Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 2.1889

Page: 368
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LES ÉCOLES ÉTRANGÈRES

(deuxième article1.)

LA BELGIQUE.

Le foyer d’art est toujours actif chez nos voisins du Nord, mais
depuis dix ans il brûle à l’étouffée et sans jeter de flamme bien vive.
Après avoir accueilli autrefois des influences françaises qu’elle
transmit à d'autres pays, l’Ecole belge se repose dans la sécurité
provinciale des bonnes habitudes et dans la pratique du métier. Elle
continue de peindre grassement et largement, et roulant en plaine
sans heurts mais aussi sans surprises, racontant dans un langage
traditionnel les drames de son histoire communale, sensible aux
aspects larges et plantureux de ses campagnes, à la moiteur touffue
des étables, à la grasse vie ruminante épanouie dans ses pâturages,
elle semble peu curieuse de rajeunir ses sensations ou de pénétrer le
sens plus caché des choses. Son naturalisme borné est comme un
corps robuste engorgé par de fortes nourritures, auquel on conseil-
lerait un régime rafraîchissant.

Les justes, fines et sages définitions de Wauters, les discrets
paysages de Mme Collart, et ceux de Lamorinière, précieux et lisses,
les robustes animaux de Verwée, les intérieurs d’étables de Stobbaerts
de chaleur condensée et de couleur archaïque, sourdement riches dans
leur tonalité jaune verdâtre, les toiles d’Impens, de Denduyts, de
\. Voy. Gazette des Beaux-Arts, 3e période, t. II, p. 223.
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