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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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Nr. 3
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Mantz, Paul: Watteau, 6
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https://doi.org/10.11588/diglit.24447#0245

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224

GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

de savoir comment les choses sont faites, la comparaison des étoffes
dans la Finette avec la robe de la Yierge au Musée d’Anvers, sera
toujours une joie infinie. L’étroite parenté qui lie Watteau à Rubens,
la cordiale entente de leur idéal et de leur méthode, n’a jamais été
plus évidente.

A la galerie Lacaze, d’autres pages encore, et bien significatives.
Nous avons déjà parlé de presque toutes. L'Assemblée dans un parc qui,
d’après une note inscrite au revers du panneau, aurait appartenu à
de Cotte, directeur des médailles, est un Watteau qui semble compro-
mis par des restaurations suspectes. Mais le tableau n’en est pas
moins fort instructif, car dans les onze figurines qui se groupent en
galant équipage sous de grands arbres pareils à ceux que Watteau
avait dessinés dans le jardin de Crozat, à Montmorency, on retrouve
l’esprit et le nerf que le maître apportait à ses compositions minia-
turées, comme le tableau qu’il avait peint en 1719 pour le régent.
L'Assemblée dans le parc a cependant l’air d’une peinture un peu plus
ancienne. Le Jugement de Paris n’est qu’une esquisse légère qui nous
montre Watteau aux prises avec le problème de la nudité et qui
avoue, çà et là, l’embarras qu’il éprouvait à exprimer les hautaines
élégances des formes divines. Même observation pour le tableau
ovale, Jupiter et Anliope, que nous avons cité comme un exemple des
leçons que Watteau a pu prendre chez Crozat quand il essayait de
dérober aux Vénitiens le secret de leurs carnations ambrées; enfin,
en ce qui concerne le Faux pas ou l’Heureuse chute, dont nous avons
parlé au chapitre précédent, c’est le Watteau nerveux et d’une belle
virtuosité où l’on voit éclater des rouges excessifs, uniquement parce
qu’un nettoyage maladroit s’est attaqué à cette œuvre délicate et a
enlevé les glacis transparents qui recouvraient la peinture de leur
enveloppe vitrée. Tous ces Watteau de la galerie Lacaze veulent être
médités.

Une fois sortis du Louvre, nous ne rencontrerons pas beaucoup
de Watteau à Paris; mais, en cherchant bien, nous en trouverons
quelques-uns. Chez M. Groult, d’abord, il a le petit Flûteur dont
nous avons parlé, avec son effet de lumière artificielle où une bougie
invisible fait courir des reflets rougeâtres sur les mains de l’instru-
mentiste et sur sa flûte. C’est aussi dans cette collection privilègiée
qu’est le beau portrait de Julienne, le chef-d’œuvre que nous avons
célébré l’autre jour. Et ce n’est pas tout. A l’heure où nous signa-
lions comme égaré, depuis la vente du D1' Mead en 1754, le tableau
des Comédiens italiens que Watteau peignit pour son médecin lors do
 
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