Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 9.1874

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LA

GALERIE DE M. SUERMONDT1

ni.

Paul Potter était, comme on sait, fils
cl’un peintre, d’un « peintre médiocre»,
disent avec assurance tous les livres
d’hier et beaucoup de livres d’aujour-
d’hui. Le mot est pour le moins impru-
dent : il ne faut pas condamner ce qu’on
ignore. Les rares tableaux qu’on ren-
contre de Pierre Potter prouvent que son
talent ne doit pas être traité d’un air si
dédaigneux. Pendant longtemps nous
n’avons connu qu’une peinture du père
de Paul Potter. Bürger l’avait recueillie
dans son petit Louvre du boulevard Beaumarchais. C’était, si nos souve-
nirs sont fidèles, une figurine debout, un personnage vêtu à la mode
des cavaliers de Jan Leduc et de Palamèdes. Ce bravache empanaché
n’avait pas mauvaise tournure2. Nous savons en outre que la société Arli
et Amiciliæ ayant ouvert en 1867 une exposition à Amsterdam, un ama-
teur y envoya un Joueur de guitare, signé P. Potier '1636. M. Van West-
rheene, à qui nous empruntons ce renseignement, ajoute que le tableau
est d’un « mérite incontestable ». Nous ne connaissons pas ce petit
guitariste; mais voici que l’instructive galerie de M. Suermondt nous
montre une peinture d’un autre genre qui porte la même signature et la
même date. Il s’agit d’une Vanitas. Sur une table recouverte d’un tapis
sont placés, dans un désordre de bon goût, un globe géographique, une
tête de mort, un sablier, des livres, des manuscrits. Le faire révèle un

'1 ■ Voir Gazette des Beaux-Arts, IrR période, t. IX, p. 437.

2. Bürger se proposait de faire figurer dans un de ses articles la signature de ce
tableau. On en trouvera le fac-similé à la page suivante.
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