Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

influence, jusqu’ici partielle et restreinte, menace de devenir une vraie
invasion et de transformer de fond en comble la peinture germanique.
A la veille de cette révolution, il est intéressant d’établir l’état de choses
existant et d’étudier les hommes qui la consommeront, talents jeunes et
vigoureux qui consoleront bien vite l’Allemagne de ce qu’ils lui auront
fait perdre. Cette exposition, qui au premier abord paraissait tellement
insignifiante, est le point de départ d’une ère nouvelle.

Jamais en effet, nous le croyons, exposition allemande n’a réuni autant
d'œuvres, et autant d’œuvres importantes, sinon capitales; jamais l’in-
térêt du public n’a été aussi vif, jamais les circonstances aussi propices.
L’Exposition internationale de Munich de 1863 ne renfermait que /i3/i
numéros en tout (355 tableaux, cartons, etc., 33 gravures, etc., 39 sculp-
tures et médailles, 7 projets d’architecture), dont une douzaine au plus
provenaient de la France. L’Exposition internationale de Vienne de 1869,
dont presque tous les objets ont passé dans le Palais de cristal de Munich,
ne comptait que 602 œuvres d’art. La présente Exposition en compte
3,3S6 (1,631 tableaux à l’huile, 760 dessins, gravures, etc., 392 sta-
tues, médailles, 7 vitraux peints et 596 numéros d’architecture). Quant
à la sympathie du public, elle peut également se traduire en chiffres,
comme toute chose aujourd’hui, et ces chiffres sont éloquents. Du 20 juil-
let au 31 août, les entrées (1 florin d’ordinaire, 1/2 florin les dimanches,
mercredis et vendredis) ont produit la somme de 55,000 francs environ.
Pendant la même période l’administration a vendu pour une trentaine de
mille francs de billets de loterie; c’est dire que d’un côté les frais maté-
riels 1 de l’Exposition seront à peu près couverts par les recettes, de
l’autre que les acquisitions d’objets d’art achetés pour la loterie forme-
ront un total fort respectable. Jusqu’ici le choix de ces objets prouve une
grande impartialité de la part du comité (composé de douze membres
et distinct du jury des récompenses). Ses dix-neuf acquisitions com-
prennent quatre ouvrages français, cinq de Munich, quatre de l’Alle-
magne du Nord, trois de l’Allemagne du Sud, un de la Belgique, un
de la Hollande, un de l’Italie. Enfin les ventes d’ouvrages exposés
(gratuitement négociées par le secrétariat) sont fort nombreuses et
prouvent que les intérêts pécuniaires des artistes ne sont nullement en
souffrance. L’attitude du public allemand paraît donc excellente; par les

1. Ces frais sont assez considérables, l’adminislration s’étant chargée du transport
de tous les objets exposés pour l’aller et le retour, de leur installation, de l’aménage-
ment du local, de l’assurance contre l’incendie, etc. — Je dois une grande partie de
ces renseignements à M. le baron de Ramberg, professeur à l’Académie des Beaux-Arts,
dont la complaisance a été appréciée par tous les Français qui ont visité l’Exposition.
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