Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

Page: 441
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1876_1/0471
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
LES EAUX-FORTES DE M. EVERSHED.

bhl

M. Haden en 1S6A, quand la Gazette avait entrepris le catalogue de ses
estampes1 : « N’oubliez pas que cette courte et délicieuse vie d’artiste
n’est qu’un fort petit épisode. » C’était parler en homme sage et, en
même temps, faire preuve d’une rare modestie, car les épisodes
artistiques de la vie de M. Haden ont suffi à faire admettre son nom
dans le livre d’or de l’art contemporain. Il faut néanmoins tenir compte
des réserves formulées par l’auteur lui-même quand on veut apprécier
son œuvre, et nous observerons cette ligne de conduite à l’égard de
M. Evershed, pour remplir ses intentions.

Certes il y a loin, si l’on se place au point de vue de la hiérarchie
de l’art, de ces improvisateurs charmants qui peuvent choisir leur
moment et jeter au panier tout ce qui n’est pas venu dans un jour de
belle humeur, à l’artiste que les nécessités de la vie condamnent à une
production incessante, et qui se voit forcé de malmener l’inspiration
quand elle se fait attendre, voire même de fausser compagnie à cette
collaboratrice trop souvent inexacte. Il ne viendra à l’idée de personne
d’assimiler le ténor mondain qui soupire une romance au chanteur
qui mène à bien sa carrière de théâtre, même quand la balance de l’art
semble pencher du côté du premier. Enfin, le caractère même de la
chose improvisée doit inspirer à la critique certain sentiment de
discrétion : tout ce qui est succinct en art n’a droit qu’à des éloges
modérés et il faut réserver l’enthousiasme pour les œuvres de haute
lutte, quand l’ouvrier nous apparaît triomphant.

Est-ce à dire que nous considérons le docteur Evershed comme un
amateur? Cette épithète, si malsonnante dans la bouche des artistes, ne
saurait lui être appliquée sans manquer à la justice et au respect dû à
son talent. L’œuvre fait l’artiste et non pas la profession, nous souffle à
l’oreille un éminent critique, M. Prudhomme.

Nos lecteurs peuvent se prononcer-en connaissance de cause; voici
les deux planches les plus récentes de M. Evershed, qui a eu l’obli-
geance de les graver spécialement pour la Gazette des Beaux-Arts. Nous
attendons leur jugement en toute confiance.

ALFRED DE LOSTALOT.

Voir Gazelle des Beaux-Arts, t. XVII, 2e période, page 275 et suivantes:
l’Œuvre de Seymour-Haden, par M. Ph. Burty.

xiv. — 2e PÉRIODE.

56
loading ...