Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 25.1868

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VINGENNES

ET LES

PORCELAINES FRANÇAISES.

elui qui collige et met en relief les éléments
de F histoire des arts semble parfois se laisser
aller à l’hyperbole, lorsqu’il demeure encore
au-dessous de la vérité; dire que l’Europe
intelligente du xvie siècle fut profondément
émue par l’apparition de la poterie orien-
tale; que pendant plus de cent ans les prin-
ces, les savants, les hommes de labeur,
s’unirent dans des efforts communs pour
conquérir le secret de cette poterie : tout cela paraît grossi, et ce n’est
qu’exact.

Nous n’avons point à revenir ici sur la découverte de François Ier de
Médicis à Florence 1, nous nous bornerons à montrer les travaux de la
France et à en constater l’ardeur, d’après les témoignages fournis par les
expositions récentes.

Les causes de cette ardeur étaient multiples : d’abord la porcelaine
orientale, recueillie à titre de curiosité chez les grands, émerveilla par
sa finesse, son éclat et sa translucidité. Quelle distance, en effet, entre
cette poterie homogène, mince, sonore, lustrée, et la terre poreuse que
dissimulait l’émail d’étain, et dont l’un des moindres défauts était une
fragilité extrême jointe à un aspect robuste à l’excès !

Plus tard, le luxe porta les classes riches à meubler leurs tables de
vaisselles importées du Japon et de la Chine ; on fit plus, on chargea les
peintres héraldiques de tracer les cartons d’armoiries de chaque famille
titrée, et ces cartons, expédiés en Orient, revenaient minutieusement

1. Voir la Gazette des Beaux-Arts, t. IV, p. 257.

XXV.

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