Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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EXPOSITION INTERNATIONALE DE MUNICH

e premier sentiment qu’on éprouve en par-
courant l’Exposition de Munich est la dé-
ception. D’innombrables tableaux et statues
remplissent, il est vrai, l’immense Palais
de cristal. Mais ceux qui viennent de France
ont déjà figuré à nos Salons, et ne pos-
sèdent plus, par conséquent, le charme de
la nouveauté. Dans la liste des envois d’Al-
lemagne on cherche vainement la plupart
des grands noms qui font sa gloire; les
autres nations, sauf l’Italie, la Suisse et les Pays-Bas, se sont una-
nimement abstenues. La mauvaise distribution des objets, les lacunes et
les erreurs du catalogue, l’exhumation de vieux tableaux envoyés ici
comme à une enchère, ne sont guère faites pour racheter ces vices.
Ajoutez enfin que l’ensemble de l’Exposition manque de netteté, que là
où l’on comptait trouver des traditions puissantes et respectées on ne
voit qu’indiscipliné et qu’incertitude, et vous avouerez que le critique qui
s’attendait à trouver dans cette exposition la mine la plus riche et la
plus facile à exploiter a bien le droit de montrer de l’humeur.

Si cependant il triomphe de cette première impression, — due en partie
à des difficultés matérielles, — s’il s’attache à pénétrer plus intimement
le rôle et la signification de cette exposition, les choses ne tarderont pas
à prendre à ses yeux une autre tournure. Il découvrira que l’Exposition
internationale a la plus grande importance historique, et quelle fera
date dans les annales de l’art allemand. « La lutte artistique du Palais
de cristal, dit M. de Lutzow, n’est au fond qu’un duel entre les Allemands
et les Français. » Pour la première fois l’école française figure avec
un ensemble aussi imposant de forces sur le sol de l’Allemagne, et son
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