Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

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MANTINKE ET L'ARCADIE ORIENTALE.

de Pausanias et des ruines par nous retrouvées, la topographie
de l'état mantinéen. La logique de notre méthode nous impo-
. serait d'abord l'étude des frontières, puis celle de chaque route
à partir de la frontière jusqu'aux portes de la ville, enfin la
description de la ville et de l'agora, aboutissement final de
tout le système. Mais comme celte étude comporte l'examen
critique du texte presque unique auquel nous sommes asservis,
il nous faut adopter l'ordre de ce texte. C'est, en effet, un
principe d'expérience qu'on ne doit jamais prendre à rebours
un itinéraire de Pausanias : on doit se résigner à le suivre pas
à pas si l'on veut en tirer bon parti.
Méthode Au préalable, quelques éclaircissements sur la composition
descriptive de el la méthode descriptive des Arcadiques justifieront la confiance
Pausanias. que ce texte nous inspire (1).

Tout d'abord, il faut bannir cette idée préconçue que
Pausanias manque de méthode. Son plan offre la logique que
comportait l'étude d'une contrée aussi compliquée et variée
que la Grèce antique, en un temps où les cartes ne brillaient
certainement point par l'exactitude, où les difficultés de l'orien-
tation, dans un pays hérissé comme le Péloponnèse, expo-
saient le touriste à mille divagations. La méthode descriptive
de Pausanias peut être appelée circulaire et rayonnante. La
première domine la composition générale de son livre : il est
censé entrer en Grèce par le Pirée et en ressortir par Nau-
pacte. Son itinéraire passe de l'Attique dans le Péloponnèse
par Mégare et Corinthe, fait le tour des provinces côtières :
Argolide, Laconie, Messénie, Elide, Aehaïe, pénètre au

(1) Voyez l'étude critique de Kalkmann {Pausanias der Perieget, 1886),
le plaidoyer de Gurlitt. (Ueber Pausanias, 1890), et les remarques de
M. Bérard sur la valeur des Arcadiques (Orig. des cultes arcad., p. 3).
M. Ilolleaux relève une preuve nouvelle de la « stupéfiante légèreté » avec
laquelle Pausanias travaillait, dans une note curieuse sur une des nombreuses
bévues historiques du Périégète {Reçue de Philologie, XIX, p. 111). Il ajoute
(i que manifestement il se vanle lorsqu'il laisse entendre à deux reprises qu'il
est \enu de sa personne dans le pays d'Haliarte. Il ne faut voir là que de
petites affirmations mensongères destinées à forcer doucement la conviction du
lecteur. » Mais alors à quoi donc se lier ? Rudolph Heberdey (die Reisen des
Pausanias, 1894), croyait sans doute faire œuvre utile en dressant un réper-
toire des expressions familières à Pausanias, tant pour exprimer ses impres-
sions personnelles, que pour relater les ouï-dire ou le résultat de ses lectures ?
Si ce critérium même est trompeur, quelle doit être la limite de la suspicion ?

Sans doute, on a souvent le droit de suspecter la bonne foi de Pausanias.
Mais je crois, avec M. Bérard, que le livre des Arcadiques est un des
moins sujets à caution.
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