Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

Page: 42
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1880_2/0048
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
42 GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

talivet, M. de Broglie, M. Victor Hugo, M. le duc d'Aumale, don Carlos, etc.
Dans son étonnant portrait de M. Thiers, qui restera l'effigie définitive
de l'homme d'État, Bunnat avait tiré de la tête parcheminée du person-
nage tout ce qu'elle pouvait rendre en vigueur, en intelligence perspi-
cace et vivante ; il avait fait de l'historien de la Bévolution et de l'Em-
pire un type presque napoléonien.

Mais cette fois, aspirant à donner au portrait de M. Grévy une atti-
tude de gravité souveraine, un caractère d'austérité raide et impertur-
bable, sans sortir de la réalité moderne, il n'est arrivé qu'à exprimer la
dignité imposante d'un président de tribunal civil de province qui vise-
rait au majestueux.

Nous avons déjà vu quelque part, au Luxembourg peut-être, le Retour
de la pêche à la marée basse, de M. Feyen-Perrin ; mais nous n'avions
jamais vu de lui un portrait aussi réussi, aussi librement modelé que
celui de M. Lepère, bien supérieur à celui du général Billot de l'autre
année. Le ton seulement, pour prétendre au très délicat, arrive presque
au trop fade. — Ce n'est point là le défaut du portrait du marquis de
Galliffet par M. G. Becker, dont nous avons déjà cité la Martyre chré-
tienne. Celui-là n'a rien de fade, il est plutôt d'une dureté voulue. La
pose impérieuse et fantasque du général ne m'en déplairait pas, n'était
son malheureux sabre qui lui embarrasse les jambes; mais c'est là une
figure intéressante, d'un caractère bien soldatesque, et qui n'a rien de
banal en son excentricité. — M. Lepère m'a paru un peu adonisé par
M. Feyen-Perrin. Ne faut-il pas en dire autant de M. Clémenceau par
Bin ? Excellent portrait, d'ailleurs, d'une fermeté et d'une sûreté de des-
sin extraordinaires, le meilleur portrait, à coup sûr, que je connaisse
de Bin, supérieur de cent coudées à son Marcère de l'an passé. —J'ai
dit ce que je pensais de l'Andrieux de Bastien-Lepage. — Le Henri Martin
et le Paul Bert, de M. Y von, appartiennent à l'ancienne manière, un peu
démodée aujourd'hui, qui florissait en 1850. Le portrait de M. H. Mar-
tin, particulièrement, est d'une honnête peinture, à la mesure du per-
sonnage, de ce ton frais et un peu de convention qui plaisait tant au
public dans ces grandes batailles de l'Empire, point de départ bien jus-
tifié de la renommée de l'artiste. — M. Louis Blanc, auquel M. P. Dupuis
a donné un teint couperosé de vieille femme, doit être jaloux de son col-
lègue, M. Saint-Martin, dont M. Margottet a peint un excellent portrait
d'un ton doux et très distingué, et de son autre collègue de Yaucluse,
M. Naquet, que M. Alph. Hirsch a représenté d'un ton un peu trop dur,
mais d'un dessin très ferme. — La tête hamletesque de M. Vacqueiïe a
été traduite en vrai peintre par M. Léon Glaize, comme un artiste aime
loading ...