Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

Seite: 319
DOI Heft: DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1880_2/0343
Lizenz: Freier Zugang - alle Rechte vorbehalten Nutzung / Bestellung
0.5
1 cm
facsimile
EUGÈNE FROMENTIN

PEINTRE ET ÉCRIVAIN

(neuvième article ')

IX

La Haye, cette ville exquise, à demi hollan-
daise, à demi cosmopolite, élégante sans affecta-
tion, originale sans bizarrerie, calme, reposante
au suprême degré, cossue, confortable à l'anglaise,
aristocratique sans raideur, royale par toutes ses
traditions et ses coutumes, mais libérale en même
temps, avec des environs admirables et le voisi-
nage de la mer, était faite plus qu'aucune autre
au monde pour enthousiasmer la nature particu-
lière de Fromentin. Il en trace un tableau d'une
justesse de ton et d'une délicatesse extrêmes. Pour
un peu, il voudrait y vivre : « C'est un séjour que
je conseillerais à ceux que la laideur, la platitude,
le tapage, la mesquinerie ou le luxe vaniteux des
choses ont dégoûtés des grandes villes, mais non
des villes. Et, quant à moi, si j'avais à choisir un
lieu de travail, un lieu de plaisance où je voulusse
être bien, respirer une atmosphère délicate, voir
de jolies choses, en rêver de plus belles, surtout s'il me survenait des
soucis, des tracas, des difficultés avec moi-même et qu'il me fallût de la
tranquillité pour les résoudre et beaucoup de charme autour de moi pour
les calmer, je ferais comme l'Europe après ses orages, c'est ici que j'éta-
blirais mon congrès. »

Dans un autre passage non moins délicieux, il nous fait apparaître,

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, 2° période, t. XVII, p. 401, t. XVIII. p. Si,
t. XIX, p. 240, t. XX, p. 281, t. XXI, p. 50, 464 et t, XXII, p. '139 et 216.
loading ...