Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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ALBERT DURER DANS LES PAYS-BAS.

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Rodrigues m’envoie six aunes de drap noir pour me faire un manteau ;
l’aune vaut une couronne; je donne deux sous au domestique du
tailleur.

Le jour de saint Pierre et Paul, j’ai fait mon compte avec Joost. Je lui
devais trente et un florins que je lui ai payés. Déduction faite des deux
peintures à l’huile, il m’a donné en supplément cinq livres de borax,
poids des Pays-Bas.

En Flandre, dans toutes mes transactions, dans toutes mes ventes et
autres affaires, dans tous mes rapports avec les personnes de haute ou de
basse condition, j’ai été lésé, spécialement par Mme Marguerite, qui ne
m’a rien donné pour les présents que je lui ai faits et pour les travaux
que j’ai exécutés pour elle.

Je donne sept sous de pourboire au domestique de Rodrigues ; à
maître Henri, qui m’a envoyé de savoureuses cerises, ma Passion sur
cuivre; et au tailleur, pour la confection de mon manteau, quarante-cinq
sous.

Je fais accord avec un voiturier qui s’engage à me transporter d’An-
vers à Cologne pour treize mauvais florins, dont un vaut vingt-quatre
mauvais sous.

Jacob Relinger me paye son portrait au charbon un ducat, et maître
Gerhard me fait présent de deux tonneaux de câpres et d’olives ; je donne
quatre sous de pourboire à son domestique et un sou à celui de Rodrigues.
Je fais un échange avec le beau-fils de Jacob Tomasso; il m’envoie une
pièce d’étoffe blanche pour mon portrait de l’empereur.

Alexandre Imhoff me prête cent florins d’or la veille de la fête de la
Vierge. Je lui donne mon sceau et ma signature avec promesse de les
lui rendre lorsqu’il me présentera cette pièce à Nuremberg. J’achète une
paire de souliers pour six sous, je paye onze sous au pharmacien et trois
sous pour des cordes. Je fais cadeau au cuisinier de Tomasso d’un phi-
lippe ; à la jeune demoiselle, sa fille, d’un florin d’or. Je donne à la
femme de Joost un florin, un florin à ses cuisiniers, et, en dernier lieu,
encore deux sous.

Tomasso m’offre une boîte du meilleur thériaque. Je donne dix sous à
son valet de chambre, un sou à Pierre, trois sous au domestique de
maître Jacob, et trois sous au messager.

Le jour de la Visitation, comme je suis sur le point de quitter Anvers,
le roi de Danemark 1 m’envoie chercher en toute hâte. Je fais son por-

'I. Christian II, roi des royaumes unis de Danemark, de Suède et de Norwége,
surnommé !e Néron du Nord.
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