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Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 3.1890

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https://doi.org/10.11588/diglit.24447#0563

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518

GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

orfèvre, d’un verrier et d’un « menuisier en pierre ». — Cette institution sévissait
dès ce temps-là. — Il s’agissait de recevoir la menuiserie, panneaux et sculpture,
d’un retable destiné à la chapelle Saint-Michel de la halle échevinale de Douai.

En exécuta-t-il les peintures? Les documents sont muets. Ce retable est-il, par
hasard, le triptyque conservé au Musée de Berlin, dont une gravure de la partie
centrale accompagne ces lignes ? On y voit Saint-Michel jouant un rôle plus actif
que dans l’imagerie du moyen âge où il n’est que le peseur des âmes au Jugement
dernier. L’on sait que l’on plaça dans le prétoire une histoire de Cambyse qui,
acquise de son gendre en 1541, était probablement de lui.

L’École flamande du xv° siècle aimait cette légende de la punition du juge pré-
varicateur par le roi de Perse, car nous la retrouvons à l’Académie des Beaux-Arts
de Bruges, faussement attribuée à Gérard David, ce nous semble.

1528. — Deux triptyques de l’abbaye Saint-Vaast, d’Arras, exécutés pour l’abbé
Martin Asset (1508 + 1537), dont l’un porte la date de 1528. Conservés tous deux
dans la cathédrale d’Arras, ils représentent : l’un l'Adoration de l'Enfant Jésus,
l’autre la Mise en croix. Tous deux sont accompagnés de leurs anciennes bordures
ornées de couronnements sculptés à jour, dont Jehan Bellegambe donna peut-être
les patrons, ainsi qu’il le fit en 1515 pour la boîte de Notre-Dame de Cambrai,
qui était « à l’antique », c’est-à-dire dans le style de la Renaissance. Du reste, le
peintre se complaît trop, dans ses sujets, aux architectures compliquées où la
figure intervient abondamment dans un style mi-gothique et mi-renouvelé de
l’antique, pour que cette supposition ne soit point très justifiable.

1532-1534. — Carions de vitraux pour la Chambre du conseil d’Artois, à Arras,
exécutés, par Vincent Leroux verrier de celle ville.

1533. — Retable des Dominicains de Douai, représentant la légende de Saint
Dominique.

Nous avons dit que le nom de Jehan Bellegambe disparaissait des documents
de l’année 1533 à l’année 1534.

Analysant ici le livre de Msr Dehaisnes, nous n’avons point à apprécier l’œuvre
du peintre dont l’histoire le préoccupait depuis si longtemps. D’ailleurs, nous ne
le connaissons pas autrement que par les héliogravures qui illustrent le livre et
dont un spécimen accompagne ces lignes. Nous voyons bien qu’il appartient à
la transition entre l'art flamand et l’art italien du xv° siècle, dont Quentin Matsys
et Van Orley furent les plus illustres représentants. Le peintre de Douai nous
semble plus voisin du second que du premier : on le trouve'môme influencé par
Albrecht Durer dans ses dernières œuvres, comme la Mise en croix. Mais il nous
est impossible de dire jusqu’à quel poinl il mérita le surnom de « maître des cou-
leurs » que lui donnèrent les auteurs du xvn° siècle. Quoi qu’il en soit, la place
qu’il doit occuper dans l’histoire de la peinture des commencements du xvi“ siècle,
dans le Nord de la France, justifie entièrement M*r Dehaisnes de lui avoir con-
sacré une œuvre aussi considérable, composée avec tant de soin d’après des docu-
ments recueillis avec tant de peine et si bien commentés. Non moins soucieux des
gloires locales que l’infatigable chercheur et metteur en œuvre, M. L. Quarré, de
Lille, a consacré à la Vie et l'œuvre de Jeun Bellegambe les mômes soins et le
môme luxe qu’au livre précédent de M*r Dehaisnes.

ALFRED DA11UEL.
 
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