Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 25.1882

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

teurs et que nous faisons des appels à notre mémoire ainsi qu’aux docu-
ments graphiques pour nous débrouiller dans les questions d’origines,
de temps et de style, nous ne pouvons penser sans regret à la disper-
sion plus ou moins éloignée, quoique certaine, de toutes ces réunions
fortuites de monuments d’un si grand intérêt pour l’histoire de l’art.

Un graveur de médailles avait essayé jadis de composer un corpus de
tous les ivoires qu’il connaissait, en obtenant de leurs propriétaires l'auto-
risation de les mouler. La collection des moulages de M. Depaulis est
entrée à l’école des Beaux-Arts.

Longtemps après, en Angleterre, 1’ « Arundel Society », avec des res-
sources bien autrement puissantes et la ténacité de la race anglo-saxonne,
a repris l’œuvre et a formé une importante collection de moulages d’ivoires
dont le catalogue existe; le musée de South Kensington a continué l’œuvre
et en possède aujourd’hui un millier.

Pourquoi notre gouvernement, qui organise dans une aile du Trocadéro
une exposition de la sculpture nationale comparée, n’y joindrait-il pas une
collection de ces moulages, qui prendrait peu de place, et ne T augmen-
terait-il pas de tous ceux qu’il obtiendrait la permission d’exécuter d’après
les ivoires que possèdent les amateurs? Nous croyons que les procédés en
usage aujourd’hui n’altéreraient en rien les originaux, et nous aimons à
croire que leurs propriétaires ne se refuseraient pas à une opération qui
ne serait qu’un hommage rendu à leur goût en même temps qu’un service
rendu à l’instruction de tous.

ALFRED DARCEL.
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