés.

Ainsi qu* l'a prévu l'amiral, c'est par i* transport qu'il*
sosnmeucent. On procède k ton relèvement, rendu facile
par c* fait qnt L* ntvtr* t toinbré par évenirement centre!,
c* qui |'a tmpecbé de couler t fond huvaiti par le Sol, U
flotte entra deux eaux el, bien qu* la blttiure toit forml-
ttabl*, 11 peut encore recevoir let plut urgrutet rcutniUont
qui pexmeltrout d en fsire uu logis provisoire, uns sorts

" tt* ponton hôpital k la remorque d'un autre sleamer.

L'opération, menée avec une fiévreuse achvilé, donne
_aa premier réiultat vers cinq heuret du soir.

La carcasse évenlrée a été retirée k la cite, tur une plage
tt* Groix couvert* par l'armislice, et l'on sail exaclenicnt
ks ehlffre des morts.

U y tu « trents-hult, dont quatre ofllciert et trenlô-
qtiatr* matelots. Pat un cadavre de femme. On a découvert,
toutefois, dans une cabine d'officier, dea vêlements feini-
etns, une poLsss de fournir* entre autres qui ne semble
avoir servi k sucun usage.

A»te uns oourtoitis qu'ils n'auraient pas eue la veille,
sas Anglais envoient ces dcbru k l'amiral.

Celui-ci les moolr* à Philippe de Jeumont, qui n'v re-
eonnatt point la toilette de as soeur. D'silleurt celle pel &s*
abandonnée donn* une indication plutdl Tavoroble Llls
sembla tubtlr qu'avant d* l'enfuir, ou d'être extraite du
,stavira, la Jeune tille t'est dêfsil* de ce vêlement.

Cependant, la nuit t'approche et l'on u'est pas plus
avancé en fait de renselgnemeul*.

Tout 1* mouds est harassé. Lea émotions et les fatigues
ém la terrible Journée onl mis les deux partit littéralement
star le* dents.

Tout k coup uns dépêcb* arrive. Elle vient du quartier
général de Quimper et est d une éloquente brièveté.

Vers elnq heures et demi*, la ballon a été vu de nouveau
saa-de**ut d* la ville, c«tt* fols, k une très grand* hauteur,
es dirigeant vers l'Est

Ou oonsutts le* horloge*. U est sept heures moins un
quart. Et, soudain, un grand cri mont* aous les fenêtre* d*
la Préfecture maritime.

L* foule t'ael amassée sur La plac* «t dan* les rues ivtsfc
santntet On s* bouscule, on s'interpelle, on se livre eux
plus .extravagants eommentslres. De* bras tendus, des
•nain» allongées montrent 1* firmament empourpré de* den
adsrs feux du couchent.

(A suivre.J
 
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