Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

Page: 334
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1880_2/0360
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
334 GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

dire : Voilà ce que j'ai su faire de mon autonomie, étais-je digne de
la liberté? Mais l'exposition ainsi conçue ne comprenait que la pé-
riode actuelle, c'est-à-dire ce qui avait vu le jour depuis cinquante
années. Etait-il juste que les ancêtres fussent impitoyablement exclus de
cette solennité patriotique? Pouvait-on bannir de cette fête de la patrie
indépendante ceux qui en avaient préparé l'émancipation ? Quelques
esprits élevés protestèrent contre cet ostracisme, et l'Exposition rétrospec-
tive fut résolue, mais avec cette restriction que seuls seraient admis les
ouvrages originaires des provinces flamandes ou wallonnes, et ceux qui,
fabriqués au dehors, font à l'heure actuelle partie des collections belges.
C'était le vrai moyen de rattacher cette exhibition à l'anniversaire de la
patrie reconquise en mettant côte à côte les prodiges réalisés par les an-
cêtres, et les beaux ouvrages réunis par le goût de leurs descendants.

Il n'est guère nécessaire d'ajouter que l'entreprise était moins facile
qu'on ne le supposait tout d'abord. Une émulation mal entendue, des
jalousies sans motifs, des craintes sans fondement, une indifférence con-
damnable et, en fin de compte, des susceptibilités politiques formèrent
autant d'obstacles qu'on dut surmonter un à un; et il ne fallut rien
moins que l'autorité qui s'attache au nom du comte A. cl'Oultremont,
rien moins que l'incessant dévouement de M. Gustave Vermeersch,
joint à la haute érudition de MM. le chanoine Reusens, A. Wauters et
Edouard Fétis, ainsi qu'à l'intelligent concours de MM. Parmentier, de
Savoye, du comte de Limburg Stirum, du comte Van der Straten-Pon-
thoz et de beaucoup d'autres encore, pour mener à bonne fin cette Expo-
sition curieuse dont je vais tenter la description.

I.

Comme l'utilité de ces exhibitions rétrospectives commence à être
universellement reconnue, et qu'elles tendent, je l'ai dit, à se multiplier,
on ne m'en voudra pas de consigner ici quelques détails sur l'organisation
générale qui a présidé à l'Exposition de Bruxelles.

Le local mis à la disposition du comité d'initiative et d'installation
consiste en une grande halle, située à la plaine des maneuvres, et for-
mant l'aile gauche du bâtiment de l'Exposition nationale. Cette halle, ou
plutôt cette nef, couverte en fer, éclairée par en haut, est doublée, à
droite et à gauche, par deux vastes bas côtés. Au centre, on a dressé
le fac-similé en plâtre du fameux tabernacle de Léau, chef-d'œuvre de
Cornelis de Vriendt et l'un des ouvrages les plus considérables de la
loading ...