Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

et treize têtes deCranach dont plusieurs sont des chefs-d’œuvre, puis quelques crayons
du xvic siècle, parmi lesquels il y en a de Lagneau.

Nous aurions voulu nous arrêter quelque peu sur les peintures de l’école rémoise:
sur Hellart, l’ami de La Fontaine, « très-bon époux, encore meilleur galant », mais reflet
affadi de Youët et de la Hire, ainsi que le montre la Sainte Famille de M. l’abbé
Tourneur; sur les Willebault, Nicolas, auteur d’un beau portrait en pied du cardinal
delà Roche-Aymond peint en 4 761, et Jacques, portraitiste, dont M'"c J. Mennesson
possède quelques têtes qui sentent l’école de Boucher; sur N. Persevai qui, dans le
Magnificat appartenant à l’église de Saint-Rémy, daté de 4784, a fait plus qu’imiter
Jouvenet, et qui dans ses portraits où quelque mollesse se joint à certaines brutalités
fait songer à Lépicié ; sur J.-F. Clermont dont nous avons trouvé chez M. Dauphinot
un paysage d’un ton gris charmant et que nous connaissions de longue date pour avoir
passé notre enfance dans un salon décoré de grands panneaux encastrés dans la boiserie,
peints de paysages brossés à grands coups avec les verts bleus de Boucher ; sur
Louis Périn, enfin, dont JM. Henriot de la Motte possède un portrait, celui de sa mère,
très-finement modelé dans des tons gris, qui est charmant malgré le costume.
M. Périn, son fils ou petit-fils, avait envoyé de Paris un certain nombre de peintures
et de miniatures de lui qui sont des portraits de famille. Mais il faut passer — passer
sans nous arrêter —devant les tableaux de laCathédrale et devant la nombreuse collec-
tion, surtout de peintres flamands de la fin du xvic siècle et des commencements du
xviie, exposée par M. Th. Petitjean.

Qu’on nous laisse nous arrêter cependant, en faveur de l’archéologie, devant un
très-curieux panneau sur bois encore encadré dans son architecture du xve siècle, des
environs de -1480, appartenant à M. le baron G. d’Avesnes. C’est le Siège de Rhodes
par les Turcs, où l’on voit en perspective la ville, le port et ses jetées avec leurs nom-
breux moulins à vent, la flotte, les assiégeants attaquant une tour et les assiégés cou-
rant par les places et les rues, qui en jacque, qui en armure pleine, pour repousser
l’assaut.

Les toiles peintes et les tapisseries de la cathédrale, de l’Hôtel-Dieu et de Saint-
Rémy ne nous arrêteront pas: nous avons l’espoir de les revoir bientôt au Palais de
l’Industrie et ce sera alors l’occasion d’en parler.

ALFRED DARCEL.

Le Rédacteur en chef, gérant : LOUIS GONSE.

PARIS. — Impr. J. CLAYE. — A. QUANTIX et C‘, rue St-Benoît. [9S2j
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