Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 19.1879

Page: 549
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1879_1/0570
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
LE SALON DE 1879

(premier article)

« Que pensez-vous du Salon? »
est une question qu’on adresse chaque
année, et à laquelle il devient de plus
en plus difficile de répondre. Gom-
ment, en présence de six mille
objets d’art environ, dégager de la
masse une conclusion, porter une
lumière dans le chaos? On s’en tire
par des phrases vagues, chacun sui-
vant la pente de son esprit : les
optimistes déclarent que le niveau
de l’art se relève, et les pessimistes,
qu’il n’est jamais tombé plus bas.
Chose bizarre, les uns et les autres
disent vrai. La foule, avec son mélange de bien et de mal, est indé-
finissable, et on peut, soit en la comblant d’éloges, soit en l’accablant
d’injures, rester dans la vérité. Quelque variées que soient les appré-
ciations du Salon, un point sur lequel toutes s’accordent, c’est que
le système de nos expositions est défectueux et qu’il est urgent de le
modifier. On a tenté d’y porter remède en instituant l’exposition trien-
nale. À partir de 1881, on réunira, tous les trois ans, les œuvres qui
auront mérité des récompenses, ou gagné les suffrages du public. Le
ministre des beaux-arts, M. Bardoux, a dans son rapport spirituellement
défini le double caractère des expositions alternées, de celles qui existent
et de celles qu’il créait. « Les unes, disait-il, seraient pour ainsi dire les
expositions des artistes, et les autres les expositions de l’art. » La pen-
loading ...