Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Pér. 13.1895

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L’EXPOSITION D’ART ANCIEN

A UTRECHT

Bien que très homogène en son principe, l’art hollandais accuse
tout un ensemble d’influences dont il y a lieu de tenir compte dans
l’étude de ses principaux centres. Les mots d’Ecole d’Amsterdam
ou de Harlem ont leur signification, autant que ceux d'Ecole de
Bologne, de Venise ou de Florence, signification à laquelle ne se
trompent point les initiés.

Utrecht, où s’est close en octobre l’exposition d’anciennes pein-
tures, destinée surtout à mettre sous les yeux du public les produc-
tions d’artistes nés ou ayant vécu à l’ombre de ses clochers, a eu,
pour sa part, une école très spéciale, très typique dont les représen-
tants, à la suite peut-être de Jean Scorel, qui y passa de longues
années et y finit ses jours, suivirent avec plus de constance que leurs
confrères des autres villes les sentiers de l’art italien.

A côté de pages religieuses et allégoriques des Blocklandt, des
Bloemaert, des Honthorst, des Babueren, où se traduit l’influence de
l’Ecole de Bologne, à ce point que les organisateurs de l’exposition
ont cru pouvoir admettre à y figurer une œuvre de Michel-Ange de
Caravage, apparaissent des portraitistes tels que Moro, Mierevelt,
Moreelse, Janson van Cuelen, dont la précision rivalise avec celle
d’un Bronzino ou d’un Morone. Et, chose plus curieuse, si l’on passe
en revue les représentants du genre familier, l’on constate bientôt
que ceux-là mêmes répugnent à franchir les confins du naturalisme.
Poelemburg, Saftleven, Stoop, Verschuering, N. Ivnupfer, le maître
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