Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 22.1880

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LES DÉCORATIONS DU PANTHÉON.

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à Versailles et je tenais à la disposition du ministre l'estampe gravée par
Poullean, en 1775, et un dessin de Soufflot, point de départ un peu mo-
difié de cette même estampe, lesquels dessin et estampe coupaient court
au rêve de nos adversaires, car ils établissaient nettement que l'artiste,
se conformant, par un sentiment très juste et tout naturel, aux traditions
de son temps et à la destination de l'édifice, avait chargé de sculptures
et de peintures ses coupoles intérieures et les autels à la romaine, qu'il
appuyait aux gros piliers du dôme1 ; et par delà le groupe des quatre Ver-
tus de Germain Pilon, qui supportaient la châsse de la sainte au milieu de
la basilique, sous le dôme central, il faisait rayonner au fond de l'église
une Gloire colossale toute peuplée d'anges et de séraphins. Quant à
peindre les murailles latérales, il ne pouvait en être question, car l'on sait
que dans l'œuvre de Soufflot ces murailles latérales étaient percées de
quarante-deux grandes fenêtres qui inondaient le monument de lumière.
On connaît d'ailleurs, par le Mémoire de Rondelet, les noms des artistes
chargés d'exécuter les sculptures de la façade : à Goustou fut commandé
le tympan fronton représentant une croix rayonnant au milieu de nuages
et d'anges adorateurs;— à Bovet, le grand bas-relief dominant la porte
centrale et représentant sainte Geneviève qui distribue du pain aux
pauvres dans un temps de famine; — à Julien, le bas-relief de l'arrière-
corps à droite, sainte Geneviève guérissant les yeux de sa mère; —à
Dupré, celui de l'arrière-corps à gauche, sainte Geneviève recevant une
médaille des mains de saint Germain; —Houdon et Boizot devaient
exécuter les deux bas-reliefs des deux porches inférieurs, saint Pierre
recevant les clefs du ciel, saint Paul prêchant devant l'aréopage d'A-
thènes; c'était un rappel de la consécration primitive du sanctuaire de
Sainte-Geneviève. « Afin de donner plus d'unité et plus d'intérêt aux
sculptures des quatre nefs, dit l'abbé Ouin-Lacroix, Soufflot consacra

I. « L'édifice du Panthéon, dit le citoyen Brongniart, architecte, dans une expli-
cation qui termine le Mémoire de Rondelet, était primitivement destiné à usage
d'église patronale sous l'invocation de sainte Geneviève. Dans ce temps, suivant les
plans et dessins gravés de J.-G. Soufflot, il devait y avoir, autour des quatre piliers
du dôme, des autels suivant le rite catholique, surmontés de décorations analogues à ce
culte. » Le Campion fils a gravé en couleur une petite estampe de forme ronde, d'après
le dessin de Sergent, et qui serait curieuse à reproduire: c'est une vue de face de
l'intérieur du monument, et qui montre bien toute la richesse et l'animation du décor
rêvé par Soufflot et ses contemporains. Elle a pour titre : « Vue de la nouvelle église
de Sainte-Geneviève de Paris. A Paris, chez les Campions frères, rue Saint-Jacques, à
la ville de Rouen, avec pri vil. du roi. » — Une autre vue, publiée dans le même temps
en Angleterre et qui se coloriait à la main, indique plus que de raison des peintures
dans les coupoles et le long des piliers de l'édifice.
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