Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 4.1890

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EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE TOURS

ondée en 1840, la Société archéologique de Tou-
raine a eu l’heureuse idée, pour fêter son cin-
quantenaire, d’organiser cette année-ci une
exposition rétrospective d’objets d’art et de
curiosité. Pareille entreprise, en effet, rentrait
parfaitement dans son rôle et Ton pouvait craindre
seulement que la répétition trop fréquente en
ces derniers temps de manifestations du même genre, ne vint créer
quelques difficultés. Les collectionneurs de la région, auxquels appel
avait été fait en 1873 et en 1881, seraient-ils aussi bien disposés que
précédemment, et le public, de son côté, si on se bornait à lui mon-
trer des choses déjà vues, ne manifesterait-il pas sa lassitude par
une demi-abstention? Sous peine d’échouer, il fallait trouver de
n ouveaux éléments d’intérêt et pour cela étendre son cercle d’action.

La Touraine, incontestablement, figurerait toujours au premier
rang, car dans cet admirable pays, où les propriétés sont disputées
par les favorisés de la fortune, il y a pour ainsi dire continuel
apport d’œuvres remarquables. Les pertes subies — et Ton sait si
elles ont été grandes depuis quatre ou cinq ans, — deviennent moins
sensibles; il suffit de savoir diriger ses recherches pour arriver à
un merveilleux résultat. Néanmoins, dans certaines catégories, si
Ton s’était borné aux ressources locales, des lacunes eussent été à
regretter. L’Anjou seul pouvait fournir assez de tapisseries pour
couvrir les hautes parois de la vieille église, dont le choix s’était
imposé. Sans le château de Valençay, qui est en Berry, les beaux
meubles se fussent trouvés en trop petit nombre. Enfin, c’est le
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