Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 2.1889

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LA PART DE LA FRANCE DU NORD

DANS

L’ŒUVRE DE LA RENAISSANCE

(deuxième article1.)

L'art antique est
une admirable création
de l’esprit humain à
qui l'art moderne est
déjà redevable des
plus grands bienfaits
et dont il ne cessera
jamais d’être l’obligé
et l’ami. Mais en quoi,
je le demande, l’art an-
tique a-t-il été, comme
on le suppose a priori,
un élément créateur
indispensable à l’avè-
nement du style qui
succéda au règne du
premier style gothique?
Pourquoi le mot Renais-
sance prend-il dans no-
tre langue contempo-
raine un sens spécial,
et pourquoi notre art
moderne, j’entends par
là celui dont nous vi-
vons encore, n’a-t-il un
nom que du jour où
l’art antique l’a, longtemps après sa naissance, tenu sur les fonds du baptême et
reconnu, comme un enfant naturel, par mariage subséquent, mais sans preuves
établies de paternité ? Pourquoi cette absorption complète en vertu d’une fiction
légale, sociale et grammaticale?

Est-ce qu’on ne l’avait pas vu déjà intervenir bien des fois cet art antique dans
le développement régulier de l’art du moyen âge sans qu’on se soit cru obligé de
faire de son entrée en scène le point de départ d’une ère nouvelle ? Est-ce qu’il ne

1. Voy. Gazette des Beaux-Arts, t. II, 3° période, p. 460.
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