Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 31.1885

Page: 523
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REVUE MUSICALE

ous avons annoncé dans la Chronique le
succès de la dernière partition de Victor
Massé : Une nuit de Cléopâtre; cet ouvrage
est venu fort à propos mettre un terme aux
infortunes de l’Opéra-Comique: L’excellent
directeur de ce théâtre jouait de malheur
depuis quelque temps : la fée du logis s’é-
tait enfuie, et, par surcroît, on lui faisait
un crime des efforts, un peu exagérés sans
doute, qu’il avait faits pour la retenir.
Muc y an Zandt partie, on ne tarda pas à
s’apercevoir qu a la foule était attirée beau
coup plus par le charme de la sirène que par ce qu’elle chantait; il fallut
renouveler le répertoire. Je n’ai pas à rappeler l’insuccès des premières ten-
tatives: la disparition rapide de Diana et l’accueil réservé fait au Chevalier
Jean laissaient le théâtre à découvert. Carmen lui restait, il est vrai, et
Carmen est un chef-d'œuvre; mais deux cents représentations successives de
cet ouvrage ont naturellement épuisé, dans une certaine mesure, sa puissance
attractive : l’heure approche où il faudra le laisser prendre quelque repos.
C’est une des richesses du théâtre, un joyau parmi les œuvres de Boieldieu,
d’Hérold et d’Auber qui dorment dans les cartons de l’Opéra-Comique et
constituent, pour ainsi dire, son fonds de réserve. La prudence conseille
d’user avec ménagement de ces précieuses ressources.

Une nuit de Cléopâtre vient donc à point; son succès est incontestable. La
valeur de cet ouvrage paraîtrait cependant fort exagérée si l’on ne tenait
compte des épreuves auxquelles est, depuis longtemps, soumise la bonne
volonté du public que passionne encore la musique de théâtre. Après une
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