Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 11.1875

Page: 163
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1875_1/0172
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
EXPOSITION DE LILLE. 163

Des collections de sceaux d'églises, d'abbayes, d'abbés et d'évo-
ques, etc., des collections d'enseignes et de médailles de pèlerinage et
de mereaux d'églises ou de corporations, etc., complétaient cette riche
et nombreuse exposition, provenant des cabinets de MM. A. Preux, de
Douai; E. Van Hende, de Lille; Ratel-Hécart, de Yalenciennes, et
A. Vernier, de Roubaix, enfin du collège N.-D. de Tournai.

Céramique. — Parmi les trop nombreuses pièces de céramique de
Delft, de Lille ou de Rouen que l'on avait admises, nous ne signalerons
qu'une faïence de Rernard Palissy, ou de sa suite, que nous croyons
inédite. C'est une Crèche qui appartient à M. Planquart, de Lille. Un
quart de sphère formant grotte abrite le groupe ordinaire de l'enfant
Jésus entre la Vierge et saint Joseph agenouillés. Un des deux animaux
manque, mais on voit un ange accompagné de deux bergers. Le sol cir-
culaire de la grotte est émaillé de vert. L'intérieur de la grotte est garni
de coquilles et de feuillages jaspés, et sa couverture est de paille jaune.

Le même M. Planquart possède une assiette de Palissy qui représente
le sujet que nous croyons assez rare d'Eslher devant Assuérus. Le bord
est couvert de tiges de marguerites alternant avec de longues feuilles
dont la nervure est couverte de sequins.

Signalons enfin à M. Albert Jacquemart une délicieuse statuette de
Kouan-in en blanc de Chine, appartenant à M. Reynart, qui était exposée
comme représentant la Vierge avec l'enfant Jésus. Vierge ou non, la
femme représentée est assise, entre une gourde et un livre (?), avec un
enfant sur ses genoux, qui tient une feuille de lotus. Deux petits person-
nages sont en adoration à ses pieds.

Que de richessses d'art possède encore la France pour qu'en un
même temps on ait pu y organiser trois expositions comme celle faite au
profit des Alsaciens-Lorrains, — comme celle de l'Histoire du Costume,
et celle enfin dont nous venons de rendre compte. Et nous sommes des
Vandales cependant, qui ne conservons rien, et sommes imbus, en géné-
ral, du mépris du passé!

alfred darcel.
loading ...