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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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Nr. 5
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Reinach, Salomon: La vénus de Milo
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https://doi.org/10.11588/diglit.24447#0414

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378

GAZETTE DES BEAUX-AIITS.

clés ou mémoires, il y a infiniment de redites, de paroles oiseuses
et de suppositions vaines 1 : j’espère pouvoir faire tenir en quelques
pages tout ce qu’il est essentiel de connaître sur ce grand sujet.

J’ai à peine besoin de rappeler que l’ile de Mélos fait partie du
délicieux archipel des Cyclades; elle est volcanique et n’a guère que
vingt-cinq kilomètres dans sa plus grande longueur. Son histoire
nous est mal connue : colonie dorienne à l’origine, elle fut prise et
dévastée en 410 par les Athéniens, qui passèrent par les armes la
population mâle et y installèrent des colons venus de l’Attique. Les
Spartiates la reprirent en 404 et en expulsèrent les Athéniens :
à partir de cette époque, nous n’avons presque plus aucune informa-
tion à son sujet. C’est donc pendant un espace do douze ans, de 416 à
404, que Mélos, partie intégrante de l’empire athénien, paraît avoir
atteint le plus haut degré de richesse et de splendeur. Cependant son
théâtre, sés tombeaux, d’autres statues importantes qu’on y a décou-
vertes et qui datent d’une époque postérieure de beaucoup au
v* siècle, prouvent qu’elle n’a pas cessé d’ètre riche et habitée par
une population assez nombreuse. Le christianisme s’y développa de
bonne heure, comme l’attestent de vastes catacombes encore impar-
faitement explorées. La ville principale, appelée Castro, est située sur
une hauteur abrupte qui domine le port. Les environs de ce port
sont couverts de ruines, dont la plus remarquable est un grand
théâtre bien conservé. C'est à cinq cents pas de ce théâtre que l’on a
découvert la Vénus.

Nous possédons, sur les circonstances de cette trouvaille, trois
témoignages d’une valeur sérieuse. Le premier qu’on ait publié est
celui du célèbre Dumont d’Urville, qui vit la statue à Milo onze jours
après sa découverte, le 19 avril 1820; le second est celui de M. de
Marcellus, publié en 1839 seulement, mais fondé sur dos impressions
personnelles de dix-neuf ans antérieures. Le troisième groupe de
témoignages, connu depuis 1874, est la collection des lettres échan-
gées entre l’agent consulaire français de Milo. Brest, lo consul
général de Smyrne, David, et l'ambassadeur français â Constan-
tinople, M. do Rivière.

Je laisse de côté, ou plutôt j’écarte systématiquement, les
témoignages oraux recueillis dans l'ilo à uno époque plus tardive et
un document d’un nommé Matterer, qui a été publié on 1874 par

I. On trouvera les indications essentielles à cet égard dans les doux ouvrages
suivants : Goelcr von Ravensburg, Die Venus von Milo, Heidelberg, IN79, p. 495-497;
Voit Valentin, Veber h'unsl, Kit miter, etc., Francfort, 188!», p, 313-328.
 
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