Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 2.1869

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EXPOSITION INTERNATIONALE DE MUNICH.

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encouragements qu’il prodigue à cette fête de l’art, il se montre apte à
recevoir son influence salutaire.

Examinons aussi dès à présent le rôle et la conduite de l’administra-
tion qui a organisé l’Exposition, et qui doit prononcer sur la valeur des
travaux envoyés à ce concours. En plus d’un point elle donne prise à la
critique, et nous avons à lui adresser différents reproches. Nous les tai-
rions s’il s’agissait d’une exposition isolée, mais nous croyons bon de les
signaler pour l’avenir, puisque les expositions internationales de Munich
paraissent avoir un certain caractère de périodicité. Nous blâmons donc
d’abord la formation du jury des récompenses, qui est composé de Muni-
chois seulement (douze membres, choisis moitié par l’Académie, moitié
par Y Association des artistes de Munich). Ce n’est pas que nous contes-
tions ses lumières et son indépendance, mais c’est que nous aurions voulu
prévenir les plaintes que ses décisions soulèveront parmi les étrangers,
quelle que soit d’ailleurs leur équité. En admettant dans le jury quelques
artistes autrichiens, prussiens, français et belges, on aurait fermé la
bouche à toute réclamation et on aurait donné à la distribution des récom-
penses la solennité qui doit environner un acte pareil. — La rédaction du
catalogue est aussi bien loin de nous satisfaire. Nous ne parlons pas des
innombrables erreurs qu’il contient, quoiqu’il eût été facile d’en éviter
bon nombre; nous n’insistons pas non plus sur le luxe des éditions se sui-
vant à cinq ou six jours de distance; l’irrégularité des envois qui surve-
naient après coup y contraignait en quelque sorte, et tout ce qu’on aurait
pu demander c’était de distribuer gratis les suppléments aux acquéreurs
de la première édition, au lieu de les forcer à acheter cinq ou six édi-
tions avant d’obtenir celle qui était définitive. J’en veux à la composition
même de cet ouvrage ; elle est déplorable. On a suivi l’ordre dans lequel
les tableaux sont placés, c’est-à-dire un ordre fort arbitraire qui consiste
à distribuer les œuvres du même artiste dans trois ou quatre salles diffé -
rentes. On a dédaigné d’ajouter une table alphabétique, de sorte que
pour trouver un nom il faut parcourir tout le catalogue, numéro par
numéro. On a omis tous les renseignements auxquels nous ont accou-
tumés nos livrets du Salon, et auxquels ils doivent d’être des documents
inappréciables pour l’histoire des arts modernes. Nous y cherchons inu-
tilement le lieu de naissance, le nom du maître, l’adresse exacte, la liste
des récompenses, et souvent même le prénom des exposants. Les titres
sont aussi laconiques que possible, et les explications sont complètement
supprimées, même pour les compositions les plus compliquées. Le cata-
logue tant critiqué de l’Exposition universelle de 1867 était un chef-
d’œuvre à côté de celui-ci.
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