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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 16.1877

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Nr. 1
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Blanc, Charles: Une visite à San-Donato: Galerie de peintures des écoles flamande et hollandaise, [1]
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https://doi.org/10.11588/diglit.21845#0011

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

fût pas sec, il avait choisi et acheté les terrains de San-Donato, juste-
ment pour la raison qui aurait pu en éloigner d’autres acquéreurs, et il
avait bâti un palais sur les ruines de l’ancienne Abbaye d’où les seigneurs
florentins étaient partis, au xme siècle, pour la dernière croisade.
En entrant dans le magnifique jardin qui entoure le palais, on voit
s’élever, dans l’axe de la grande cour, un monument en marbre, ou-
vrage du célèbre Bartolini, où Nicolas Demidoff est représenté assis, entre
deux figures, une jeune femme malade et un jeune garçon nu, monu-
ment qui symbolise avec grâce la charité délicate et inépuisable du per-
sonnage dont il consacre le souvenir. Sur le piédestal est gravée une
inscription latine, composée par Jules Janin, dans le temps où il était
l’ami intime et l’hôte d’Anatole Demidoff, et qui est ainsi conçue :

Felici memoriæ Nicolaï Demidoff
Ille quondam hospes amabilis Florentiæ

MUSIS AMICUS, PAÜPERUM PATER
SUIS CARUS, OMNIBUS FLEBILIS
OSSA DEDIT GRANDI P A T RIÆ
SED UMBRA GAUDET
HISCE IN IIO R T IS IIA BIT A RE
SANCTI DONATI

QUOS VIVUS FIDELI COLUIT AMORE
QUOS, MORI ENS , REQUIREBAT PATER
HONORARIUM HOC PIETATIS MONUMENTUM
LUDENTIS MANUS EXIMIUM OPUS
QU O D BARTOLINO DICTAT ARS MEMOR

Anatolius Demidoff

REGNANTE LeOPOLDO II
[d. D. D.]

A. R. S. MDCCCXLYI

J. J.

Sous le rapport de l’architecture, le palais de San-Donato n’a rien de
remarquable; mais le plan en est singulier, en ce qu’il affecte la forme
d’un H, comme si le fondateur avait voulu symboliser, par cette lettre
initiale du mot Hospitium, la consécration de son palais à l’hospitalité.
Les façades, uniformes et sans mouvement, ne présentaient que deux
rangs de fenêtres (en comptant celles du rez-de-chaussée), percées dans
des arcatures que séparent des colonnes engagées ; mais aujourd’hui des
portiques surmontés d’une terrasse, formant avant-corps devant les
entrées principales, corrigent la monotonie des surfaces extérieures. Un
étage en mezzanine rehausse le corps du bâtiment qui réunit les deux
 
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