Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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L’ŒUVRE

DE

SEYMOUR-HADEN

(suite et fin '.)

i nos lecteurs ont pris garde aux dates
inscrites sur les eaux-fortes de M. Haden,
ils ont pu constater une longue interrup-
tion dans la production. De 1860 (Elude
de troncs d’arbres), on passe brusquement
à 1863, et c’est la jolie pièce intitulée
Tristesse! qui ouvre la nouvelle série.
Chez les natures passionnées et toutes de
sentiment, lorsque la dure loi de néces-
sité n’intervient pas, il y a de longues
phases de repos. « Pour que je travaille,
il faut que j’aie un peu de fièvre, » nous répondait M. Haden, à Londres,
alors que nous lui reprochions amicalement ce que nous appelions « sa
paresse. » Le sens spécial à l’artiste ne sommeille certainement pas pen-
dant ces périodes de non-activité extérieure. Cependant, que se passe-t-il?
Nos instincts les plus sublimes sont-ils pris de dégoûts subits en compa-
rant l’idéal qu’ils avaient rêvé avec la traduction qu’en ont faite la main
et l’outil? L’Etre humain dédouble-t-il et l’âme s’en va-t-elle vagabonder
pour un temps dans les royaumes fantastiques et réels de Titania et
d’Obéron, espérant surprendre au naturel le secret de la verdure des
chênes, du rose de la fleur des pêchers? Faut-il croire que le talent
n’est qu’une fièvre intermittente, et que c’est à ses accès que nous

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