Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 13.1876

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

Mais, pour avoir été trop rapidement exécuté, le dessin altérait quelque peu le carac-
tère de ce qu’il reproduisait. Le P. A. Martin y avait apporté sa personnalité; amollis-
sant la rudesse des physionomies, redressant la gaucherie des attitudes, atténuant
l’énergie des mouvements, et civilisant, enfin, la sauvagerie de l’ensemble. Aussi,
lorsqu’il arrivait à son collaborateur, en lui reprochant ce qu’il appelle « ses distrac-
tions et sa fougue », de l’interroger sur le plus ou moins d’exactitude d’un dessin ou
d’un détail qui lui semblait omis ou altéré, en recevait-il cette réponse : « Mais...
c’est joliment fidèle ! »

Elles sont un peu trop jolies en effet, toutes les gravures — si précieusement exé-
cutées cependant — qui reproduisent tant de monuments rares, intéressants ou
magnifiques, réunis dans les deux séries des Mélanges, tant anciens que nou-
veaux.

De simple dessinateur, le P. A. Martin s’était fait graveur ; puis insensiblement il
était devenu architecte, faisant des projets d’églises, et même des plus importantes,
comme celle de Notre-Dame de la Treille, à Lille; donnant des modèles de mobilier
ecclésiastique, autels, orfèvrerie, tissus, broderies, et même d’imagerie religieuse. En
outre, il allait prêcher des missions, et il lui arrivait parfois d’oublier l’heure du
sermon, en étudiant le monument où il devait parler, lorsque celui-ci l’intéressait
vivement; car on l’a vu même oublier l’heure du repas et le repas lui-même.

Toutes ces besognes n’avaient qu’un objectif : la publication des Mélanges d’archéo-
logie, qui se faisait aux frais de leurs deux auteurs.

Comme nous nous étonnions, devant lui, que des œuvres aussi considérables que
celle intitulée les Vitraux de Bourges et que les Mélanges, qui devaient faire tant
d’honneur à l’ordre des Jésuites, dont son collaborateur et lui continuaient les tradi-
tions d’érudition, ne fussent point publiées aux frais de la Compagnie, il nous laissa
entrevoir que ces livres si remarquables étaient assez mal vus de ses supérieurs.

_ — Mais pourquoi, lui demandâmes nous alors, avez-vous fait imprimer sur la cou-
verture de vos livraisons ce motif emprunté à la Bible de Charles le Chauve, qui l’avait
elle-même emprunté à l’antiquité, et qui représente deux oiseaux noirs posés sur les
bords d’un cvlix assez profond?

— Pour rien : — Qu’y voyez-vous donc? nous répliqua-t-il.

— Mais assurément, ou le symbolisme n’est qu’un mot, nous y voyons les RB. PP. A.
Martin et Ch. Cahier puisant dans la caisse des Jésuites, cette caisse si colossalement
riche, dit-on, afin de publier leurs beaux et excellents ouvrages.

— Les g....ueux ne nous donnent pas un sou, nous répondit-il, en riant de cette
explication saugrenue, suggérée par la recherche incessante du symbolisme dans les
monuments qu’il publiait, et qui caractérise les anciens comme les nouveaux Mélanges
cl’archéologie el d’histoire.

Le P. Ch. Cahier le déclare, en effet : a La signification chrétienne des figures prime,

hôtel qui reçut enfin la collection jusque-là emmagasinée dans l'île Saint-Louis sous la garde de M. Vitel,
menuisier ornemaniste, et la direction de l’amateur et connaisseur si connu, Carrand père. Mais avant que
d’être installée dans son nouveau local, la collection fut vendue ainsi que l’hôtel.

L’Empereur acheta les armes qui forment le fonds de la collection du château de Pierrefonds. Quant aux
monuments du moyen âge et de la Renaissance, M. Fould s’opposa à ce qu’ils fussent acquis pour le
musée du Louvre. — On négociait alors l’acquisition si contestée du musée Campana. — On sait que le
baron Seillière se rendit possesseur de ce que l’État avait refusé de prendre au prix d'estimation, et en fit
une vente publique.

Nous donnons ces renseignements aux historiens futurs des amateurs et des curieux du xixe siècle.
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