Félibien, André
Des Principes De L'Architecture, De La Sculpture, De La Peinture, Et Des Autres Arts Qui En Dépendent: Avec Vn Dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts — Paris, 1676

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LIVRE TROISIEME. 3PJ
qu'elle fimsTe, & se termine dans une ombre large,
diffuselégère 3 Se qui enfin devienne comme insensi-
ble , & de nulle couleur , alors on dit que cela efi de
grand relies, qu'il y a bien de la force, que le clair - oh-
feur esl bien entendu.
Si ensuite parmy les lumières, & les ombres l'on
y voit les vrayes teintes du naturel ; qu'il s'y rencon-
tre des massfes de couleurs > où l'on ait soigneusement
observé cette amitié, ôt cette sympatie qui doit estre
entre elles 3 soit pour les chairs avec les draperies, soit
pour les draperies les unes prés des autres ; soit pour
les vrayes teintes dans les partages, en sorte que tout
y paroille si artistement lié ensemble qu'on n'y con-
noisse aucune pièce separée, mais qu'il y ait une telle
union que tout le Tableau semble avoir esté peint
d'une siiitte3& d'une mesme pallette de couleurs, on
dit alors que cela ejl bien colorié.
Outre cela il y a certaines élégances qui brillent
par endroits dans ces trois parties de la Peinture, com-
me les figures éclattent dans les parties de la Rhéto-
rique ; ce qui relevé 3ôc fait paroistre les ouvrages des
plus grands Peintres 11 fort au delTus des autres. Mais
sur tout 3 il doit y avoir ce qu'on appelle Eurythmie;
c'est à dire une proportion , de une convenance de
toutes les parties les unes avec les autres. La Grâce est
une partie toute divine 5 que peu de personnes ont eue,.
& qu'on ne peut définir qu'en difant s que c'est un
agreément de beauté dans la Figure^qui procède d'un
certain tour Ôc noblelle d'attitude aisée ôc propre au
sujet3&qui charme les yeux.

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