Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 3. Per. 19.1898

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS

appelle classiques, ceux qui occupent officiellement le premier rang
dans notre école, ont exposé cette année, et même des œuvres no-
tables. Il semble qu’il y ait eu un effort, soit en raison du change-
ment de local, en vue de ne pas laisser s’abandonner le public, soit à
cause de la proximité de l’Exposition de 1900, qui exerce, dès à présent,
son action stimulante sur les travailleurs de tout ordre. MM. Bougue-
reau etBonnat, Laurens et Détaillé, ITarpignies et Jules Breton, ITenner
et Fantin-Latour, Vol Ion et Boybet, Gérome et Flameng, Morot et
J. Lefebvre, pour la Société des Artistes français, comme MM. Puvis de
Chavannes et Dagnan-Bouveret, Carolus Duran et Cazin, Besnard et
Carrière, pour la Société Nationale, sont représentés par des ouvrages
qui les honorent. A ces maîtres l’école française doit une gratitude
particulière, car ils ont contribué à assurer sa gloire, à répandre son
influence et à maintenir son enseignement. Mais leur talent, aujour-
d’hui en plein développement, tout en nous offrant sans arrêts des
œuvres qui enrichissent le patrimoine artistique de notre pays, n'é-
veille peut-être plus en nous autant de sensations d’imprévu, ne
nous apprend plus guère de nouveau sur la vision de ce merveilleux
décor inépuisable de la vie des êtres et des choses, dont nous deman-
dons avidement à l’art de nous faire connaître les aspects incessam-
ment renouvelés. A côté d’eux, heureusement, suivant leur glorieux
exemple, se dessine, de plus en plus nettement chaque jour, une
génération d’hommes jeunes, actifs, réfléchis, curieux, ouverts sur
les formes de la vie et les profondeurs du rêve et de l’émotion
humaine, dont nous avons accueilli, chaque année, avec un intérêt
sympathique, la formation lente et la définitive éclosion. Cette année
comptera peut-être pour avoir déterminé d’une façon plus précise
la physionomie de quelques-uns des artistes jeunes, dont on espérait
beaucoup et que des esprits timides, inquiets de leurs recherches
parfois un peu audacieuses, craignaient de ne point voir se réaliser.
Tels sont MM. Henri Martin, Cottet, Aman Jean, René Ménard,
Simon, Dinet, Paul Leroy, Buffet, Besson, Milcendeau, Sabatté, Lau-
rent, Ridel et bien d’autres, à des degrés inégaux de formation sans
doute, mais qui témoignent d’un mouvement artistique de la jeu-
nesse, très actif, très intelligent et, sûrement pour l’avenir, aussi
riche et aussi varié que celui qui a précédé.

Si ces jeunes artistes arrivent à maintenir la gloire de notre
école et sa suprématie dans le monde, ce ne sera pas faute, pour-
tant, d’avoir à lutter contre la concurrence de l’étranger. Notre petite
statistique préliminaire nous donne, en effet, pour le Salon actuel, à
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