Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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LE SALON DE 1882

(deuxième article ‘.)

l est un certain nombre de personnes
très heureusement clouées qui, au sor-
tir des galeries de nos Salons annuels,
sont en mesure de louer tout ce qui mé-
rite de l’être. Je confesse que je ne suis
pas au nombre de ces privilégiés et qu’il
m’arrive fréquemment de reconnaître
dans les œuvres qui ont figuré clans les
expositions des mérites qui ne m’y
avaient point frappé. Je n’ai donc pas la
prétention de n’omettre aucun de ceux qui ont droit à être distingués
clans la mêlée que nous offre le Salon de 1882. En acceptant, d’ailleurs,
de faire le présent compte rendu aux lecteurs de la Gazette clés Beaux-
Arts, j’ai pris soin de déclarer que je me proposais simplement de
signaler les tendances générales du Salon, et que mon intention n’était
pas de passer une revue de l’effectif des artistes contemporains. C’est
dans cet ordre d’idées que j’ai remarqué tout d’abord que les exposants
de cette année se montrent plus déférents devant la nature que ceux qui
les ont immédiatement précédés. C’est dans ce même ordre d’idées que
je dois noter que la peinture des sujets historiques et allégoriques n’est
pas en progrès. Ceux qui s’adonnent à ces deux genres paraissent cepen-
dant plus préoccupés d’émouvoir par le côté purement humain de l’action
qu’ils veulent faire revivre ou de la fantaisie qu’ils ont médité de rendre
intelligible que par la recherche des arrangements scéniques ou par l’in-
vocation au surnaturel. Le dramaturge fait place à l’analyste, le poète au
conteur.

1. Voir Gazette des Beaux-Arts, t. XXY, 2e période, p. 533.

XXVI. — 2e PÉRIODE, 19
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