Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 29.1884

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LE CHEVAL DANS L’ART

(deuxième article1.)

III

SALVATOR ROSA. — LE BRUN. — VAN DER MEULEN. — PARROCEL.

GAREE VERNET. — GROS. — GÉ RICA ULT. - BARYE.

FROMENTIN.

Au moyen âge, l’artiste semblait
compléter sa pensée par un appoint ma-
tériel spécialisant la prudence, la force,
le courage, la ruse. Pendant toute la
Renaissance, dans chaque œuvre qui met
en scène des chevaux, nous retrouvons
l’intention persistante d’assimiler leurs
gestes à ceux des cavaliers qui les mon-
tent; ils sont combattants ou craintifs,
à l’occasion, et semblent avoir un visage
participant aux conversations de leurs maîtres.

Il est difficile de s’expliquer pourquoi une interprétation aussi invrai-
semblable fut admise pendant si longtemps par les peintres du plus grand
mérite, faussant ainsi les données d’un art qui peut renchérir sur les
beautés naturelles, mais dont la perfection repose sur sa ressemblance
avec la réalité. L’artiste est libre de traduire avec esprit le caractère de
l’objet représenté, en admettant qu’il ne s’éloigne pas, de parti pris, des
lignes et de la couleur de la vérité, tel est le vraisemblable ; sur ce point,
la Renaissance, qui produisit tant d’artistes et tant de chefs-d’œuvre,
négligea, presque sciemment, les études principales sur lesquelles re-
pose la connaissance intime des animaux, dont il est impossible de tra-
duire sérieusement les habitudes et la vie, sans les maintenir dans leurs
réelles proportions, sans en savoir la charpente intérieure, la myologie,

1. Voir Gazette, 2e période, t. XXVIII, p. 407.
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