Gailhabaud, Jules [Editor]
L'architecture du Vme au XVIIme siècle et les arts qui en dépendent: la sculpture, la peinture murale, la peinture sur verre, la mosaïque, la ferronnerie, etc. (Band 4) — 1858

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AUTEL

DANS L'ÉGLISE D'AVENAS.

Jusqu'au "XII? siècle, la décoration de l'autel en pierre, c'est-à-dire, celle de ses faces
antérieure et latérale, semble n'avoir point été, dans le nord de l'Europe, d'une grande
richesse; telle est, du moins, celle qu'on remarque sur les quelques exemples qui ont pu
traverser les âges. Cette simplicité était une conséquence toute naturelle de l'état de l'art à celle
époque, mais surtout de l'inhabileté des artistes dans la pratique de la sculpture (1). Antérieu-
rement à cette date, l'ornementation de ce meuble fut assez restreinte : elle se composait,
ainsi qu'on l'a dit, ou d'inscriptions gravées sur des surfaces lisses, ou d'arcades plus ou
moins embellies, ou bien encore d'espèces de compartiments à moulures, au milieu desquels on
plaçait certains ornements décoratifs, tels que fleurons, rosaces, etc.

Mais, vers le commencement du Xllv siècle, cette décoration subit une modification notable;
et celle-ci nous paraît, en très-grande partie, due au résultat des progrès acquis dans toutes
les branches de la science, mais plus particulièrement dans celles qui tiennent au dessin; c'est-
à-dire, l'architecture, la peinture, la sculpture, etc. Pour se rendre comple de cette transforma-
tion, il suffira de se rappeler que l'art, après avoir parcouru une partie de sa carrière, était
entré dans une voie, où, grâce aux efforts de quelques hommes de génie, il allait atteindre des
limites qui devaient le conduire à cette grande révolution, accomplie vers le commencement
du XIIL? siècle; aussi, la sculpture parait-elle sortir de cette grossièreté d'exécution qui la
caractérisait à son origine, et qui nous semble l'avoir empêchée de s'attaquer, dès lors, à la
grande décoration ecclésiastique. Vers ce temps, paraissent, dans les régions septentrionales de
l'Europe, les premières oeuvres en ce genre. Il semble que le mouvement religieux et poli-
tique, qui s'accomplit à cette époque, réagit avec efficacité sur elles, et que cette commotion
donna bientôt naissance à des monuments, dont la pensée devait produire, un jour, des concep-
tions d'un caractère plus religieux encore, mais que les seuls hommes du XIII* siècle pouvaient
réaliser.

On serait porté à croire que, parvenus à ce degré de talent dans l'art de bâtir, les artistes

Religieux ou moines) voulurent accroître l'importance et la beauté de leurs œuvres architec-

oniques en y ajoutant le luxe d'une ornementation plus savamment combinée, et que c'est

a ors qu ont été créés ces nombreux produits de la décoration ecclésiastique dont nous retrouvons

( ) ersonne n ignore que, jusques et y compris toute une partie du XIII" siècle, les travaux d'art furent presque
exclusivement exécutés par les prêtres et les moines, qui avaient, avant tout, leurs devoirs religieux à remplir.

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