Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 31.1885

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REVUE MUSICALE

élicien David, le doux, le poétique musicien du
Désert et de Lalîa-Rouk, pour ne citer que ses meil-
leurs ouvrages, va enfin avoir une sépulture digne
de lui. Le festival donné le 22 février, au théâtre du
Châtelet, a produit une somme importante et, grâce
au désintéressement des artistes qui y ont pris part,
le produit de ce magnifique concert permettra de
terminer le monument qui marque dans le cime-
tière de Saint-Germain la place de sa tombe. La
mémoire de Félicien David sera donc honorée publiquement comme elle
mérite de l’être; c’est un acte de justice un peu tardif, mais il ne faut pas
trop s’en étonner : d’autres morts, et plus illustres, attendent leur tour. Le
monument de Berlioz n’est-il pas encore à élever?

Dernièrement M. Colonne a célébré dignement l’anniversaire de la mort
du grand maître français, en donnant un concert entièrement composé de
fragments de ses œuvres. La salle du Châtelet était comble, on a applaudi
à outrance et l’administration a dû encaisser une recette superbe. Tout cela
est sans doute très flatteur pour la mémoire de Berlioz, mais n’avance pas
d’une minute l’édification du monument que lui doit le pays dont il est une
des gloires les plus durables. Voilà bientôt trois ans que la souscription est
ouverte : le moment n’est-il pas venu d’organiser un grand festival pour en
terminer d’un coup avec la question d’argent? Tant que la statue de Berlioz
ne se dressera pas sur son piédestal, en plein Paris, au milieu de la place
Vintimille qui lui est réservée, on aura peine à se figurer la grandeur du
maître. Un simple buste ne dit rien au public; on en a tant abusé dans ces
derniers temps, que cette marque honorifique est fort discréditée. Il n’est
si mince peisonnage aujourd’hui, dont l’image ne survive sous forme de
buste dans quelque coin de France; c’est comme une décoration posthume,
aussi recherchée et aussi banale que le ruban rouge, et destinée à le perpjétuer
par-delà la tombe. Berlioz mérite mieux que cela.

Après avoir réclamé justice pour l’incomparable artiste à qui nous
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